Le ciel est gris, bas. Il pleut. Normal pour un mois de novembre. Pour retrouver un peu de lumière, voici un panorama concocté du Chardonnet il y a 15 jours, quand il ne pleuvait pas.
A peluche,
lundi 15 novembre 2010
mercredi 27 octobre 2010
Confidentialité ? vie privée ?
Depuis plusieurs années, les outils numériques sont utilisés à plein régime par la plupart des grandes entreprises. Et scandales et autres soupçons n'ont pas tardé à faire surface. Certains employeurs peu scrupuleux estimant avoir un droit de regard sur les échanges de leurs salariés, ils n'ont pas hésité à mettre en place des systèmes d'écoutes de ces derniers.
Plus récemment, l'affaire politico-judiciaire mettant en scène les plus hautes personnalités de l'état français (le président Sarkozy et le ministre Woerth) avec la première fortune de France et surtout ses rebondissements liés à d'éventuelles écoutes téléphoniques de journalistes hors cadre légal (le Canard Enchaîné) et plus encore les vols d'ordinateurs portables de journalistes de trois organes de presses différents s'intéressant à cette affaire conduisent légitimement à s'interroger sur la confidentialité des échanges employant du matériel informatique.
Sans débattre du fond de ces affaires, ce que les tribunaux et journalistes concernés font plutôt bien, il est à ce titre intéressant de lire l'article de JM Manach, véritable point de départ pour qui veut apprendre à sécuriser ses données, qu'elles soient professionnelles ou personnelles... On notera simplement que, signe des temps, cette note a été propulsée en "une" du site lemonde.fr ce jour du 27 octobre.
A bon entendeur,
Plus récemment, l'affaire politico-judiciaire mettant en scène les plus hautes personnalités de l'état français (le président Sarkozy et le ministre Woerth) avec la première fortune de France et surtout ses rebondissements liés à d'éventuelles écoutes téléphoniques de journalistes hors cadre légal (le Canard Enchaîné) et plus encore les vols d'ordinateurs portables de journalistes de trois organes de presses différents s'intéressant à cette affaire conduisent légitimement à s'interroger sur la confidentialité des échanges employant du matériel informatique.
Sans débattre du fond de ces affaires, ce que les tribunaux et journalistes concernés font plutôt bien, il est à ce titre intéressant de lire l'article de JM Manach, véritable point de départ pour qui veut apprendre à sécuriser ses données, qu'elles soient professionnelles ou personnelles... On notera simplement que, signe des temps, cette note a été propulsée en "une" du site lemonde.fr ce jour du 27 octobre.
A bon entendeur,
mercredi 13 octobre 2010
"Quelques leçons tirées de la crise" *
* Ce titre est emprunté à un livre de Georges Soros et dont je vous recommande vivement la lecture tant sa vision du capitalisme financier est pertinente - aucun lien.
A la suite de notre aventure au Grépon avec Jean (voir ce billet), je me suis posé beaucoup de questions sur ce qui avait conduit à faire appel aux secours plutôt que de s'en sortir seuls, mais aussi sur les erreurs que nous avions pu faire. Y a-t-il eu faute ? Suis-je plus responsable ? Est-ce Jean, mon cousin, ami, et compagnon sur cette course ? Ces questions sont-elles si saines, aussi ?
Ordonner les priorités
En y repensant, en refaisant le déroulement de la course, on identifie très vite les petits râtés, toutes les petites pertes de temps d'une minute à un quart d'heure et qui s'additionnent à la fin de la journée, qui font que l'on se retrouve dans une situation complexe. Mais toutes ces petites choses n'ont pas la même valeur. Jean a par exemple perdu deux fois sa frontale n'occasionnant qu'une perte de temps minime, mais la perte des piles a rendu la deuxième fois assez déterminante car le retour de nuit était dès lors exclu.
En montagne, un autre compagnon de cordée m'a dit qu'il adoptait systématiquement la tactique du "non-coupable": la faute était forcément celle de l'autre, de la météo, des conditions, du topo, bref tout sauf la sienne afin de garder un bon mental. Si je trouve un certain intérêt à cette théorie dans les dysfonctionnements mineurs, elle me semble moins applicable en cas de problème plus important ce qui était le cas ici puisque nous avons dû faire appel à une aide extérieure. Il me faudrait donc aussi établir ma responsabilité, pas pour me culpabiliser, mais pour comprendre, pour apprendre de mes erreurs.
L'erreur originelle
Une course en montagne est toujours source d'inconnue et d'imprévus. Puis-je, raisonnablement, penser que l'échec est dû à des conditions pas tout à fait optimales (3 longueurs neige/mixte) ? Aux lenteurs de Jean dans certaines manips ? La réponse est évidemment dans la question. Bien sûr, si tout cela avait été mieux, on aurait sans doute fini la course. Mais peut-on tabler sur le fait que tout "se déroule sans accroc" lorsque l'on part en montagne ? Je ne suis pas l'agence tout risques. J'aurai donc du prévoir plus et plus large; donc comprendre que je choisissais une course trop longue par rapport à l'expérience de mon second de cordée. De toute évidence, Jean manquait encore un peu de vécu pour avoir la vitesse d'exécution suffisante au parcours de cet itinéraire de grande ampleur. Comprendre que ma motivation à finir ma liste de courses prenait le pas sur des considérations objectives qui devraient rester en toutes circonstances le lieu de la décision d'y aller ou pas.
Le déroulement de la course
Je l'ai déjà longuement narré. Tout ne s'est pas parfaitement passé (sic). Pourtant, il me paraît utile de décrypter ce déroulement pour analyser ce que j'aurais pu améliorer de mon côté et ce que Jean aurait pu du sien. J'espère qu'il trouvera le temps de lire, corriger et compléter cette analyse de son propre regard :) . En repensant à l'organisation de la course, je constate que j'avais un rôle de "guide" et Jean de "client". Or, grimpant avant tout dans un contexte amical et souvent avec des personnes très expérimentées, je ne suis pas forcément rentré dans le rôle de leader de sorte que je supposais vraisemblablement à tort que Jean m'opposerai un point de vue s'il considérait que la course n'allait pas dans le bon sens, assez vite, était trop dure. Or, lui-même était, je m'avance un peu, sans doute dans un état de confiance relativement passive vis-à-vis de moi qui représentait dans notre cordée "l'aura de l'expérience", chose dont il faut tant se méfier au quotidien en montagne !
Mes enseignements
En tant que 1er de cordée, j'ai souvent donné des indications à Jean durant la course "rho fait gaffe à ta frontale quand-même" ou encore "allez Jean, faut aller plus vite". Mais au delà de ces indications parfois (souvent ?) mal formulées, je m'aperçois que j'ai anticipé assez peu de situations pour mon "client". Ainsi, j'aurais dû valider 100% sûr que ses crampons était impeccablement réglés dès la veille le soir au refuge (10 min de gagnées). Au premier tomber de sa lampe frontale, j'aurais dû m'interroger et l'interroger sur sa manière de la fixer pour en trouver une plus fiable avec lui ce qui aurait évité de perdre les piles. J'aurai du être plus didactique sur l'escalade mixte, comment accrocher ses crampons à son harnais pour ne pas perdre de temps à les ranger dans son sac en cours de longueur (faire ça dans le confort du relais permet aussi de gagner du temps, ici encore 10 minutes).
A force de vouloir m'alléger, j'ai laissé ma cartouche de gaz au refuge ce qui n'était manifestement pas la bonne idée.
Des enseignements pour Jean
En réalité, une fois que la répartition des rôles "second et premier de cordée" est claire, les leçons peuvent sembler limitées. Il n'en est rien. Si le second laisse au premier la conduite et le rythme du cheminement, Jean, assez accroché à l'alpinisme à présent, ne doit pas passer à côté de son introspection pour gagner en autonomie. Comment avoir des gestes plus fiables et plus rapides pour se vacher, se dévacher des relais et démonter ces derniers (souvent plusieurs minutes perdues au lieu d'une poignée de secondes) ? Comment gérer efficacement des équipements vitaux comme la frontale ou les crampons sans fausse note ? Bien sûr Jean, j'espère que l'on pourra aussi rediscuter cela dans le futur et, comme je le disais au paragraphe précédent, je manque parfois d'accompagnement pour t'aider à acquérir certains gestes qui, automatisés, permettent de gagner du temps.
Quelques facteurs supplémentaires
La présence de neige durant trois longueurs nous a fait perdre environ 1h30 à 2h. Pourtant, les indications de conditions du terrain (informations auprès de l'office de Haute Montagne de Chamonix) et même les repérages visuels lors de la montée au refuge la veille ne permettaient pas d'anticiper que la neige serait présente dans ces quantités. De plus, la bonne averse sous le sommet nous a repris 30 minutes supplémentaires avant la sortie à la brêche.
Certes, dans une course, on peut anticiper un temps de marge sur l'horaire que l'on attribue aux imprévus. Toutefois, l'addition trop importante de ces imprévus ne peut être prévue ! Ainsi, ces deux heures de retard ont beaucoup joué dans notre échec final.
L'appel des secours
Fallait-il les appeler ? Pour prendre conseil de toute manière, oui ! Il serait simplement idiot de s'en passer. Mais après. Fallait-il leur demander de venir ? Nous n'étions pas blessés ni malades, simplement harassés par le combat qui venait de se jouer durant la course. Lorsque j'ai expliqué la situation aux secouristes, j'ai été frappé par l'absence de jugement de valeur de leur part sur notre appel. La vérité en est simple : cette décision est personnelle, quasiment intime et est difficilement jugeable de l'extérieur pour qui n'a pas vécu la situation. Autant il apparaît clair que j'aurai dû éviter de choisir cet itinéraire avec ce compagnon de cordée, autant la décision d'appel aux secours nous appartient et nos motivations peuvent difficilement être remises en cause.
A fins d'explications, voici toutefois les éléments qui ont conduit cette décision.
- Au sortir à la brêche à la nuit tombante, nous étions certes très fatigués mais, avec une lumière chacun, il m'aurait sans doute paru plus sage d'entamer la descente sur l'autre versant de sorte que nous aurions sans doute terminé la course dans "l'élan de la journée". Mais j'avais déjà vécu quelques années avant une descente sans frontale et je jugeais cela trop dangereux pour Jean. Dès lors, le bivouac s'imposait.
- Au petit matin, la question aurait pu de nouveau se poser mais mon erreur sur le gaz a fait que nous n'avons pu nous réchauffer avec un thé, ni fondre de la neige pour avoir de quoi boire. De fait, nous avions épuisés nos réserves de liquide durant la nuit. Sans ces remontants et à notre niveau de fatigue, il me semblait là aussi présomptueux de notre part d'entamer une longue descente que nous ne connaissions pas sans sérieux risque d'accident. Je songeais aussi de nouveau que, en tant que leader, j'étais trop amoindri pour retenir avec certitude un éventuel faux pas de Jean. Plutôt que de risquer d'avoir à les appeler quelques dizaines de minutes plus tard mais en situation d'accident, j'ai donc préféré renoncer et appeler les secours directement, au petit matin.
A la suite de notre aventure au Grépon avec Jean (voir ce billet), je me suis posé beaucoup de questions sur ce qui avait conduit à faire appel aux secours plutôt que de s'en sortir seuls, mais aussi sur les erreurs que nous avions pu faire. Y a-t-il eu faute ? Suis-je plus responsable ? Est-ce Jean, mon cousin, ami, et compagnon sur cette course ? Ces questions sont-elles si saines, aussi ?
Ordonner les priorités
En y repensant, en refaisant le déroulement de la course, on identifie très vite les petits râtés, toutes les petites pertes de temps d'une minute à un quart d'heure et qui s'additionnent à la fin de la journée, qui font que l'on se retrouve dans une situation complexe. Mais toutes ces petites choses n'ont pas la même valeur. Jean a par exemple perdu deux fois sa frontale n'occasionnant qu'une perte de temps minime, mais la perte des piles a rendu la deuxième fois assez déterminante car le retour de nuit était dès lors exclu.
