Vous vous souvenez peut-être du film d'un film qui m'avait emballé : solutions locales pour un désordre global.
Bon ça a l'air un peu con comme ça, mais Carole et moi mangeons de plus en plus bio depuis ce film et franchement, avons l'impression de manger de mieux en mieux. Récemment, on s'est même mis à faire pousser des salades sur notre balcon. Et bien, objectivement, on a hâte de les goûter. Un truc pourtant pourrait gâcher la culture: les parasites et la tentation d'utiliser un insecticide serait de suite assez forte.
Toutefois, il paraît que des méthodes de traitement bio existent aussi. Et à voir cette page du site du film, on se dit que ce ne sont pas les idées qui manquent. Réapprendre des gestes simples que l'on aurait jamais dû oublier, le renouveau du bonheur dan l'assiette.
On vous racontera quel goût a notre première culture de feuilles de chêne rouge :) .
dimanche 29 août 2010
samedi 28 août 2010
Sur le fil
Bionnassay, un nom qui a fait rêver bien des alpinistes. Et pour cause. Le sommet domine le bassin de Saint-Gervais et Sallanches, présente une vue imprenable sur "l'envers" du Mont-Blanc et est ô combien photogénique au regard de son arête sommitale.
C'est aussi un sommet qui se mérite. Ici pas de téléphérique salvateur, ni de voie normale tracée comme une autoroute. Il faut d'abord monter au refuge Durier le 1er jour. Si vous avez, comme nous, opté pour l'option écologique jusqu'au bout (sans taxi 4x4 pour monter aux chalets de Miage), cela veut dire parking à la Gruvaz et 2300 m de dénivelée pour monter au refuge. Une bonne grosse bavante.
Le lendemain, mieux vaut avoir repris des forces car le réveil est à 3h. Après 2h de progression sur une arête mixte majoritairement en neige et souvent effilée peu difficile, on se retrouve à 6h au pied d'un bastion rocheux : le crux. Un peu de III+/4a sur 100 m environ avant de prendre pied sur l'ultime pente de neige menant au sommet. Celle-ci se redresse jusqu'à 45° environ, le sommet approche et....
plouf !
jamais vu un sommet pareil: c'est un point sur une arête effilée au rasoir. Si elle était en glace, on hésiterait à se mettre dessus à califourchon de peur de couper son pantalon. Incroyable. Il ne reste que (!) à parcourir cette arête en équilibre, en se tenant de part et d'autre chaque fois que c'est possible pour être mieux assurés, jusqu'au dôme du goûter.
La vie ne tient qu'à un fil.
Une fois redescendue la voie normale du Mont-Blanc jusqu'au glacier de Tête Rousse, on s'aperçoit que la vie du village de Saint-Gervais est aussi suspendu à un fil, plus ténu peut-être encore que celui de l'arête de Bionnassay. Ce fil est un câble tendu devant la langue terminale de ce glacier. Ce dernier, véritable bombe à retardement renferme un volume de 65 000 m3 d'eau liquide, l'équivalent de 20 piscines olympiques. En cas de vidange de la poche, le câble se brisera et actionnera une alarme pour les habitants qui auront alors 5 minutes pour les premiers (au hameau de Bionnassay) et 15 minutes pour les derniers au Fayet pour se mettre à l'abri.
Espérons que certains fils soient faits pour durer.
Plus de renseignement sur Tête Rousse ici.
Les photos de la course sont là.
C'est aussi un sommet qui se mérite. Ici pas de téléphérique salvateur, ni de voie normale tracée comme une autoroute. Il faut d'abord monter au refuge Durier le 1er jour. Si vous avez, comme nous, opté pour l'option écologique jusqu'au bout (sans taxi 4x4 pour monter aux chalets de Miage), cela veut dire parking à la Gruvaz et 2300 m de dénivelée pour monter au refuge. Une bonne grosse bavante.