En montagne, un autre compagnon de cordée m'a dit qu'il adoptait systématiquement la tactique du "non-coupable": la faute était forcément celle de l'autre, de la météo, des conditions, du topo, bref tout sauf la sienne afin de garder un bon mental. Si je trouve un certain intérêt à cette théorie dans les dysfonctionnements mineurs, elle me semble moins applicable en cas de problème plus important ce qui était le cas ici puisque nous avons dû faire appel à une aide extérieure. Il me faudrait donc aussi établir ma responsabilité, pas pour me culpabiliser, mais pour comprendre, pour apprendre de mes erreurs.
L'erreur originelle
Une course en montagne est toujours source d'inconnue et d'imprévus. Puis-je, raisonnablement, penser que l'échec est dû à des conditions pas tout à fait optimales (3 longueurs neige/mixte) ? Aux lenteurs de Jean dans certaines manips ? La réponse est évidemment dans la question. Bien sûr, si tout cela avait été mieux, on aurait sans doute fini la course. Mais peut-on tabler sur le fait que tout "se déroule sans accroc" lorsque l'on part en montagne ? Je ne suis pas l'agence tout risques. J'aurai donc du prévoir plus et plus large; donc comprendre que je choisissais une course trop longue par rapport à l'expérience de mon second de cordée. De toute évidence, Jean manquait encore un peu de vécu pour avoir la vitesse d'exécution suffisante au parcours de cet itinéraire de grande ampleur. Comprendre que ma motivation à finir ma liste de courses prenait le pas sur des considérations objectives qui devraient rester en toutes circonstances le lieu de la décision d'y aller ou pas.
Le déroulement de la course
Je l'ai déjà longuement narré. Tout ne s'est pas parfaitement passé (sic). Pourtant, il me paraît utile de décrypter ce déroulement pour analyser ce que j'aurais pu améliorer de mon côté et ce que Jean aurait pu du sien. J'espère qu'il trouvera le temps de lire, corriger et compléter cette analyse de son propre regard :) . En repensant à l'organisation de la course, je constate que j'avais un rôle de "guide" et Jean de "client". Or, grimpant avant tout dans un contexte amical et souvent avec des personnes très expérimentées, je ne suis pas forcément rentré dans le rôle de leader de sorte que je supposais vraisemblablement à tort que Jean m'opposerai un point de vue s'il considérait que la course n'allait pas dans le bon sens, assez vite, était trop dure. Or, lui-même était, je m'avance un peu, sans doute dans un état de confiance relativement passive vis-à-vis de moi qui représentait dans notre cordée "l'aura de l'expérience", chose dont il faut tant se méfier au quotidien en montagne !
Mes enseignements
En tant que 1er de cordée, j'ai souvent donné des indications à Jean durant la course "rho fait gaffe à ta frontale quand-même" ou encore "allez Jean, faut aller plus vite". Mais au delà de ces indications parfois (souvent ?) mal formulées, je m'aperçois que j'ai anticipé assez peu de situations pour mon "client". Ainsi, j'aurais dû valider 100% sûr que ses crampons était impeccablement réglés dès la veille le soir au refuge (10 min de gagnées). Au premier tomber de sa lampe frontale, j'aurais dû m'interroger et l'interroger sur sa manière de la fixer pour en trouver une plus fiable avec lui ce qui aurait évité de perdre les piles. J'aurai du être plus didactique sur l'escalade mixte, comment accrocher ses crampons à son harnais pour ne pas perdre de temps à les ranger dans son sac en cours de longueur (faire ça dans le confort du relais permet aussi de gagner du temps, ici encore 10 minutes).
A force de vouloir m'alléger, j'ai laissé ma cartouche de gaz au refuge ce qui n'était manifestement pas la bonne idée.
Des enseignements pour Jean
En réalité, une fois que la répartition des rôles "second et premier de cordée" est claire, les leçons peuvent sembler limitées. Il n'en est rien. Si le second laisse au premier la conduite et le rythme du cheminement, Jean, assez accroché à l'alpinisme à présent, ne doit pas passer à côté de son introspection pour gagner en autonomie. Comment avoir des gestes plus fiables et plus rapides pour se vacher, se dévacher des relais et démonter ces derniers (souvent plusieurs minutes perdues au lieu d'une poignée de secondes) ? Comment gérer efficacement des équipements vitaux comme la frontale ou les crampons sans fausse note ? Bien sûr Jean, j'espère que l'on pourra aussi rediscuter cela dans le futur et, comme je le disais au paragraphe précédent, je manque parfois d'accompagnement pour t'aider à acquérir certains gestes qui, automatisés, permettent de gagner du temps.
Quelques facteurs supplémentaires
La présence de neige durant trois longueurs nous a fait perdre environ 1h30 à 2h. Pourtant, les indications de conditions du terrain (informations auprès de l'office de Haute Montagne de Chamonix) et même les repérages visuels lors de la montée au refuge la veille ne permettaient pas d'anticiper que la neige serait présente dans ces quantités. De plus, la bonne averse sous le sommet nous a repris 30 minutes supplémentaires avant la sortie à la brêche.
Certes, dans une course, on peut anticiper un temps de marge sur l'horaire que l'on attribue aux imprévus. Toutefois, l'addition trop importante de ces imprévus ne peut être prévue ! Ainsi, ces deux heures de retard ont beaucoup joué dans notre échec final.
L'appel des secours
Fallait-il les appeler ? Pour prendre conseil de toute manière, oui ! Il serait simplement idiot de s'en passer. Mais après. Fallait-il leur demander de venir ? Nous n'étions pas blessés ni malades, simplement harassés par le combat qui venait de se jouer durant la course. Lorsque j'ai expliqué la situation aux secouristes, j'ai été frappé par l'absence de jugement de valeur de leur part sur notre appel. La vérité en est simple : cette décision est personnelle, quasiment intime et est difficilement jugeable de l'extérieur pour qui n'a pas vécu la situation. Autant il apparaît clair que j'aurai dû éviter de choisir cet itinéraire avec ce compagnon de cordée, autant la décision d'appel aux secours nous appartient et nos motivations peuvent difficilement être remises en cause.
A fins d'explications, voici toutefois les éléments qui ont conduit cette décision.
- Au sortir à la brêche à la nuit tombante, nous étions certes très fatigués mais, avec une lumière chacun, il m'aurait sans doute paru plus sage d'entamer la descente sur l'autre versant de sorte que nous aurions sans doute terminé la course dans "l'élan de la journée". Mais j'avais déjà vécu quelques années avant une descente sans frontale et je jugeais cela trop dangereux pour Jean. Dès lors, le bivouac s'imposait.
- Au petit matin, la question aurait pu de nouveau se poser mais mon erreur sur le gaz a fait que nous n'avons pu nous réchauffer avec un thé, ni fondre de la neige pour avoir de quoi boire. De fait, nous avions épuisés nos réserves de liquide durant la nuit. Sans ces remontants et à notre niveau de fatigue, il me semblait là aussi présomptueux de notre part d'entamer une longue descente que nous ne connaissions pas sans sérieux risque d'accident. Je songeais aussi de nouveau que, en tant que leader, j'étais trop amoindri pour retenir avec certitude un éventuel faux pas de Jean. Plutôt que de risquer d'avoir à les appeler quelques dizaines de minutes plus tard mais en situation d'accident, j'ai donc préféré renoncer et appeler les secours directement, au petit matin.
mardi 12 octobre 2010
Secours au Grépon - récit d'une course extra-ordinaire
Ca commence par l'envie de finir la partie mixte de ma liste de course pour présenter le probatoire d'entrée de l'ENSA. Il n'a pas neigé depuis 10 jours et chose assez inespérée, il a fait relativement chaud, j'ai donc bon espoir qu'une course comme Grépon-Mer de glace soit de nouveau en conditions (comprendre du rocher sec sans neige).
Je me rencarde donc avec Jean et c'est parti le jeudi :). Train du montenvers de 15h30, on arrive au refuge de l'Envers à 18h30. Celui-ci n'est plus gardé mais quatre personnes ayant bossé sur la réfection du toit prenne leur métro du soir, comprendre l'hélicoptère qui les ramène dans la vallée après une dure journée de labeur. Une fois partie, nous nous retrouvons seuls dans une lumière déclinant rapidement. On se prépare un bon dîner puis allons nous coucher.
Réveil à 5h00, je l'aurais bien mis plus tôt mais je crains que la rimaye (la dernière crevasse qui sépare le glacier de la montagne qui est au dessus) ne soit compliquée à franchir. S'il faut louvoyer pour trouver l'itinéraire, autant éviter la nuit noire complète, souvent synonyme de perte de temps à rechercher le passage. Comme la course est d'ampleur (850 m d'escalade), perdre du temps veut aussi dire perdre des forces inutilement avant la suite. Bref, mon choix est fait. Je laisse au refuge ma bouteille de gaz pour m'alléger au maximum...
Départ à 6h00, on descend sur le glacier de Trélaporte puis nous dirigeons vers le lobe glaciaire où se situe le départ de la voie. Jean a du mal avec ses crampons puis fait tomber sa frontale. Nous avons déjà perdu un petit quart d'heure. L'arrivée au pied se passe en revanche bien. Nous passons une première rimaye par la droite via un peu de rocher facile puis franchissons une deuxième rimaye dans sur la gauche au pied de la voie dans des éboulements de blocs de glace. On s'équipe, enfile nos chaussons et commençons à grimper à 7h20. Jean refait tomber sa frontale et y perd les piles. On n'a pas trop reperdu de temps. Le départ à froid n'est jamais simple et préférons tirer 2-3 longueurs pour débuter, la cotation est tout de même de IV/IV+. Plus haut, le rocher se couche et devient facile, nous repartons donc corde tendu. 200 m plus loin, cela redevient un poil plus dur et sur demande de Jean, nous retirons des longueurs pour "assurer le coup". On ne doit plus être très loin du rappel qui permet de prendre pied sur l'éperon marquant la deuxième partie de la voie et il est seulement 11H15. J'ai l'impression qu'on est bien dans l'horaire et qu'on avance bien.
Ceci est en partie un leurre. Nous mettons une bonne heure supplémentaire pour rejoindre le relai de rappel, assez peu confortable qui plus est. 12h15 et je m'interroge. Au point où nous sommes, le demi-tour est déjà complexe (d'autant plus que l'ai fait l'erreur de prendre une corde à simple de 60 m au lieu d'un rappel de 50 m). Je regarde la suite. Du pied du rappel. On se retrouve dans le fond d'un couloir qu'il faut quitter pour rejoindre la rive droite puis un éperon qui se dresse au dessus. Problème, il y a de la neige, beaucoup plus que je ne l'imaginais. J'indique à Jean de remettre grosses chaussures et crampons. On a 2 bonnes longueurs de mixte à faire avant de joindre le fil de l'éperon sur lequel j'ai repéré la veille que le rocher était sec. Même si on y perd du temps, je me dis que la suite devrait aller et songe que cela sera moins galère que le demi-tour. C'est donc l'option que je retiens.
En vérité, ce passage mixte m'a bien émoussé. Trois verrous successifs m'ont donné du fil à retordre avec des pas parfois engagés, parfois d'artif bien physique. Quinze mètres sous le fil, j'ôte mes crampons ce qui me permet de grimper plus facilement. Au tour de Jean de passer, je manque de présence d'esprit et du coup il garde ses crampons trop longtemps, les enlève dans un endroit malcommode et les range dans son sac au lieu de les clipper à son harnais. A l'arrivée sur le fil, nous avons perdu deux bonnes heures.
Il est environ 15h lorsque je reprends l'escalade en chaussons. Désormais, le demi-tour est simplement impossible. Nous songeons chacun à la possibilité que cette course ne se passe réellement pas bien mais nous gardons de partager notre sentiment pour rester concentrés et garder la motivation. Il faudra encore deux heures et quatres longueurs de 4b/5b pour atteindre le sommet de l'éperon. A la sortie, il faut traverser un petit collu enneigé. Je perds encore pas mal de watts. 15 mètres à franchir dans 40 cm de fraîche en chaussons, pantalon léger et mains nues (je préfère tenter de garder mes gants secs).