Le lendemain, mieux vaut avoir repris des forces car le réveil est à 3h. Après 2h de progression sur une arête mixte majoritairement en neige et souvent effilée peu difficile, on se retrouve à 6h au pied d'un bastion rocheux : le crux. Un peu de III+/4a sur 100 m environ avant de prendre pied sur l'ultime pente de neige menant au sommet. Celle-ci se redresse jusqu'à 45° environ, le sommet approche et....
plouf !
jamais vu un sommet pareil: c'est un point sur une arête effilée au rasoir. Si elle était en glace, on hésiterait à se mettre dessus à califourchon de peur de couper son pantalon. Incroyable. Il ne reste que (!) à parcourir cette arête en équilibre, en se tenant de part et d'autre chaque fois que c'est possible pour être mieux assurés, jusqu'au dôme du goûter.
La vie ne tient qu'à un fil.
Une fois redescendue la voie normale du Mont-Blanc jusqu'au glacier de Tête Rousse, on s'aperçoit que la vie du village de Saint-Gervais est aussi suspendu à un fil, plus ténu peut-être encore que celui de l'arête de Bionnassay. Ce fil est un câble tendu devant la langue terminale de ce glacier. Ce dernier, véritable bombe à retardement renferme un volume de 65 000 m3 d'eau liquide, l'équivalent de 20 piscines olympiques. En cas de vidange de la poche, le câble se brisera et actionnera une alarme pour les habitants qui auront alors 5 minutes pour les premiers (au hameau de Bionnassay) et 15 minutes pour les derniers au Fayet pour se mettre à l'abri.
Espérons que certains fils soient faits pour durer.
Plus de renseignement sur Tête Rousse ici.
Les photos de la course sont là.
vendredi 27 août 2010
La peur du vide
Il fait sombre, il y a du vent qui siffle. Je m'accroche à la paroi, ne doit plus être très loin du sommet. On a déjà monté au moins 300 m. Mais je sens moins bien mes muscles. je tétanise un peu, en train de charger mes pieds comme un fou pour qu'ils tiennent sur cette bête dalle toute lisse. Mes bras aussi sont à rude épreuve. En semi-traction, tout ce qu'il ne faut pas faire pour les garder frais. Mais je n'ai pas le choix. Si je les ferme, mes pieds n'adhèrent plus, si je les tends pour les reposer, j'ai le poids du corps avec mon gros sac qui m'attire irrémédiablement vers le vide alors que, comme ça, mon centre de gravité tient sur les pieds.
C'est dur. Il faut que j'arrive à traverser à droite vers ce dièdre. Cela fait un bon quart d'heure que je n'entends plus mon assureur. Il faut dire qu'il doit être bien 40 m plus bas, derrière un bombé. A-t-il aussi froid que moi ? Sûrement plus, lui ses muscles sont globalement au repos. Et le bruit de ce vent qui n'en finit pas. Quelle heure est-il pour qu'il fasse aussi sombre ? Je me sens mal. Où est passé le plaisir de grimper du début de la voie ? Cette ambiance m'opprime. La peur m'envahit. Qu'est-ce qu'on est loin du sol, on ne le voit plus depuis longtemps. Il y avait du brouillard avant que la nuit ne tombe ?
Le dièdre me semble de plus en plus inaccessible. Et il a l'air encore plus dur que ce pas dont je n'arrive pas à me sortir. Où est passé le dernier point que j'ai posé déjà ? Je ne le vois pas. Peut-être dix mètres plus bas. Putain 20 m de plomb. J'ai pas envie, j'ai envie de pleurer. Ca ne va pas le faire. Mes muscles se raidissent. Mes doigts se crispent sur ces gratons que je tiens depuis vingt bonnes minutes. Ils serrent de plus en plus fort jusqu'à... jusqu'à quoi ? Ma main droite serre, s'agrippe, elle tient une prise verticale. Elle est bonne ! Elle tient de plus en plus fort, tandis que le reste de mon corps se déséquilibre de plus en plus, je vais tomber, non. Ma main tient vraiment bien. Une très bonne prise, elle est toute douce et chaude. Bienveillante. Elle est en bois ! La paroi bascule, ce coup-ci je vais vraiment tomber, tout mes muscles se raidissent encore plus. Mais cette prise en bois, elle est travaillée. C'est de la menuiserie. Mais alors ? Je me réveille, je suis dans mon lit. Il me faut encore trente secondes avant que mon cerveau ne se rebranche correctement sur mon oreille interne. Pas de doute, je ne suis pas tombé. Tout va bien. Mais tout de même, c'est fatiguant de dormir.
Note: Inception, un film à voir.
C'est dur. Il faut que j'arrive à traverser à droite vers ce dièdre. Cela fait un bon quart d'heure que je n'entends plus mon assureur. Il faut dire qu'il doit être bien 40 m plus bas, derrière un bombé. A-t-il aussi froid que moi ? Sûrement plus, lui ses muscles sont globalement au repos. Et le bruit de ce vent qui n'en finit pas. Quelle heure est-il pour qu'il fasse aussi sombre ? Je me sens mal. Où est passé le plaisir de grimper du début de la voie ? Cette ambiance m'opprime. La peur m'envahit. Qu'est-ce qu'on est loin du sol, on ne le voit plus depuis longtemps. Il y avait du brouillard avant que la nuit ne tombe ?
Le dièdre me semble de plus en plus inaccessible. Et il a l'air encore plus dur que ce pas dont je n'arrive pas à me sortir. Où est passé le dernier point que j'ai posé déjà ? Je ne le vois pas. Peut-être dix mètres plus bas. Putain 20 m de plomb. J'ai pas envie, j'ai envie de pleurer. Ca ne va pas le faire. Mes muscles se raidissent. Mes doigts se crispent sur ces gratons que je tiens depuis vingt bonnes minutes. Ils serrent de plus en plus fort jusqu'à... jusqu'à quoi ? Ma main droite serre, s'agrippe, elle tient une prise verticale. Elle est bonne ! Elle tient de plus en plus fort, tandis que le reste de mon corps se déséquilibre de plus en plus, je vais tomber, non. Ma main tient vraiment bien. Une très bonne prise, elle est toute douce et chaude. Bienveillante. Elle est en bois ! La paroi bascule, ce coup-ci je vais vraiment tomber, tout mes muscles se raidissent encore plus. Mais cette prise en bois, elle est travaillée. C'est de la menuiserie. Mais alors ? Je me réveille, je suis dans mon lit. Il me faut encore trente secondes avant que mon cerveau ne se rebranche correctement sur mon oreille interne. Pas de doute, je ne suis pas tombé. Tout va bien. Mais tout de même, c'est fatiguant de dormir.
Note: Inception, un film à voir.
jeudi 26 août 2010
Le Joyau et le Lotus
Un nom de bande dessinée, à mi-chemin entre Tintin et les aventures de Blake et Mortimer, terriblement évocateur. La voie ne pouvait être que (très) belle. Pas de gaz dément -elle se déroule majoritairement sur une arête- mais une ambiance extraordinaire face au Moine et au carrefour géant du massif du Mont-Blanc: la jonction Leschaux-Mer de glace. Celle-ci nous déroule ses vagues marquant l'alternance des saisons. Bref un cadre magistral, le secteur est de plus assez délaissé des grimpeurs ce qui fait qu'on y grimpe peinards, c'est-à-dire seuls. Tout au plus peut-on saluer quelques parapentes qui ne dérangent en rien vu qu'on ne peut pas dire qu'ils prennent beaucoup de place aux relais ;-) .
L'escalade se déroule dans un beau granit en général orange et compact présentant de belles sections en dalles et en fissures. On débouche sur une pointe avec un relais sommital mal commode (vieilles plaquettes Cassin dont les yeux sont trop étroits pour passer confortablement les mousquetons). De là, il faut pas moins de 8 rappels pour joindre le pied de la face en suivant la voie "la reprise" qui a l'air sacrément physique (si quelqu'un a le topo, je suis preneur).
Les photos sont par ici.
L'escalade se déroule dans un beau granit en général orange et compact présentant de belles sections en dalles et en fissures. On débouche sur une pointe avec un relais sommital mal commode (vieilles plaquettes Cassin dont les yeux sont trop étroits pour passer confortablement les mousquetons). De là, il faut pas moins de 8 rappels pour joindre le pied de la face en suivant la voie "la reprise" qui a l'air sacrément physique (si quelqu'un a le topo, je suis preneur).
Les photos sont par ici.
mercredi 25 août 2010
K, histoires de crabe
Dans une précédente note (visible ici), j'osais vous parler, assez tard, de ce blog magnifique tenu par Marie-Dominique Arrighi sur l'histoire de son cancer. Et finissais ma note en espérant que ses écrits lui survivraient longtemps.