Au dessus, une petite dalle de 5 m puis une vire qui s'échappe à gauche avant de retrouver une vire ascendante à droite et enfin, une raide fissure cheminée pour sortir à la brêche Balfour, 20 mètres sous le sommet du Grépon.
17h30, on est sur la première vire. C'était pourtant l'heure limite qu'il nous fallait respecter pour arriver à la brêche dans des conditions correctes. La situation météo générale est au foehn et au beau temps mais depuis 2 heures, des développements nuageux se sont produits sur les Grandes Jorasses qui sont maintenant sous un grain. Celui-ci a l'air de vouloir venir nous voir. Ce coup-ci, je me décide à parler à Jean de l'orientation de la course. J'appelle les secours pour les informer et leur demander conseil. Au téléphone, le planton est super pro. Il vérifie le bulletin météo, revoit le topo de notre course et nous remonte le moral en nous invitant à sortir à la brêche. C'est vrai qu'on en est tout près. Il me demande à combien de temps j'estime notre arrivée là-haut. Je lui réponds 1h30 (soit 19h30) car j'ai conscience que nous progressons très lentement à présent. On raccroche en se disant qu'on se tient au courant.
Cinq minutes plus tard, c'est la grosse averse, je pars trop vite à droite et chinte la vire facile ascendante à droite pour la remplacer par une raide longueur de 5c dans du rocher à présent trempé.
Dernière longueur. Je suis 10 mètres sous la brêche et n'arrive plus à forcer le verrou d'un gros bloc. Après un quart d'heure d'effort, ma main finit par atteindre un vieux coin de bois d'époque. Il tient ! Je sors enfin à la brêche. Jean a juste assez de lumière pour sortir à son tour avant la nuit noire. Il est 19h25. Et on rappelle le PGHM.
Ce coup-ci, j'ai réfléchi. Entamer la descente de nuit avec une seule frontale et de plus, connaissant le peu de goût de Jean pour la désescalade, me conduisent à écarter cette option. Au téléphone, j'explique la situation: on est mouillé par l'averse, rincés par la course, sans matériel de bivouac ou presque, et on a perdu encore une demi-heure supplémentaire par rapport à notre dernier contact. Le planton est toujours aussi pro. Il m'indique qu'il va faire le tour avec les secouristes pour savoir quels actions adopter et nous rappelle. Cinq minutes passent. Jean me demande si on ne ferait pas bien de les rappeler. Je lui propose à l'inverse de faire tout comme si on allait continuer, histoire de rester dans l'action et ne pas trop se poser de questions. On organise donc nos vaches, trie le matériel, tâchons surtout de nous couvrir et de se réchauffer alors qu'il fait pratiquement nuit.
Dix minutes plus tard, le planton rappelle. Il m'explique que la procédure du PGHM est claire : si personne n'est blessé, la nuit constituant un risque supplémentaire pour les équipes de secours, on ne les engage qu'au petit matin. On va "dormir" sur place ! Et on convient donc de se rappeler au petit matin. J'appelle enfin Carole pour la tenir au courant et lui indique qu'elle peut avoir de nos nouvelles auprès du PGHM en cas de besoin.
Ce coup-ci, j'indique à Jean que nous sommes bons pour bivouaquer. Stupeur et tremblements. On finit de s'organiser; vidons les sacs du matériel que nous déposons à côté (un sac à dos est un bon tapis isolant du froid), finissons de nous couvrir, étalons la corde au mieux sur la terasse d'1,5 m2 qui nous servira à nous allonger, tâchons de nous restaurer et boire, sortons l'unique couverture de survie ainsi que le droit de soie que nous avons. Enfin, vers 20h30, nous nous préparons à dormir. On a glisser nos quatre pieds dans le drap et avons disposé la couverture de survie comme nous pouvions. Les deux premières heures, nous réussissons pas trop mal à dormir, peut-être une bonne demie heure. L'inconfort nous réveille parfois mais pas encore trop le froid. Vers 22h, une nouvelle averse démarre. Bien que petite, elle est suffisante pour mouiller le rocher et nous faire perdre de la chaleur. Vers 23h, réveil en sursaut proche de la panique, nous avons tout les deux eu au même moment le sentiment de tomber de notre rocher. On se calme. On n'a pas la place de faire de grands gestes sans être déséquilibrés et, bien qu'attachés par nos vaches, une chute serait toujours un gros désagrément suppémentaire. Le deuxième tiers de la nuit se complique. Un peu de vent envole régulièrement la couverture de survie trop petite pour envelopper deux corps correctement. Une fois, je la rattrape juste à temps d'une main alors qu'elle était complètement partie ! Le froid se fait de plus en plus piquant (bien que la nuit soit objectivement clémente pour un mois d'octobre, sans doute à peine -5°C au plus froid). Nous nous levons régulièrement pour faire des exercices afin de se réchauffer. Vers 4h, la couverture finit par se déchirer à force d'être tendue pour nous couvrir tout les deux. La fin de la nuit promet d'être délicate d'autant que c'est toujours en fin de nuit qu'il fait le plus froid. 5h30, Il me semble percevoir enfin le ciel qui prend une teinte un tout petit peu moins sombre. Nous ne pouvons plus dormir. Ayant décidé la veille de se rappeler au petit jour avec le PGHM, j'informe Jean que j'appelerai à partir de 7h, le lever du jour étant à 7h30.
A 6h, le planton m'appelle ! Il me demande notre décision : descente à pieds ou avec les secours ? Jean a l'air partant pour finir. Moi pas du tout. J'ai peur de sa chute et d'être trop faible pour ne pas pouvoir l'arrêter. 10 minutes de concertation à deux. Je les rappelle : "Venez nous chercher". Il m'indique qu'ils décolleront au petit jour, soit vers 7h15. En attendant, il nous faut ranger tout le matériel dans les sacs, plier la corde, réaliser un nouveau relais sur friends pour permettre au secouriste de se vacher sur le relais de rappel.
Le temps passe. 7h rien. En bas, on voit Chamonix, il y fait encore très sombre même si on voit clair à notre niveau. 7h15.
A 7h25, ça y est on entend le bruit lointain des turbines. L'hélicoptère EC 145 indicatif Dragon 74 de la sécurité civile monte depuis la mer de glace en un seul mouvement hélicoïdal à gauche pour se porter à notre niveau. Je me dresse debout sur la brêche. J'allume ma frontale afin que, si besoin, ils nous repèrent plus facilement, j'écarte mes bras tendus, les mains légèrement au dessus de la tête (signe international pour indiquer avoir besoin de secours). L'émotion m'envahit complètement. Je suis au bord des larmes. Pas du soulagement de voir le dénouement si proche mais de honte d'avoir manifestement échoué quelque part. L'hélico arrive tout près au dessus de notre tête. Moins de 50 mètres. Un homme sort de la cabine. Le souffle des pales devient à présent puissant et nous gèle encore plus. Il descend au bout du treuil, en poussant deux fois du pied les parois qui nous encadrent pour ne pas se les prendre. Il est debout sur la brêche, avec nous. Je lui tend l'anneau du relais pour qu'il se vache. Il retire le treuil. L'hélico se décale aussitôt pour ne pas rester au dessus de nos têtes - le vol stationnaire est toujours plus compliqué et risqué. Le secouriste nous range nos derniers mousquetons qui dépasse puis me prépare en premier avec une longe permettant de me vacher sur lui, d'accrocher mon sac à dos à mes pieds. Il me demande de tenir devant moi le connecteur qui servira au treuil. Celui-ci redescend. Un signe de la main. 2 secondes, mes pieds ne touchent plus le sol et je suis 5 mètres au dessus de la brêche, de Jean, du secouriste. 2 secondes de plus, l'hélicoptère s'est décalé, j'ai 500 mètres sous les pieds. 10 secondes plus tard, le mécanicien treuilliste m'a fait rentrer dans la cabine. Moins de 10 minutes plus tard, tout le monde est à bord.
L'équipe en profite pour faire un tour de repérage du massif. J'ai toujours ce sentiment de culpabilité qui m'oppresse. Le mécanicien me tend son pouce pour me demander si ca va. Je réponds que oui. Ce geste me fait un bien fou, moralement surtout. Je comprends que les gens qui sont autour de nous ne vont pas juger notre action et ont simplement fait leur métier, quel beau métier ! Je commence à sortir de ma torpeur et regarder par les fenêtres. Nous sommes au bord, en plein milieu de la face nord des Grandes Jorasses ! C'est magnifique. Six alpinistes grimpent dans la MacIntyre. On continue le tour. En 3 minutes, on monte au niveau du Mont-Blanc. Quelques alpinistes aussi sur l'arête des bosses. Puis on redescend sur Chamonix.
C'est fini. On est en bonne santé. Et on ne peut que remercier chaudement ces hommes et femmes au métier si particuliers: secouristes en montagne.
Quand aux différents enseignements de cette aventure, ils sont également nombreux et feront l'objet d'un prochain billet.
NB: Pour aller plus loin sur le sujet du secours en montagne, je vous recommande le livre d'Anne Sauvy, captivant sur le sujet
Je me rencarde donc avec Jean et c'est parti le jeudi :). Train du montenvers de 15h30, on arrive au refuge de l'Envers à 18h30. Celui-ci n'est plus gardé mais quatre personnes ayant bossé sur la réfection du toit prenne leur métro du soir, comprendre l'hélicoptère qui les ramène dans la vallée après une dure journée de labeur. Une fois partie, nous nous retrouvons seuls dans une lumière déclinant rapidement. On se prépare un bon dîner puis allons nous coucher.
Réveil à 5h00, je l'aurais bien mis plus tôt mais je crains que la rimaye (la dernière crevasse qui sépare le glacier de la montagne qui est au dessus) ne soit compliquée à franchir. S'il faut louvoyer pour trouver l'itinéraire, autant éviter la nuit noire complète, souvent synonyme de perte de temps à rechercher le passage. Comme la course est d'ampleur (850 m d'escalade), perdre du temps veut aussi dire perdre des forces inutilement avant la suite. Bref, mon choix est fait. Je laisse au refuge ma bouteille de gaz pour m'alléger au maximum...
Départ à 6h00, on descend sur le glacier de Trélaporte puis nous dirigeons vers le lobe glaciaire où se situe le départ de la voie. Jean a du mal avec ses crampons puis fait tomber sa frontale. Nous avons déjà perdu un petit quart d'heure. L'arrivée au pied se passe en revanche bien. Nous passons une première rimaye par la droite via un peu de rocher facile puis franchissons une deuxième rimaye dans sur la gauche au pied de la voie dans des éboulements de blocs de glace. On s'équipe, enfile nos chaussons et commençons à grimper à 7h20. Jean refait tomber sa frontale et y perd les piles. On n'a pas trop reperdu de temps. Le départ à froid n'est jamais simple et préférons tirer 2-3 longueurs pour débuter, la cotation est tout de même de IV/IV+. Plus haut, le rocher se couche et devient facile, nous repartons donc corde tendu. 200 m plus loin, cela redevient un poil plus dur et sur demande de Jean, nous retirons des longueurs pour "assurer le coup". On ne doit plus être très loin du rappel qui permet de prendre pied sur l'éperon marquant la deuxième partie de la voie et il est seulement 11H15. J'ai l'impression qu'on est bien dans l'horaire et qu'on avance bien.
Ceci est en partie un leurre. Nous mettons une bonne heure supplémentaire pour rejoindre le relai de rappel, assez peu confortable qui plus est. 12h15 et je m'interroge. Au point où nous sommes, le demi-tour est déjà complexe (d'autant plus que l'ai fait l'erreur de prendre une corde à simple de 60 m au lieu d'un rappel de 50 m). Je regarde la suite. Du pied du rappel. On se retrouve dans le fond d'un couloir qu'il faut quitter pour rejoindre la rive droite puis un éperon qui se dresse au dessus. Problème, il y a de la neige, beaucoup plus que je ne l'imaginais. J'indique à Jean de remettre grosses chaussures et crampons. On a 2 bonnes longueurs de mixte à faire avant de joindre le fil de l'éperon sur lequel j'ai repéré la veille que le rocher était sec. Même si on y perd du temps, je me dis que la suite devrait aller et songe que cela sera moins galère que le demi-tour. C'est donc l'option que je retiens.