Non seulement ce souhait de nombreux lecteurs a été respecté et Libé s'est engagé à maintenir le blog en ligne à son adresse originale mais ces écrits sont également repris dans un livre éponyme (K, histoires de crabe) aux éditions Bleu Autour ce que je me devais de signaler.
Non seulement ce souhait de nombreux lecteurs a été respecté et Libé s'est engagé à maintenir le blog en ligne à son adresse originale mais ces écrits sont également repris dans un livre éponyme (K, histoires de crabe) aux éditions Bleu Autour ce que je me devais de signaler.
mardi 24 août 2010
Pouce, ça ne compte pas ? Ah ouais! c'est ce qu'on va voir
Cousin Jean vient grimper avec moi une semaine au pays du Mont-Blanc: cool :)
On attaque donc à fond le dimanche par une bonne journée de repos ! Oui la veille je sortais d'une longue traversée d'arêtes alors ça n'a vraiment pas été possible de faire autrement.
Lundi, c'est parti pour la voie des Français à l'aiguille du Pouce. "Pouce ça ne compte pas, pouce, c'est pour rire ahah ahah ... assez rit !". Ainsi s'exprimait Bobby Lapointe qui a eu bien tord puisque le Pouce compte bien pour ma liste de courses. Et plutôt deux fois qu'une puisqu'on remettait ça le vendredi avec la voie des dalles.
Mais déjà, je me sens bien un petit Pouce-Café un de ces quatre....
En résumé, le Pouce, c'est un sommet des aiguilles rouges qui culmine à 2873 m avec une face sud présentant pas moins de 350 m de paroi avec de nombreuses voies majeurs dans un excellent granit orangé compact et sans fioritures constituant également un bon livre d'histoire à ciel ouvert de l'alpinisme (Les deux voies mentionnées ici ont été ouvertes dans les années 60 en grosses chaussures avec les moyens d'époque).
Si la voie des français est une ligne meveilleuse affichant tout de même TD+, la voie des dalles n'est pas à négliger pour autant avec TD- (notre sortie originale modifie aussi ce paramètre: voir ici): les relais sont en général correct (un bout de cordelette et un marteau en fond de sac peuvent toujours être utiles), mais la progression se fait souvent sur coinceurs/friends, sur pitons d'origine plantés dans de la terre (!), voir dans la tête (parfois il n'y a rien et on ne peut rien mettre mais ça reste rare).
On attaque donc à fond le dimanche par une bonne journée de repos ! Oui la veille je sortais d'une longue traversée d'arêtes alors ça n'a vraiment pas été possible de faire autrement.
Lundi, c'est parti pour la voie des Français à l'aiguille du Pouce. "Pouce ça ne compte pas, pouce, c'est pour rire ahah ahah ... assez rit !". Ainsi s'exprimait Bobby Lapointe qui a eu bien tord puisque le Pouce compte bien pour ma liste de courses. Et plutôt deux fois qu'une puisqu'on remettait ça le vendredi avec la voie des dalles.
Mais déjà, je me sens bien un petit Pouce-Café un de ces quatre....
En résumé, le Pouce, c'est un sommet des aiguilles rouges qui culmine à 2873 m avec une face sud présentant pas moins de 350 m de paroi avec de nombreuses voies majeurs dans un excellent granit orangé compact et sans fioritures constituant également un bon livre d'histoire à ciel ouvert de l'alpinisme (Les deux voies mentionnées ici ont été ouvertes dans les années 60 en grosses chaussures avec les moyens d'époque).
| Le Pouce, vendredi matin |
lundi 23 août 2010
Aucu ! Aucu! Aucune hésitation !
Back to scholl, school, la haute montagne :) .
En ce samedi du mois d'août, on a décidé avec Benoit d'aller à la traversée de l'aiguille de Tré-la-Tête au col des glaciers. La montée en 3h30 aux refuge des conscrits la veille m'avait déjà fait mal mais il s'agissait de ne pas rater le dîner. Alors, forcément, le réveil à 2h30 sonne comme une longue douleur. Vers 3h15, on est partis pour remonter en direction du col infranchissable. Au bout d'une heure, je commence à le ressentir, la journée va être dure !
Arrivés au pied de la face nord de l'aiguille nord de Tré-la-Tête, je traîne un peu la patte histoire de mettre en garde Benoit sur ma méforme. Un peu après, je souffle carrément et commence à lui parler de demi-tour. J'en chie. La pente n'est jamais extrême mais toujours assez raide pour fumer les mollets qui n'en demandaient déjà pas tant. L'arrivée à ce premier sommet est barré par une pente à 45° plus ou moins en glace.
Pas le choix, je ne suis pas venu jusqu'ici pour faire une promenade à la con sur un glacier sans faire de sommet alors que la météo est parfaite et les conditions du terrain proches de l'optimal. Benoit me pousse au cul et me parle de plus en plus sèchement. Au fond, il a raison. Le meilleur moyen d'avancer, c'est d'éviter de s'écouter, tout débrancher, oublier les mollets (d'ailleurs, ça fait longtemps qu'ils n'existent plus). On arrive au sommet. OUF !
En même temps, redescendre par là, ça me semble un peu craignos. Et puis ça va vraiment mieux. T'as raison Benoit, le mieux maintenant, c'est de la finir cette course. Et la suite s'avère en effet très belle, jamais très dure, et quasiment agréable.
Que sont deux ou trois heures de douleur sur dix heures de course ?
Les photos sont par ici.
En ce samedi du mois d'août, on a décidé avec Benoit d'aller à la traversée de l'aiguille de Tré-la-Tête au col des glaciers. La montée en 3h30 aux refuge des conscrits la veille m'avait déjà fait mal mais il s'agissait de ne pas rater le dîner. Alors, forcément, le réveil à 2h30 sonne comme une longue douleur. Vers 3h15, on est partis pour remonter en direction du col infranchissable. Au bout d'une heure, je commence à le ressentir, la journée va être dure !
Arrivés au pied de la face nord de l'aiguille nord de Tré-la-Tête, je traîne un peu la patte histoire de mettre en garde Benoit sur ma méforme. Un peu après, je souffle carrément et commence à lui parler de demi-tour. J'en chie. La pente n'est jamais extrême mais toujours assez raide pour fumer les mollets qui n'en demandaient déjà pas tant. L'arrivée à ce premier sommet est barré par une pente à 45° plus ou moins en glace.
Pas le choix, je ne suis pas venu jusqu'ici pour faire une promenade à la con sur un glacier sans faire de sommet alors que la météo est parfaite et les conditions du terrain proches de l'optimal. Benoit me pousse au cul et me parle de plus en plus sèchement. Au fond, il a raison. Le meilleur moyen d'avancer, c'est d'éviter de s'écouter, tout débrancher, oublier les mollets (d'ailleurs, ça fait longtemps qu'ils n'existent plus). On arrive au sommet. OUF !
En même temps, redescendre par là, ça me semble un peu craignos. Et puis ça va vraiment mieux. T'as raison Benoit, le mieux maintenant, c'est de la finir cette course. Et la suite s'avère en effet très belle, jamais très dure, et quasiment agréable.
Que sont deux ou trois heures de douleur sur dix heures de course ?
Les photos sont par ici.
dimanche 22 août 2010
Le Pouce: topo de "la sortie des jambons"
Eh oui, après moult fouilles dans divers topo, il semble bien que Jean et moi ayons "ouvert" une longueur originale: Ouahoouuu ! Quand on sait que la voie fait 13 longueurs environ, il y a vraiment de quoi crier cocorico d'en avoir faite une ^^ .
Mais, il y a un début à tout et comme qui plus est, elle n'est pas complètement moche - elle est même franchement belle quoique bien plus physique que le reste de la voie - je vous la relate ici. Ca commence comme d'habitude par un "plantez-vous dans la voie en ne sachant pas lire un topo", en l'occurrence, celui de la voie des dalles à l'aiguille du Pouce où, il est vrai, le brouillard était pas mal de la partie dans la seconde moitié de l'ascension.
Voici donc le Topo !