En vérité, ce passage mixte m'a bien émoussé. Trois verrous successifs m'ont donné du fil à retordre avec des pas parfois engagés, parfois d'artif bien physique. Quinze mètres sous le fil, j'ôte mes crampons ce qui me permet de grimper plus facilement. Au tour de Jean de passer, je manque de présence d'esprit et du coup il garde ses crampons trop longtemps, les enlève dans un endroit malcommode et les range dans son sac au lieu de les clipper à son harnais. A l'arrivée sur le fil, nous avons perdu deux bonnes heures.
Il est environ 15h lorsque je reprends l'escalade en chaussons. Désormais, le demi-tour est simplement impossible. Nous songeons chacun à la possibilité que cette course ne se passe réellement pas bien mais nous gardons de partager notre sentiment pour rester concentrés et garder la motivation. Il faudra encore deux heures et quatres longueurs de 4b/5b pour atteindre le sommet de l'éperon. A la sortie, il faut traverser un petit collu enneigé. Je perds encore pas mal de watts. 15 mètres à franchir dans 40 cm de fraîche en chaussons, pantalon léger et mains nues (je préfère tenter de garder mes gants secs).
Au dessus, une petite dalle de 5 m puis une vire qui s'échappe à gauche avant de retrouver une vire ascendante à droite et enfin, une raide fissure cheminée pour sortir à la brêche Balfour, 20 mètres sous le sommet du Grépon.
17h30, on est sur la première vire. C'était pourtant l'heure limite qu'il nous fallait respecter pour arriver à la brêche dans des conditions correctes. La situation météo générale est au foehn et au beau temps mais depuis 2 heures, des développements nuageux se sont produits sur les Grandes Jorasses qui sont maintenant sous un grain. Celui-ci a l'air de vouloir venir nous voir. Ce coup-ci, je me décide à parler à Jean de l'orientation de la course. J'appelle les secours pour les informer et leur demander conseil. Au téléphone, le planton est super pro. Il vérifie le bulletin météo, revoit le topo de notre course et nous remonte le moral en nous invitant à sortir à la brêche. C'est vrai qu'on en est tout près. Il me demande à combien de temps j'estime notre arrivée là-haut. Je lui réponds 1h30 (soit 19h30) car j'ai conscience que nous progressons très lentement à présent. On raccroche en se disant qu'on se tient au courant.
Cinq minutes plus tard, c'est la grosse averse, je pars trop vite à droite et chinte la vire facile ascendante à droite pour la remplacer par une raide longueur de 5c dans du rocher à présent trempé.
Dernière longueur. Je suis 10 mètres sous la brêche et n'arrive plus à forcer le verrou d'un gros bloc. Après un quart d'heure d'effort, ma main finit par atteindre un vieux coin de bois d'époque. Il tient ! Je sors enfin à la brêche. Jean a juste assez de lumière pour sortir à son tour avant la nuit noire. Il est 19h25. Et on rappelle le PGHM.
Ce coup-ci, j'ai réfléchi. Entamer la descente de nuit avec une seule frontale et de plus, connaissant le peu de goût de Jean pour la désescalade, me conduisent à écarter cette option. Au téléphone, j'explique la situation: on est mouillé par l'averse, rincés par la course, sans matériel de bivouac ou presque, et on a perdu encore une demi-heure supplémentaire par rapport à notre dernier contact. Le planton est toujours aussi pro. Il m'indique qu'il va faire le tour avec les secouristes pour savoir quels actions adopter et nous rappelle. Cinq minutes passent. Jean me demande si on ne ferait pas bien de les rappeler. Je lui propose à l'inverse de faire tout comme si on allait continuer, histoire de rester dans l'action et ne pas trop se poser de questions. On organise donc nos vaches, trie le matériel, tâchons surtout de nous couvrir et de se réchauffer alors qu'il fait pratiquement nuit.
Dix minutes plus tard, le planton rappelle. Il m'explique que la procédure du PGHM est claire : si personne n'est blessé, la nuit constituant un risque supplémentaire pour les équipes de secours, on ne les engage qu'au petit matin. On va "dormir" sur place ! Et on convient donc de se rappeler au petit matin. J'appelle enfin Carole pour la tenir au courant et lui indique qu'elle peut avoir de nos nouvelles auprès du PGHM en cas de besoin.
Ce coup-ci, j'indique à Jean que nous sommes bons pour bivouaquer. Stupeur et tremblements. On finit de s'organiser; vidons les sacs du matériel que nous déposons à côté (un sac à dos est un bon tapis isolant du froid), finissons de nous couvrir, étalons la corde au mieux sur la terasse d'1,5 m2 qui nous servira à nous allonger, tâchons de nous restaurer et boire, sortons l'unique couverture de survie ainsi que le droit de soie que nous avons. Enfin, vers 20h30, nous nous préparons à dormir. On a glisser nos quatre pieds dans le drap et avons disposé la couverture de survie comme nous pouvions. Les deux premières heures, nous réussissons pas trop mal à dormir, peut-être une bonne demie heure. L'inconfort nous réveille parfois mais pas encore trop le froid. Vers 22h, une nouvelle averse démarre. Bien que petite, elle est suffisante pour mouiller le rocher et nous faire perdre de la chaleur. Vers 23h, réveil en sursaut proche de la panique, nous avons tout les deux eu au même moment le sentiment de tomber de notre rocher. On se calme. On n'a pas la place de faire de grands gestes sans être déséquilibrés et, bien qu'attachés par nos vaches, une chute serait toujours un gros désagrément suppémentaire. Le deuxième tiers de la nuit se complique. Un peu de vent envole régulièrement la couverture de survie trop petite pour envelopper deux corps correctement. Une fois, je la rattrape juste à temps d'une main alors qu'elle était complètement partie ! Le froid se fait de plus en plus piquant (bien que la nuit soit objectivement clémente pour un mois d'octobre, sans doute à peine -5°C au plus froid). Nous nous levons régulièrement pour faire des exercices afin de se réchauffer. Vers 4h, la couverture finit par se déchirer à force d'être tendue pour nous couvrir tout les deux. La fin de la nuit promet d'être délicate d'autant que c'est toujours en fin de nuit qu'il fait le plus froid. 5h30, Il me semble percevoir enfin le ciel qui prend une teinte un tout petit peu moins sombre. Nous ne pouvons plus dormir. Ayant décidé la veille de se rappeler au petit jour avec le PGHM, j'informe Jean que j'appelerai à partir de 7h, le lever du jour étant à 7h30.
A 6h, le planton m'appelle ! Il me demande notre décision : descente à pieds ou avec les secours ? Jean a l'air partant pour finir. Moi pas du tout. J'ai peur de sa chute et d'être trop faible pour ne pas pouvoir l'arrêter. 10 minutes de concertation à deux. Je les rappelle : "Venez nous chercher". Il m'indique qu'ils décolleront au petit jour, soit vers 7h15. En attendant, il nous faut ranger tout le matériel dans les sacs, plier la corde, réaliser un nouveau relais sur friends pour permettre au secouriste de se vacher sur le relais de rappel.
Le temps passe. 7h rien. En bas, on voit Chamonix, il y fait encore très sombre même si on voit clair à notre niveau. 7h15.
A 7h25, ça y est on entend le bruit lointain des turbines. L'hélicoptère EC 145 indicatif Dragon 74 de la sécurité civile monte depuis la mer de glace en un seul mouvement hélicoïdal à gauche pour se porter à notre niveau. Je me dresse debout sur la brêche. J'allume ma frontale afin que, si besoin, ils nous repèrent plus facilement, j'écarte mes bras tendus, les mains légèrement au dessus de la tête (signe international pour indiquer avoir besoin de secours). L'émotion m'envahit complètement. Je suis au bord des larmes. Pas du soulagement de voir le dénouement si proche mais de honte d'avoir manifestement échoué quelque part. L'hélico arrive tout près au dessus de notre tête. Moins de 50 mètres. Un homme sort de la cabine. Le souffle des pales devient à présent puissant et nous gèle encore plus. Il descend au bout du treuil, en poussant deux fois du pied les parois qui nous encadrent pour ne pas se les prendre. Il est debout sur la brêche, avec nous. Je lui tend l'anneau du relais pour qu'il se vache. Il retire le treuil. L'hélico se décale aussitôt pour ne pas rester au dessus de nos têtes - le vol stationnaire est toujours plus compliqué et risqué. Le secouriste nous range nos derniers mousquetons qui dépasse puis me prépare en premier avec une longe permettant de me vacher sur lui, d'accrocher mon sac à dos à mes pieds. Il me demande de tenir devant moi le connecteur qui servira au treuil. Celui-ci redescend. Un signe de la main. 2 secondes, mes pieds ne touchent plus le sol et je suis 5 mètres au dessus de la brêche, de Jean, du secouriste. 2 secondes de plus, l'hélicoptère s'est décalé, j'ai 500 mètres sous les pieds. 10 secondes plus tard, le mécanicien treuilliste m'a fait rentrer dans la cabine. Moins de 10 minutes plus tard, tout le monde est à bord.
L'équipe en profite pour faire un tour de repérage du massif. J'ai toujours ce sentiment de culpabilité qui m'oppresse. Le mécanicien me tend son pouce pour me demander si ca va. Je réponds que oui. Ce geste me fait un bien fou, moralement surtout. Je comprends que les gens qui sont autour de nous ne vont pas juger notre action et ont simplement fait leur métier, quel beau métier ! Je commence à sortir de ma torpeur et regarder par les fenêtres. Nous sommes au bord, en plein milieu de la face nord des Grandes Jorasses ! C'est magnifique. Six alpinistes grimpent dans la MacIntyre. On continue le tour. En 3 minutes, on monte au niveau du Mont-Blanc. Quelques alpinistes aussi sur l'arête des bosses. Puis on redescend sur Chamonix.
C'est fini. On est en bonne santé. Et on ne peut que remercier chaudement ces hommes et femmes au métier si particuliers: secouristes en montagne.
Quand aux différents enseignements de cette aventure, ils sont également nombreux et feront l'objet d'un prochain billet.
NB: Pour aller plus loin sur le sujet du secours en montagne, je vous recommande le livre d'Anne Sauvy, captivant sur le sujet
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jeudi 9 septembre 2010
La course en montagne, à Chamonix et ailleurs...
Suite à ce billet, voici un mode d'emploi de la course en montagne à Chamonix et ailleurs.
A Chamonix
Pour les vieux routiers guides chamoniards* :
- Se réveiller une petite heure avant la 1ère remontée mécanique
- Se pointer à celle-ci 2 minutes avant son ouverture
- Repérer une connaissance dans l'avant de la file d'attente et la rejoindre pour taper deux minutes de causette
* si tu fais partie de cette catégorie, n'y voie rien d'autre qu'une amicale raillerie mais aussi et surtout beaucoup d'admiration pour la profession que tu représentes et à laquelle j'aspire aussi.
Pour les autres :
- Compter 1/4 h de plus sans compter le temps de transport si tu n'habites pas Chamonix
- Faire la queue pour obtenir ton ticket
- Faire la queue pour la (2è ou 3è à moins que tu ne soies un vrai insomniaque cas auquel ta course est mal barrée) benne (resp. le train)
Pour tout le monde :
- Si 2 jours et refuge/bivouac : se tirer la bourre pour avoir les meilleurs places et se lever en premier en partir en premier (sauf s'il a neigé 1 m et qu'il faut tout tracer cas auquel opter pour 5-10 minutes après tout le monde genre j'ai mal réglé mes crampons, faut pas que ce soit louche non plus)
- Sinon, se tirer la bourre pour être le premier dans la voie et ne pas se taper les chutes de pierre/glace des autres cordées.
- Courir jusqu'à la benne (train) qui ramène à la vallée si possible en doublant les lents devant soi qui vous ralentissent
Ailleurs
Profiter d'une montagne sauvage et préservée sans remontée mécanique pour aller à votre rythme :)) .
NB: bien sûr Chamonix a aussi ses avantages à commencer par l'extraordinaire richesse et variété de ses itinéraires d'alpinisme ;-)
A Chamonix
Pour les vieux routiers guides chamoniards* :
- Se réveiller une petite heure avant la 1ère remontée mécanique
- Se pointer à celle-ci 2 minutes avant son ouverture
- Repérer une connaissance dans l'avant de la file d'attente et la rejoindre pour taper deux minutes de causette
* si tu fais partie de cette catégorie, n'y voie rien d'autre qu'une amicale raillerie mais aussi et surtout beaucoup d'admiration pour la profession que tu représentes et à laquelle j'aspire aussi.
Pour les autres :
- Compter 1/4 h de plus sans compter le temps de transport si tu n'habites pas Chamonix
- Faire la queue pour obtenir ton ticket
- Faire la queue pour la (2è ou 3è à moins que tu ne soies un vrai insomniaque cas auquel ta course est mal barrée) benne (resp. le train)
Pour tout le monde :
- Si 2 jours et refuge/bivouac : se tirer la bourre pour avoir les meilleurs places et se lever en premier en partir en premier (sauf s'il a neigé 1 m et qu'il faut tout tracer cas auquel opter pour 5-10 minutes après tout le monde genre j'ai mal réglé mes crampons, faut pas que ce soit louche non plus)
- Sinon, se tirer la bourre pour être le premier dans la voie et ne pas se taper les chutes de pierre/glace des autres cordées.
- Courir jusqu'à la benne (train) qui ramène à la vallée si possible en doublant les lents devant soi qui vous ralentissent
Ailleurs
Profiter d'une montagne sauvage et préservée sans remontée mécanique pour aller à votre rythme :)) .
NB: bien sûr Chamonix a aussi ses avantages à commencer par l'extraordinaire richesse et variété de ses itinéraires d'alpinisme ;-)
mercredi 8 septembre 2010
Chaque minute compte
Avant-propos: le refuge du Couvercle est donné pour 3h30 à 4h en montée depuis le terminus du Montenvers et 2h30 à 3h en descente à vitesse de progression normale.
Réveil à 5 heures. Quand on prend la peine d'aller dormir en refuge, c'est pas pour faire la grasse matinée. La veille, j'ai dû partir en retard et je me suis donc arraché pour monter au Couvercle en moins de 2h30. S'agissait de pas en plus râter le dîner !
Comme pour chaque course en montagne, on s'est aussi calé un horaire théorique que l'on se doit de respecter pour être bien dans la course (pour avoir de bonnes conditions de neige, pour être à l'heure à la maison, pour ne pas rater une benne). Dans notre cas, c'était pour ne pas rater le dernier train. On s'est donc fixé le déroulé suivant:
Lever 5h15
Départ du refuge à 6h
Attaque de la voie à 7h
Sortie au Sommet à 12h
Retour au refuge à 14-15h
Retour au train à 16-17h30 (le dernier train est à 18h30 en cette saison).
Maintenant, ce qu'il s'est réellement passé:
lever 5h15
Départ 6h15 (je devais rerégler mes crampons qui avait sauté pas loin de 10 fois la veille)
Attaque de la voie 7h30 (mes crampons ont encore sauté 2 fois)
Sortie à 13h30 au sommet. L'attaque était froide avant le soleil. Le milieu, on a perdu du temps en tirant plein de petites longueurs: quelle idée d'avoir mis un relais au beau milieu de L4 ou L6 aussi. Pas le temps de trop manger, j'avale mes derniers balistos et noix de cajoux. De toute manière, j'avais laissé mon sandwich au refuge avec quelques autres affaires pour m'alléger.
13h45: on a plié une corde, rangé les coinceurs et dégaines inutiles et on commence une descente sympa avec le guide et son client qui avaient fait l'arête S. Le hic: arrivée à 16h15 au pied du rappel final et 16h30 au refuge. Ca va être très chaud pour arriver au train avant le dernier !!! On paie à toute vitesse la patronne, refait nos sacs, dit bonjour à David qui vient d'arriver pour la nuit prochaine et repart en courant à 16h45 en y croyant encore ! Décidément, mon sandwich ne se laissera pas manger !
17h15: on est au pied des échelles
17h45 on a bien progressé sur la mer de glace
18h05: on sort de la mer de glace au pied des échelles
18h25: on arrive à la gare (on a relâché sur la fin) et on aura notre train !!!
18h45: je mange mon déjeuner dans le train
Chaque minute compte, mais, l'air de rien, on a économisé 1h30 supplémentaire minimum de retour à pied sur Chamonix. Merci Jack Bauer, et à la prochaine !
Les photos (sans flou de bouger) sont là
Réveil à 5 heures. Quand on prend la peine d'aller dormir en refuge, c'est pas pour faire la grasse matinée. La veille, j'ai dû partir en retard et je me suis donc arraché pour monter au Couvercle en moins de 2h30. S'agissait de pas en plus râter le dîner !
Comme pour chaque course en montagne, on s'est aussi calé un horaire théorique que l'on se doit de respecter pour être bien dans la course (pour avoir de bonnes conditions de neige, pour être à l'heure à la maison, pour ne pas rater une benne). Dans notre cas, c'était pour ne pas rater le dernier train. On s'est donc fixé le déroulé suivant:
Lever 5h15
Départ du refuge à 6h
Attaque de la voie à 7h
Sortie au Sommet à 12h
Retour au refuge à 14-15h
Retour au train à 16-17h30 (le dernier train est à 18h30 en cette saison).
Maintenant, ce qu'il s'est réellement passé:
lever 5h15
Départ 6h15 (je devais rerégler mes crampons qui avait sauté pas loin de 10 fois la veille)
Attaque de la voie 7h30 (mes crampons ont encore sauté 2 fois)
Sortie à 13h30 au sommet. L'attaque était froide avant le soleil. Le milieu, on a perdu du temps en tirant plein de petites longueurs: quelle idée d'avoir mis un relais au beau milieu de L4 ou L6 aussi. Pas le temps de trop manger, j'avale mes derniers balistos et noix de cajoux. De toute manière, j'avais laissé mon sandwich au refuge avec quelques autres affaires pour m'alléger.
13h45: on a plié une corde, rangé les coinceurs et dégaines inutiles et on commence une descente sympa avec le guide et son client qui avaient fait l'arête S. Le hic: arrivée à 16h15 au pied du rappel final et 16h30 au refuge. Ca va être très chaud pour arriver au train avant le dernier !!! On paie à toute vitesse la patronne, refait nos sacs, dit bonjour à David qui vient d'arriver pour la nuit prochaine et repart en courant à 16h45 en y croyant encore ! Décidément, mon sandwich ne se laissera pas manger !
17h15: on est au pied des échelles
17h45 on a bien progressé sur la mer de glace
18h05: on sort de la mer de glace au pied des échelles
18h25: on arrive à la gare (on a relâché sur la fin) et on aura notre train !!!
18h45: je mange mon déjeuner dans le train
Chaque minute compte, mais, l'air de rien, on a économisé 1h30 supplémentaire minimum de retour à pied sur Chamonix. Merci Jack Bauer, et à la prochaine !
Les photos (sans flou de bouger) sont là
dimanche 29 août 2010
Cultures Bio
Vous vous souvenez peut-être du film d'un film qui m'avait emballé : solutions locales pour un désordre global.
Bon ça a l'air un peu con comme ça, mais Carole et moi mangeons de plus en plus bio depuis ce film et franchement, avons l'impression de manger de mieux en mieux. Récemment, on s'est même mis à faire pousser des salades sur notre balcon. Et bien, objectivement, on a hâte de les goûter. Un truc pourtant pourrait gâcher la culture: les parasites et la tentation d'utiliser un insecticide serait de suite assez forte.
Toutefois, il paraît que des méthodes de traitement bio existent aussi. Et à voir cette page du site du film, on se dit que ce ne sont pas les idées qui manquent. Réapprendre des gestes simples que l'on aurait jamais dû oublier, le renouveau du bonheur dan l'assiette.
On vous racontera quel goût a notre première culture de feuilles de chêne rouge :) .
Bon ça a l'air un peu con comme ça, mais Carole et moi mangeons de plus en plus bio depuis ce film et franchement, avons l'impression de manger de mieux en mieux. Récemment, on s'est même mis à faire pousser des salades sur notre balcon. Et bien, objectivement, on a hâte de les goûter. Un truc pourtant pourrait gâcher la culture: les parasites et la tentation d'utiliser un insecticide serait de suite assez forte.
Toutefois, il paraît que des méthodes de traitement bio existent aussi. Et à voir cette page du site du film, on se dit que ce ne sont pas les idées qui manquent. Réapprendre des gestes simples que l'on aurait jamais dû oublier, le renouveau du bonheur dan l'assiette.
On vous racontera quel goût a notre première culture de feuilles de chêne rouge :) .
samedi 28 août 2010
Sur le fil
Bionnassay, un nom qui a fait rêver bien des alpinistes. Et pour cause. Le sommet domine le bassin de Saint-Gervais et Sallanches, présente une vue imprenable sur "l'envers" du Mont-Blanc et est ô combien photogénique au regard de son arête sommitale.
C'est aussi un sommet qui se mérite. Ici pas de téléphérique salvateur, ni de voie normale tracée comme une autoroute. Il faut d'abord monter au refuge Durier le 1er jour. Si vous avez, comme nous, opté pour l'option écologique jusqu'au bout (sans taxi 4x4 pour monter aux chalets de Miage), cela veut dire parking à la Gruvaz et 2300 m de dénivelée pour monter au refuge. Une bonne grosse bavante.
Le lendemain, mieux vaut avoir repris des forces car le réveil est à 3h. Après 2h de progression sur une arête mixte majoritairement en neige et souvent effilée peu difficile, on se retrouve à 6h au pied d'un bastion rocheux : le crux. Un peu de III+/4a sur 100 m environ avant de prendre pied sur l'ultime pente de neige menant au sommet. Celle-ci se redresse jusqu'à 45° environ, le sommet approche et....
plouf !
jamais vu un sommet pareil: c'est un point sur une arête effilée au rasoir. Si elle était en glace, on hésiterait à se mettre dessus à califourchon de peur de couper son pantalon. Incroyable. Il ne reste que (!) à parcourir cette arête en équilibre, en se tenant de part et d'autre chaque fois que c'est possible pour être mieux assurés, jusqu'au dôme du goûter.
La vie ne tient qu'à un fil.
Une fois redescendue la voie normale du Mont-Blanc jusqu'au glacier de Tête Rousse, on s'aperçoit que la vie du village de Saint-Gervais est aussi suspendu à un fil, plus ténu peut-être encore que celui de l'arête de Bionnassay. Ce fil est un câble tendu devant la langue terminale de ce glacier. Ce dernier, véritable bombe à retardement renferme un volume de 65 000 m3 d'eau liquide, l'équivalent de 20 piscines olympiques. En cas de vidange de la poche, le câble se brisera et actionnera une alarme pour les habitants qui auront alors 5 minutes pour les premiers (au hameau de Bionnassay) et 15 minutes pour les derniers au Fayet pour se mettre à l'abri.
Espérons que certains fils soient faits pour durer.
Plus de renseignement sur Tête Rousse ici.
Les photos de la course sont là.
C'est aussi un sommet qui se mérite. Ici pas de téléphérique salvateur, ni de voie normale tracée comme une autoroute. Il faut d'abord monter au refuge Durier le 1er jour. Si vous avez, comme nous, opté pour l'option écologique jusqu'au bout (sans taxi 4x4 pour monter aux chalets de Miage), cela veut dire parking à la Gruvaz et 2300 m de dénivelée pour monter au refuge. Une bonne grosse bavante.