Aiguille du Pouce - voie des dalles, sortie des jambons
Cotation proposée pour la course: TD+
Cette variante se situe sur L10, L11 et L12, entre la voie des dalles et la voie "Pouce-café". Depuis R9 de la voie des dalles, grimper trop à gauche une grande longueur en 4 se terminant légèrement au dessus à droite du R10 de Pouce-café, 50 m, IV, relais sur friends dans un vague dièdre à gauche. De là grimper légèrement sur la droite jusqu'à une vire légèrement ascendante sur la gauche au pied d'un beau mur où l'on fait relais. De là s'engager dans le dièdre raide droit au dessus puis revenir sur la gauche par un système de fissures jusqu'à buter sous un surplomb, V/V+ bien protégeable. Sur la gauche de ce surplomb , le rocher parait brisé et peu engageant. Prendre droit au dessus en suivant les fissures, A1 (doit pouvoir se passer en libre, cotation estimée 6c). Puis se rétablir pour aller faire relais 20 m au dessus, 50 m. Reste alors 70 à 100 m de rocher facile qui rejoignent rapidement l'itinéraire normal de la voie des dalles pour atteindre le sommet du Pouce.
Sur l'illustration ci-dessous, les tracés sont approximatifs pour la voie des dalles dont nous n'avons finalement pas parcouru la fin normale, ainsi que L10, L11 pour la sortie des jambons. En revanche, L12 est bien caractéristique et est donc tracée rigoureusement. C'est d'ailleurs le seul intérêt de cette variante :)
Mais, il y a un début à tout et comme qui plus est, elle n'est pas complètement moche - elle est même franchement belle quoique bien plus physique que le reste de la voie - je vous la relate ici. Ca commence comme d'habitude par un "plantez-vous dans la voie en ne sachant pas lire un topo", en l'occurrence, celui de la voie des dalles à l'aiguille du Pouce où, il est vrai, le brouillard était pas mal de la partie dans la seconde moitié de l'ascension.
Voici donc le Topo !
Aiguille du Pouce - voie des dalles, sortie des jambons
Cotation proposée pour la course: TD+
Cette variante se situe sur L10, L11 et L12, entre la voie des dalles et la voie "Pouce-café". Depuis R9 de la voie des dalles, grimper trop à gauche une grande longueur en 4 se terminant légèrement au dessus à droite du R10 de Pouce-café, 50 m, IV, relais sur friends dans un vague dièdre à gauche. De là grimper légèrement sur la droite jusqu'à une vire légèrement ascendante sur la gauche au pied d'un beau mur où l'on fait relais. De là s'engager dans le dièdre raide droit au dessus puis revenir sur la gauche par un système de fissures jusqu'à buter sous un surplomb, V/V+ bien protégeable. Sur la gauche de ce surplomb , le rocher parait brisé et peu engageant. Prendre droit au dessus en suivant les fissures, A1 (doit pouvoir se passer en libre, cotation estimée 6c). Puis se rétablir pour aller faire relais 20 m au dessus, 50 m. Reste alors 70 à 100 m de rocher facile qui rejoignent rapidement l'itinéraire normal de la voie des dalles pour atteindre le sommet du Pouce.
Sur l'illustration ci-dessous, les tracés sont approximatifs pour la voie des dalles dont nous n'avons finalement pas parcouru la fin normale, ainsi que L10, L11 pour la sortie des jambons. En revanche, L12 est bien caractéristique et est donc tracée rigoureusement. C'est d'ailleurs le seul intérêt de cette variante :)
Another brick in the Wall
Eternelle question du mur, conceptuelle autant que physique. Ou plutôt, les murs physiques mais aussi tout les murs invisibles psychologiques, législatifs, ne relèvent-ils pas d'un même concept ?
Pourquoi construit-on un mur ? Pour se protéger d'une "menace", d'un danger, de quelque chose que l'on souhaite maintenir à l'écart. Quoi de plus naturel que d'aspirer à la sécurité. Pourtant, cette notion est elle même bien plus subjective que l'air du temps voudrait nous le faire croire. En montagne, l'alpiniste peut utiliser un certain mur pour se protéger des chutes de pierre: le casque. Pourtant si ces chutes deviennent plus nombreuses, plus grosses (sans même parler d'effondrement des Drus), lui faut-il prévoir un casque toujours plus gros quitte à ce que ce casque prenne l'allure d'un Blockhaus de la ligne de l'Atlantique ou bien faut-il alors repenser la notion même du mur en se disant que la sécurité ne peut se résoudre ainsi ? La réponse est bien entendu dans la question. L'alpiniste qui se verrait confronté à de telles chutes de pierre n'aurait pas d'autre choix que de s'abstenir de fréquenter le secteur, autrement dit, prévenir le risque en restant chez lui. Il n'aurait donc pas besoin de casque, pas besoin de mur.