Le lendemain, mieux vaut avoir repris des forces car le réveil est à 3h. Après 2h de progression sur une arête mixte majoritairement en neige et souvent effilée peu difficile, on se retrouve à 6h au pied d'un bastion rocheux : le crux. Un peu de III+/4a sur 100 m environ avant de prendre pied sur l'ultime pente de neige menant au sommet. Celle-ci se redresse jusqu'à 45° environ, le sommet approche et....
plouf !
jamais vu un sommet pareil: c'est un point sur une arête effilée au rasoir. Si elle était en glace, on hésiterait à se mettre dessus à califourchon de peur de couper son pantalon. Incroyable. Il ne reste que (!) à parcourir cette arête en équilibre, en se tenant de part et d'autre chaque fois que c'est possible pour être mieux assurés, jusqu'au dôme du goûter.
La vie ne tient qu'à un fil.
Une fois redescendue la voie normale du Mont-Blanc jusqu'au glacier de Tête Rousse, on s'aperçoit que la vie du village de Saint-Gervais est aussi suspendu à un fil, plus ténu peut-être encore que celui de l'arête de Bionnassay. Ce fil est un câble tendu devant la langue terminale de ce glacier. Ce dernier, véritable bombe à retardement renferme un volume de 65 000 m3 d'eau liquide, l'équivalent de 20 piscines olympiques. En cas de vidange de la poche, le câble se brisera et actionnera une alarme pour les habitants qui auront alors 5 minutes pour les premiers (au hameau de Bionnassay) et 15 minutes pour les derniers au Fayet pour se mettre à l'abri.
Espérons que certains fils soient faits pour durer.
Plus de renseignement sur Tête Rousse ici.
Les photos de la course sont là.
vendredi 27 août 2010
La peur du vide
Il fait sombre, il y a du vent qui siffle. Je m'accroche à la paroi, ne doit plus être très loin du sommet. On a déjà monté au moins 300 m. Mais je sens moins bien mes muscles. je tétanise un peu, en train de charger mes pieds comme un fou pour qu'ils tiennent sur cette bête dalle toute lisse. Mes bras aussi sont à rude épreuve. En semi-traction, tout ce qu'il ne faut pas faire pour les garder frais. Mais je n'ai pas le choix. Si je les ferme, mes pieds n'adhèrent plus, si je les tends pour les reposer, j'ai le poids du corps avec mon gros sac qui m'attire irrémédiablement vers le vide alors que, comme ça, mon centre de gravité tient sur les pieds.
C'est dur. Il faut que j'arrive à traverser à droite vers ce dièdre. Cela fait un bon quart d'heure que je n'entends plus mon assureur. Il faut dire qu'il doit être bien 40 m plus bas, derrière un bombé. A-t-il aussi froid que moi ? Sûrement plus, lui ses muscles sont globalement au repos. Et le bruit de ce vent qui n'en finit pas. Quelle heure est-il pour qu'il fasse aussi sombre ? Je me sens mal. Où est passé le plaisir de grimper du début de la voie ? Cette ambiance m'opprime. La peur m'envahit. Qu'est-ce qu'on est loin du sol, on ne le voit plus depuis longtemps. Il y avait du brouillard avant que la nuit ne tombe ?
Le dièdre me semble de plus en plus inaccessible. Et il a l'air encore plus dur que ce pas dont je n'arrive pas à me sortir. Où est passé le dernier point que j'ai posé déjà ? Je ne le vois pas. Peut-être dix mètres plus bas. Putain 20 m de plomb. J'ai pas envie, j'ai envie de pleurer. Ca ne va pas le faire. Mes muscles se raidissent. Mes doigts se crispent sur ces gratons que je tiens depuis vingt bonnes minutes. Ils serrent de plus en plus fort jusqu'à... jusqu'à quoi ? Ma main droite serre, s'agrippe, elle tient une prise verticale. Elle est bonne ! Elle tient de plus en plus fort, tandis que le reste de mon corps se déséquilibre de plus en plus, je vais tomber, non. Ma main tient vraiment bien. Une très bonne prise, elle est toute douce et chaude. Bienveillante. Elle est en bois ! La paroi bascule, ce coup-ci je vais vraiment tomber, tout mes muscles se raidissent encore plus. Mais cette prise en bois, elle est travaillée. C'est de la menuiserie. Mais alors ? Je me réveille, je suis dans mon lit. Il me faut encore trente secondes avant que mon cerveau ne se rebranche correctement sur mon oreille interne. Pas de doute, je ne suis pas tombé. Tout va bien. Mais tout de même, c'est fatiguant de dormir.
Note: Inception, un film à voir.
C'est dur. Il faut que j'arrive à traverser à droite vers ce dièdre. Cela fait un bon quart d'heure que je n'entends plus mon assureur. Il faut dire qu'il doit être bien 40 m plus bas, derrière un bombé. A-t-il aussi froid que moi ? Sûrement plus, lui ses muscles sont globalement au repos. Et le bruit de ce vent qui n'en finit pas. Quelle heure est-il pour qu'il fasse aussi sombre ? Je me sens mal. Où est passé le plaisir de grimper du début de la voie ? Cette ambiance m'opprime. La peur m'envahit. Qu'est-ce qu'on est loin du sol, on ne le voit plus depuis longtemps. Il y avait du brouillard avant que la nuit ne tombe ?
Le dièdre me semble de plus en plus inaccessible. Et il a l'air encore plus dur que ce pas dont je n'arrive pas à me sortir. Où est passé le dernier point que j'ai posé déjà ? Je ne le vois pas. Peut-être dix mètres plus bas. Putain 20 m de plomb. J'ai pas envie, j'ai envie de pleurer. Ca ne va pas le faire. Mes muscles se raidissent. Mes doigts se crispent sur ces gratons que je tiens depuis vingt bonnes minutes. Ils serrent de plus en plus fort jusqu'à... jusqu'à quoi ? Ma main droite serre, s'agrippe, elle tient une prise verticale. Elle est bonne ! Elle tient de plus en plus fort, tandis que le reste de mon corps se déséquilibre de plus en plus, je vais tomber, non. Ma main tient vraiment bien. Une très bonne prise, elle est toute douce et chaude. Bienveillante. Elle est en bois ! La paroi bascule, ce coup-ci je vais vraiment tomber, tout mes muscles se raidissent encore plus. Mais cette prise en bois, elle est travaillée. C'est de la menuiserie. Mais alors ? Je me réveille, je suis dans mon lit. Il me faut encore trente secondes avant que mon cerveau ne se rebranche correctement sur mon oreille interne. Pas de doute, je ne suis pas tombé. Tout va bien. Mais tout de même, c'est fatiguant de dormir.
Note: Inception, un film à voir.
jeudi 26 août 2010
Le Joyau et le Lotus
Un nom de bande dessinée, à mi-chemin entre Tintin et les aventures de Blake et Mortimer, terriblement évocateur. La voie ne pouvait être que (très) belle. Pas de gaz dément -elle se déroule majoritairement sur une arête- mais une ambiance extraordinaire face au Moine et au carrefour géant du massif du Mont-Blanc: la jonction Leschaux-Mer de glace. Celle-ci nous déroule ses vagues marquant l'alternance des saisons. Bref un cadre magistral, le secteur est de plus assez délaissé des grimpeurs ce qui fait qu'on y grimpe peinards, c'est-à-dire seuls. Tout au plus peut-on saluer quelques parapentes qui ne dérangent en rien vu qu'on ne peut pas dire qu'ils prennent beaucoup de place aux relais ;-) .
L'escalade se déroule dans un beau granit en général orange et compact présentant de belles sections en dalles et en fissures. On débouche sur une pointe avec un relais sommital mal commode (vieilles plaquettes Cassin dont les yeux sont trop étroits pour passer confortablement les mousquetons). De là, il faut pas moins de 8 rappels pour joindre le pied de la face en suivant la voie "la reprise" qui a l'air sacrément physique (si quelqu'un a le topo, je suis preneur).
Les photos sont par ici.
L'escalade se déroule dans un beau granit en général orange et compact présentant de belles sections en dalles et en fissures. On débouche sur une pointe avec un relais sommital mal commode (vieilles plaquettes Cassin dont les yeux sont trop étroits pour passer confortablement les mousquetons). De là, il faut pas moins de 8 rappels pour joindre le pied de la face en suivant la voie "la reprise" qui a l'air sacrément physique (si quelqu'un a le topo, je suis preneur).
Les photos sont par ici.
mercredi 25 août 2010
K, histoires de crabe
Dans une précédente note (visible ici), j'osais vous parler, assez tard, de ce blog magnifique tenu par Marie-Dominique Arrighi sur l'histoire de son cancer. Et finissais ma note en espérant que ses écrits lui survivraient longtemps.
Non seulement ce souhait de nombreux lecteurs a été respecté et Libé s'est engagé à maintenir le blog en ligne à son adresse originale mais ces écrits sont également repris dans un livre éponyme (K, histoires de crabe) aux éditions Bleu Autour ce que je me devais de signaler.
Non seulement ce souhait de nombreux lecteurs a été respecté et Libé s'est engagé à maintenir le blog en ligne à son adresse originale mais ces écrits sont également repris dans un livre éponyme (K, histoires de crabe) aux éditions Bleu Autour ce que je me devais de signaler.
mardi 24 août 2010
Pouce, ça ne compte pas ? Ah ouais! c'est ce qu'on va voir
Cousin Jean vient grimper avec moi une semaine au pays du Mont-Blanc: cool :)
On attaque donc à fond le dimanche par une bonne journée de repos ! Oui la veille je sortais d'une longue traversée d'arêtes alors ça n'a vraiment pas été possible de faire autrement.
Lundi, c'est parti pour la voie des Français à l'aiguille du Pouce. "Pouce ça ne compte pas, pouce, c'est pour rire ahah ahah ... assez rit !". Ainsi s'exprimait Bobby Lapointe qui a eu bien tord puisque le Pouce compte bien pour ma liste de courses. Et plutôt deux fois qu'une puisqu'on remettait ça le vendredi avec la voie des dalles.
Mais déjà, je me sens bien un petit Pouce-Café un de ces quatre....
En résumé, le Pouce, c'est un sommet des aiguilles rouges qui culmine à 2873 m avec une face sud présentant pas moins de 350 m de paroi avec de nombreuses voies majeurs dans un excellent granit orangé compact et sans fioritures constituant également un bon livre d'histoire à ciel ouvert de l'alpinisme (Les deux voies mentionnées ici ont été ouvertes dans les années 60 en grosses chaussures avec les moyens d'époque).
Si la voie des français est une ligne meveilleuse affichant tout de même TD+, la voie des dalles n'est pas à négliger pour autant avec TD- (notre sortie originale modifie aussi ce paramètre: voir ici): les relais sont en général correct (un bout de cordelette et un marteau en fond de sac peuvent toujours être utiles), mais la progression se fait souvent sur coinceurs/friends, sur pitons d'origine plantés dans de la terre (!), voir dans la tête (parfois il n'y a rien et on ne peut rien mettre mais ça reste rare).
On attaque donc à fond le dimanche par une bonne journée de repos ! Oui la veille je sortais d'une longue traversée d'arêtes alors ça n'a vraiment pas été possible de faire autrement.
Lundi, c'est parti pour la voie des Français à l'aiguille du Pouce. "Pouce ça ne compte pas, pouce, c'est pour rire ahah ahah ... assez rit !". Ainsi s'exprimait Bobby Lapointe qui a eu bien tord puisque le Pouce compte bien pour ma liste de courses. Et plutôt deux fois qu'une puisqu'on remettait ça le vendredi avec la voie des dalles.
Mais déjà, je me sens bien un petit Pouce-Café un de ces quatre....
En résumé, le Pouce, c'est un sommet des aiguilles rouges qui culmine à 2873 m avec une face sud présentant pas moins de 350 m de paroi avec de nombreuses voies majeurs dans un excellent granit orangé compact et sans fioritures constituant également un bon livre d'histoire à ciel ouvert de l'alpinisme (Les deux voies mentionnées ici ont été ouvertes dans les années 60 en grosses chaussures avec les moyens d'époque).
| Le Pouce, vendredi matin |
lundi 23 août 2010
Aucu ! Aucu! Aucune hésitation !
Back to scholl, school, la haute montagne :) .
En ce samedi du mois d'août, on a décidé avec Benoit d'aller à la traversée de l'aiguille de Tré-la-Tête au col des glaciers. La montée en 3h30 aux refuge des conscrits la veille m'avait déjà fait mal mais il s'agissait de ne pas rater le dîner. Alors, forcément, le réveil à 2h30 sonne comme une longue douleur. Vers 3h15, on est partis pour remonter en direction du col infranchissable. Au bout d'une heure, je commence à le ressentir, la journée va être dure !
Arrivés au pied de la face nord de l'aiguille nord de Tré-la-Tête, je traîne un peu la patte histoire de mettre en garde Benoit sur ma méforme. Un peu après, je souffle carrément et commence à lui parler de demi-tour. J'en chie. La pente n'est jamais extrême mais toujours assez raide pour fumer les mollets qui n'en demandaient déjà pas tant. L'arrivée à ce premier sommet est barré par une pente à 45° plus ou moins en glace.
Pas le choix, je ne suis pas venu jusqu'ici pour faire une promenade à la con sur un glacier sans faire de sommet alors que la météo est parfaite et les conditions du terrain proches de l'optimal. Benoit me pousse au cul et me parle de plus en plus sèchement. Au fond, il a raison. Le meilleur moyen d'avancer, c'est d'éviter de s'écouter, tout débrancher, oublier les mollets (d'ailleurs, ça fait longtemps qu'ils n'existent plus). On arrive au sommet. OUF !
En même temps, redescendre par là, ça me semble un peu craignos. Et puis ça va vraiment mieux. T'as raison Benoit, le mieux maintenant, c'est de la finir cette course. Et la suite s'avère en effet très belle, jamais très dure, et quasiment agréable.
Que sont deux ou trois heures de douleur sur dix heures de course ?
Les photos sont par ici.
En ce samedi du mois d'août, on a décidé avec Benoit d'aller à la traversée de l'aiguille de Tré-la-Tête au col des glaciers. La montée en 3h30 aux refuge des conscrits la veille m'avait déjà fait mal mais il s'agissait de ne pas rater le dîner. Alors, forcément, le réveil à 2h30 sonne comme une longue douleur. Vers 3h15, on est partis pour remonter en direction du col infranchissable. Au bout d'une heure, je commence à le ressentir, la journée va être dure !
Arrivés au pied de la face nord de l'aiguille nord de Tré-la-Tête, je traîne un peu la patte histoire de mettre en garde Benoit sur ma méforme. Un peu après, je souffle carrément et commence à lui parler de demi-tour. J'en chie. La pente n'est jamais extrême mais toujours assez raide pour fumer les mollets qui n'en demandaient déjà pas tant. L'arrivée à ce premier sommet est barré par une pente à 45° plus ou moins en glace.
Pas le choix, je ne suis pas venu jusqu'ici pour faire une promenade à la con sur un glacier sans faire de sommet alors que la météo est parfaite et les conditions du terrain proches de l'optimal. Benoit me pousse au cul et me parle de plus en plus sèchement. Au fond, il a raison. Le meilleur moyen d'avancer, c'est d'éviter de s'écouter, tout débrancher, oublier les mollets (d'ailleurs, ça fait longtemps qu'ils n'existent plus). On arrive au sommet. OUF !
En même temps, redescendre par là, ça me semble un peu craignos. Et puis ça va vraiment mieux. T'as raison Benoit, le mieux maintenant, c'est de la finir cette course. Et la suite s'avère en effet très belle, jamais très dure, et quasiment agréable.
Que sont deux ou trois heures de douleur sur dix heures de course ?
Les photos sont par ici.
dimanche 22 août 2010
Le Pouce: topo de "la sortie des jambons"
Eh oui, après moult fouilles dans divers topo, il semble bien que Jean et moi ayons "ouvert" une longueur originale: Ouahoouuu ! Quand on sait que la voie fait 13 longueurs environ, il y a vraiment de quoi crier cocorico d'en avoir faite une ^^ .
Mais, il y a un début à tout et comme qui plus est, elle n'est pas complètement moche - elle est même franchement belle quoique bien plus physique que le reste de la voie - je vous la relate ici. Ca commence comme d'habitude par un "plantez-vous dans la voie en ne sachant pas lire un topo", en l'occurrence, celui de la voie des dalles à l'aiguille du Pouce où, il est vrai, le brouillard était pas mal de la partie dans la seconde moitié de l'ascension.
Voici donc le Topo !
Aiguille du Pouce - voie des dalles, sortie des jambons
Cotation proposée pour la course: TD+
Cette variante se situe sur L10, L11 et L12, entre la voie des dalles et la voie "Pouce-café". Depuis R9 de la voie des dalles, grimper trop à gauche une grande longueur en 4 se terminant légèrement au dessus à droite du R10 de Pouce-café, 50 m, IV, relais sur friends dans un vague dièdre à gauche. De là grimper légèrement sur la droite jusqu'à une vire légèrement ascendante sur la gauche au pied d'un beau mur où l'on fait relais. De là s'engager dans le dièdre raide droit au dessus puis revenir sur la gauche par un système de fissures jusqu'à buter sous un surplomb, V/V+ bien protégeable. Sur la gauche de ce surplomb , le rocher parait brisé et peu engageant. Prendre droit au dessus en suivant les fissures, A1 (doit pouvoir se passer en libre, cotation estimée 6c). Puis se rétablir pour aller faire relais 20 m au dessus, 50 m. Reste alors 70 à 100 m de rocher facile qui rejoignent rapidement l'itinéraire normal de la voie des dalles pour atteindre le sommet du Pouce.
Sur l'illustration ci-dessous, les tracés sont approximatifs pour la voie des dalles dont nous n'avons finalement pas parcouru la fin normale, ainsi que L10, L11 pour la sortie des jambons. En revanche, L12 est bien caractéristique et est donc tracée rigoureusement. C'est d'ailleurs le seul intérêt de cette variante :)
Mais, il y a un début à tout et comme qui plus est, elle n'est pas complètement moche - elle est même franchement belle quoique bien plus physique que le reste de la voie - je vous la relate ici. Ca commence comme d'habitude par un "plantez-vous dans la voie en ne sachant pas lire un topo", en l'occurrence, celui de la voie des dalles à l'aiguille du Pouce où, il est vrai, le brouillard était pas mal de la partie dans la seconde moitié de l'ascension.
Voici donc le Topo !
Aiguille du Pouce - voie des dalles, sortie des jambons
Cotation proposée pour la course: TD+
Cette variante se situe sur L10, L11 et L12, entre la voie des dalles et la voie "Pouce-café". Depuis R9 de la voie des dalles, grimper trop à gauche une grande longueur en 4 se terminant légèrement au dessus à droite du R10 de Pouce-café, 50 m, IV, relais sur friends dans un vague dièdre à gauche. De là grimper légèrement sur la droite jusqu'à une vire légèrement ascendante sur la gauche au pied d'un beau mur où l'on fait relais. De là s'engager dans le dièdre raide droit au dessus puis revenir sur la gauche par un système de fissures jusqu'à buter sous un surplomb, V/V+ bien protégeable. Sur la gauche de ce surplomb , le rocher parait brisé et peu engageant. Prendre droit au dessus en suivant les fissures, A1 (doit pouvoir se passer en libre, cotation estimée 6c). Puis se rétablir pour aller faire relais 20 m au dessus, 50 m. Reste alors 70 à 100 m de rocher facile qui rejoignent rapidement l'itinéraire normal de la voie des dalles pour atteindre le sommet du Pouce.
Sur l'illustration ci-dessous, les tracés sont approximatifs pour la voie des dalles dont nous n'avons finalement pas parcouru la fin normale, ainsi que L10, L11 pour la sortie des jambons. En revanche, L12 est bien caractéristique et est donc tracée rigoureusement. C'est d'ailleurs le seul intérêt de cette variante :)
Another brick in the Wall
Eternelle question du mur, conceptuelle autant que physique. Ou plutôt, les murs physiques mais aussi tout les murs invisibles psychologiques, législatifs, ne relèvent-ils pas d'un même concept ?
Pourquoi construit-on un mur ? Pour se protéger d'une "menace", d'un danger, de quelque chose que l'on souhaite maintenir à l'écart. Quoi de plus naturel que d'aspirer à la sécurité. Pourtant, cette notion est elle même bien plus subjective que l'air du temps voudrait nous le faire croire. En montagne, l'alpiniste peut utiliser un certain mur pour se protéger des chutes de pierre: le casque. Pourtant si ces chutes deviennent plus nombreuses, plus grosses (sans même parler d'effondrement des Drus), lui faut-il prévoir un casque toujours plus gros quitte à ce que ce casque prenne l'allure d'un Blockhaus de la ligne de l'Atlantique ou bien faut-il alors repenser la notion même du mur en se disant que la sécurité ne peut se résoudre ainsi ? La réponse est bien entendu dans la question. L'alpiniste qui se verrait confronté à de telles chutes de pierre n'aurait pas d'autre choix que de s'abstenir de fréquenter le secteur, autrement dit, prévenir le risque en restant chez lui. Il n'aurait donc pas besoin de casque, pas besoin de mur.
L'actualité nous informe quotidiennement de nouveaux murs construits partout à travers le monde qui sont, à la lumière de cet exemple, tout aussi inefficaces. Le mur d'Israël pour s'isoler de la Cisjordanie, le mur législatif contre les roms en France, les murs toujours plus techniques dans les centres commerciaux pour lutter contre le vol (les vigils considèrent les gens comme des voleurs par défaut, portique de sortie caisse avec scanner de ticket de caisse - à quand un scanner intégral d'aéroport pour être sûr que le "client" n'a pas volé un paquet d'apéricubes ?). Tous ces murs qui ne résolvent aucun problème et, le plus souvent, les alimentent. Ainsi, le capitalisme financier a érigé en dogme que tout est 20/80 : 20 % des produits d'un magasin font 80 % du chiffre d'affaire, 20 % de l'humanité produit 80% de la pollution, 20 % de la population possède 80 % des richesses. Le mur alimente le désespoir, à l'instar de la réplique de Balavoine à Mitterrand dans les années 80. ce désespoir augmente la pression sur le mur, que l'on renforce pour ne pas qu'il cède. Tout ceci conduit généralement à la guerre. Il est grand temps de faire baisser la pression, de repenser l'action politique en terme de prévention, de construire un ordre mondial où l'homme soit au centre des préocupations.
Faites le mur, pas la guerre... en fait, cela revient au même.
Pourquoi construit-on un mur ? Pour se protéger d'une "menace", d'un danger, de quelque chose que l'on souhaite maintenir à l'écart. Quoi de plus naturel que d'aspirer à la sécurité. Pourtant, cette notion est elle même bien plus subjective que l'air du temps voudrait nous le faire croire. En montagne, l'alpiniste peut utiliser un certain mur pour se protéger des chutes de pierre: le casque. Pourtant si ces chutes deviennent plus nombreuses, plus grosses (sans même parler d'effondrement des Drus), lui faut-il prévoir un casque toujours plus gros quitte à ce que ce casque prenne l'allure d'un Blockhaus de la ligne de l'Atlantique ou bien faut-il alors repenser la notion même du mur en se disant que la sécurité ne peut se résoudre ainsi ? La réponse est bien entendu dans la question. L'alpiniste qui se verrait confronté à de telles chutes de pierre n'aurait pas d'autre choix que de s'abstenir de fréquenter le secteur, autrement dit, prévenir le risque en restant chez lui. Il n'aurait donc pas besoin de casque, pas besoin de mur.