L'actualité nous informe quotidiennement de nouveaux murs construits partout à travers le monde qui sont, à la lumière de cet exemple, tout aussi inefficaces. Le mur d'Israël pour s'isoler de la Cisjordanie, le mur législatif contre les roms en France, les murs toujours plus techniques dans les centres commerciaux pour lutter contre le vol (les vigils considèrent les gens comme des voleurs par défaut, portique de sortie caisse avec scanner de ticket de caisse - à quand un scanner intégral d'aéroport pour être sûr que le "client" n'a pas volé un paquet d'apéricubes ?). Tous ces murs qui ne résolvent aucun problème et, le plus souvent, les alimentent. Ainsi, le capitalisme financier a érigé en dogme que tout est 20/80 : 20 % des produits d'un magasin font 80 % du chiffre d'affaire, 20 % de l'humanité produit 80% de la pollution, 20 % de la population possède 80 % des richesses. Le mur alimente le désespoir, à l'instar de la réplique de Balavoine à Mitterrand dans les années 80. ce désespoir augmente la pression sur le mur, que l'on renforce pour ne pas qu'il cède. Tout ceci conduit généralement à la guerre. Il est grand temps de faire baisser la pression, de repenser l'action politique en terme de prévention, de construire un ordre mondial où l'homme soit au centre des préocupations.
Faites le mur, pas la guerre... en fait, cela revient au même.
Pourquoi construit-on un mur ? Pour se protéger d'une "menace", d'un danger, de quelque chose que l'on souhaite maintenir à l'écart. Quoi de plus naturel que d'aspirer à la sécurité. Pourtant, cette notion est elle même bien plus subjective que l'air du temps voudrait nous le faire croire. En montagne, l'alpiniste peut utiliser un certain mur pour se protéger des chutes de pierre: le casque. Pourtant si ces chutes deviennent plus nombreuses, plus grosses (sans même parler d'effondrement des Drus), lui faut-il prévoir un casque toujours plus gros quitte à ce que ce casque prenne l'allure d'un Blockhaus de la ligne de l'Atlantique ou bien faut-il alors repenser la notion même du mur en se disant que la sécurité ne peut se résoudre ainsi ? La réponse est bien entendu dans la question. L'alpiniste qui se verrait confronté à de telles chutes de pierre n'aurait pas d'autre choix que de s'abstenir de fréquenter le secteur, autrement dit, prévenir le risque en restant chez lui. Il n'aurait donc pas besoin de casque, pas besoin de mur.
L'actualité nous informe quotidiennement de nouveaux murs construits partout à travers le monde qui sont, à la lumière de cet exemple, tout aussi inefficaces. Le mur d'Israël pour s'isoler de la Cisjordanie, le mur législatif contre les roms en France, les murs toujours plus techniques dans les centres commerciaux pour lutter contre le vol (les vigils considèrent les gens comme des voleurs par défaut, portique de sortie caisse avec scanner de ticket de caisse - à quand un scanner intégral d'aéroport pour être sûr que le "client" n'a pas volé un paquet d'apéricubes ?). Tous ces murs qui ne résolvent aucun problème et, le plus souvent, les alimentent. Ainsi, le capitalisme financier a érigé en dogme que tout est 20/80 : 20 % des produits d'un magasin font 80 % du chiffre d'affaire, 20 % de l'humanité produit 80% de la pollution, 20 % de la population possède 80 % des richesses. Le mur alimente le désespoir, à l'instar de la réplique de Balavoine à Mitterrand dans les années 80. ce désespoir augmente la pression sur le mur, que l'on renforce pour ne pas qu'il cède. Tout ceci conduit généralement à la guerre. Il est grand temps de faire baisser la pression, de repenser l'action politique en terme de prévention, de construire un ordre mondial où l'homme soit au centre des préocupations.
Faites le mur, pas la guerre... en fait, cela revient au même.
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