L'actualité nous informe quotidiennement de nouveaux murs construits partout à travers le monde qui sont, à la lumière de cet exemple, tout aussi inefficaces. Le mur d'Israël pour s'isoler de la Cisjordanie, le mur législatif contre les roms en France, les murs toujours plus techniques dans les centres commerciaux pour lutter contre le vol (les vigils considèrent les gens comme des voleurs par défaut, portique de sortie caisse avec scanner de ticket de caisse - à quand un scanner intégral d'aéroport pour être sûr que le "client" n'a pas volé un paquet d'apéricubes ?). Tous ces murs qui ne résolvent aucun problème et, le plus souvent, les alimentent. Ainsi, le capitalisme financier a érigé en dogme que tout est 20/80 : 20 % des produits d'un magasin font 80 % du chiffre d'affaire, 20 % de l'humanité produit 80% de la pollution, 20 % de la population possède 80 % des richesses. Le mur alimente le désespoir, à l'instar de la réplique de Balavoine à Mitterrand dans les années 80. ce désespoir augmente la pression sur le mur, que l'on renforce pour ne pas qu'il cède. Tout ceci conduit généralement à la guerre. Il est grand temps de faire baisser la pression, de repenser l'action politique en terme de prévention, de construire un ordre mondial où l'homme soit au centre des préocupations.
Faites le mur, pas la guerre... en fait, cela revient au même.
mercredi 9 juin 2010
whou whou, en hommage à Cannelle
"Whou whou, Je vais à la chasse à l'ours". Ainsi démarrait un chant scout quand j'étais gamin. Mais laissez-moi vous raconter une histoire, que vous êtes libre de croire ou pas mais donc on dit qu'elle est effectivement arrivée à la fin du siècle dernier (le 20è donc) :
Un jeune randonneur, hardi mais pas trop, accompagnait une tribu familiale pour une ballade avec bivouac dans les Pyrénées. Il servait de porteur pour la lourde logistique nécessaire pour faire camper des enfants âgés de 5 à 10 ans. Le soir venu, la tente fût montée, le repas pris et tout le monde couché.
Notre randonneur décida de dormir à la belle étoile car il y avait plus de place que dans la tente, il ne faisait pas froid et le ciel était clair. Comme il était hardi, il posa son sac de couchage sur une dalle rocheuse à même le pâturage. Mais comme il ne l'était pas trop, il se plaça non loin des tentes des autres randonneurs.
Le campement était situé à quelques dizaines de mètres d'une bergerie. Ces dernières sont assez nombreuses dans les estives pyrénéennes. Elles comportent une cabane pour le berger, un enclos pour rassembler les bêtes durant la nuit et un point d'eau généralement un tuyau alimenté par une source proche. Ainsi installé, il se mit à contempler la voûte céleste, particulièrement lumineuse ce soir-là. En effet, la lune était pleine ou quasiment, le temps sec, sans brume.
Au loin, l'aboiement d'un chien de berger chatouillait ses oreilles. Il se disait confortablement installé, fatigué de son portage et donc tout prêt à dormir. Pourtant, le sommeil ne venait pas. La faute à cette trop belle lune sans doute. Tout compte fait, dormir dans la tente aurait peut-être été plus efficace malgré la promiscuité. Il était trop tard pour aller réveiller les autres de toute manière. Et le chien qui n'arrête pas d'aboyer tout en bas. A moins... non ce n'est pas le même chien. L'aboiement est plus fort. C'est celui de la bergerie du dessus, c'est-à-dire la bergerie d'avant celle du campement. Intérieurement, le jeune randonneur n'arrivait pas à ralentir le rythme de ses pensées afin de trouver le sommeil. Il se dit: "c'est peut-être un ours qui rôde autour des parcs à moutons". Il avait eu cette pensée en riant intérieurement tant l'ours était dur à observer dans les Pyrénées. Chassé depuis des siècles, il en avait quasiment disparu. Seuls subsistaient quelques individus, moins de cinq. Ils vivaient donc essentiellement la nuit, fuyant les contacts avec les hommes.
Pourtant, cette pensée, qu'il croyait humoristique, n'arrivait pas à quitter notre jeune randonneur. Il faut dire qu'il avait entendu successivement deux chiens de deux bergeries pendant de longs moments à chaque fois: ils défendaient manifestement leur troupeau. Mais à présent, le calme était revenu. Peut-être allait-il enfin pouvoir s'endormir. Combien de temps s'était écoulé d'ailleurs. Deux heures ? Plus ? Longtemps en tout cas. La lune passa derrière une crête et rapidement, l'estive fut plongée dans l'obscurité. Allait-il enfin s'endormir ?
C'était sans compter sur le chien de la bergerie du campement qui montra à son tour des signes d'énervement. Il l'entendit aboyer de plus en plus. Puis courir à travers la prairie décrivant des cercles. Désormais, c'est notre bergerie qui était menacée par la force de l'ombre qui avait sévi plus tôt dans les autres situées en contrebas. Le jeune fut pris d'une petite sueur froide: "et si c'était vraiment un ours ?" Il dormait là, à même le sol, saucissonné dans son sac de couchage, sans même avoir pris soin de dormir en hauteur, sur un bloc rocheux. A la merci y compris d'un bête sanglier. Le chien continuait ses rondes inquiétantes, actives, bruyantes.
Soudain, un grognement sourd, fort, puissant se fît entendre. Dans l'esprit du jeune, il n'y eu plus de doute possible, un ours était tout prêt, sans doute moins de cinq cents mètres. Il entendit un galop de pas lourds, saccadés, avec le chien plus aux aboies que jamais. Il avait maintenant franchement peur et n'osait plus bouger. A peine essaya-t-il de pivoter légèrement la tête pour voir s'il apercevait quelque chose, sans faire de bruit. Mais il faisait trop sombre pour espérer voir quelque chose sans sortir vraiment de son sac de couchage.
Petit à petit, le chien se calma. Le jeune randonneur, lui, n'y arrivait plus. Il en était convaincu. L'ours était passé pas loin cette nuit. Si seulement il avait pu le voir, le doute n'aurait plus été permis. Car au petit matin, le berger prétendit n'avoir rien entendu. Toute cette histoire n'était-elle qu'un rêve ? Non, car il n'avait pas dormi, ça il en était sûr car il s'endormait à présent sur son petit déjeuner avant commencer à marcher. Une nouvelle journée débute, dans les Pyrénées.
En hommage à Cannelle ...
Un jeune randonneur, hardi mais pas trop, accompagnait une tribu familiale pour une ballade avec bivouac dans les Pyrénées. Il servait de porteur pour la lourde logistique nécessaire pour faire camper des enfants âgés de 5 à 10 ans. Le soir venu, la tente fût montée, le repas pris et tout le monde couché.
Notre randonneur décida de dormir à la belle étoile car il y avait plus de place que dans la tente, il ne faisait pas froid et le ciel était clair. Comme il était hardi, il posa son sac de couchage sur une dalle rocheuse à même le pâturage. Mais comme il ne l'était pas trop, il se plaça non loin des tentes des autres randonneurs.
Le campement était situé à quelques dizaines de mètres d'une bergerie. Ces dernières sont assez nombreuses dans les estives pyrénéennes. Elles comportent une cabane pour le berger, un enclos pour rassembler les bêtes durant la nuit et un point d'eau généralement un tuyau alimenté par une source proche. Ainsi installé, il se mit à contempler la voûte céleste, particulièrement lumineuse ce soir-là. En effet, la lune était pleine ou quasiment, le temps sec, sans brume.
Au loin, l'aboiement d'un chien de berger chatouillait ses oreilles. Il se disait confortablement installé, fatigué de son portage et donc tout prêt à dormir. Pourtant, le sommeil ne venait pas. La faute à cette trop belle lune sans doute. Tout compte fait, dormir dans la tente aurait peut-être été plus efficace malgré la promiscuité. Il était trop tard pour aller réveiller les autres de toute manière. Et le chien qui n'arrête pas d'aboyer tout en bas. A moins... non ce n'est pas le même chien. L'aboiement est plus fort. C'est celui de la bergerie du dessus, c'est-à-dire la bergerie d'avant celle du campement. Intérieurement, le jeune randonneur n'arrivait pas à ralentir le rythme de ses pensées afin de trouver le sommeil. Il se dit: "c'est peut-être un ours qui rôde autour des parcs à moutons". Il avait eu cette pensée en riant intérieurement tant l'ours était dur à observer dans les Pyrénées. Chassé depuis des siècles, il en avait quasiment disparu. Seuls subsistaient quelques individus, moins de cinq. Ils vivaient donc essentiellement la nuit, fuyant les contacts avec les hommes.
Pourtant, cette pensée, qu'il croyait humoristique, n'arrivait pas à quitter notre jeune randonneur. Il faut dire qu'il avait entendu successivement deux chiens de deux bergeries pendant de longs moments à chaque fois: ils défendaient manifestement leur troupeau. Mais à présent, le calme était revenu. Peut-être allait-il enfin pouvoir s'endormir. Combien de temps s'était écoulé d'ailleurs. Deux heures ? Plus ? Longtemps en tout cas. La lune passa derrière une crête et rapidement, l'estive fut plongée dans l'obscurité. Allait-il enfin s'endormir ?
C'était sans compter sur le chien de la bergerie du campement qui montra à son tour des signes d'énervement. Il l'entendit aboyer de plus en plus. Puis courir à travers la prairie décrivant des cercles. Désormais, c'est notre bergerie qui était menacée par la force de l'ombre qui avait sévi plus tôt dans les autres situées en contrebas. Le jeune fut pris d'une petite sueur froide: "et si c'était vraiment un ours ?" Il dormait là, à même le sol, saucissonné dans son sac de couchage, sans même avoir pris soin de dormir en hauteur, sur un bloc rocheux. A la merci y compris d'un bête sanglier. Le chien continuait ses rondes inquiétantes, actives, bruyantes.
Soudain, un grognement sourd, fort, puissant se fît entendre. Dans l'esprit du jeune, il n'y eu plus de doute possible, un ours était tout prêt, sans doute moins de cinq cents mètres. Il entendit un galop de pas lourds, saccadés, avec le chien plus aux aboies que jamais. Il avait maintenant franchement peur et n'osait plus bouger. A peine essaya-t-il de pivoter légèrement la tête pour voir s'il apercevait quelque chose, sans faire de bruit. Mais il faisait trop sombre pour espérer voir quelque chose sans sortir vraiment de son sac de couchage.
Petit à petit, le chien se calma. Le jeune randonneur, lui, n'y arrivait plus. Il en était convaincu. L'ours était passé pas loin cette nuit. Si seulement il avait pu le voir, le doute n'aurait plus été permis. Car au petit matin, le berger prétendit n'avoir rien entendu. Toute cette histoire n'était-elle qu'un rêve ? Non, car il n'avait pas dormi, ça il en était sûr car il s'endormait à présent sur son petit déjeuner avant commencer à marcher. Une nouvelle journée débute, dans les Pyrénées.
En hommage à Cannelle ...
mardi 8 juin 2010
La Haute ô Route: le topo !
Alors c'est très simple puisque par définition, une autoroute, c'est tout droit ! La Haute ô Route n'échappe guère à cette règle, enfin presque...
1er jour :
Suivre la queue au guichet du téléphérique d'Argentière. Si vous trouvez une connaissance 50 places devant, c'est le moment d'aller lui taper la causette :-p ; puis la queue au téléphérique. Une fois en haut (compter une heure au moins depuis l'arrêt de la voiture), souvenez-vous que vous ne restez pas sur la piste. Passez donc sous le cordeau et suivez à nouveau la foule : tout droit en bas (en évitant les crevasses quand même) sur le plateau du glacier d'Argentière.
Et là, faut faire super attention ! On contourne par la gauche - oui c'est pas tout à fait tout droit faites gaffe hein - et monter (tout droit) au col du Chardonnet. Autre méthode depuis le glacier d'Argentière : faire une statistique de fréquentation des randonneurs sur le bassin et prendre le plus fréquenté (faut être un peu plus joueur).
Au col, prévoir de quoi faire 30-40 m de rappel pour aller plus vite (30 m à 50° souvent goulotté par les passages). Rester sur la grosse trace qui serre à gauche en coutournant les contreforts du Chardonnet et de la petite Fourche. Puis gravir la fenêtre de Saleinaz. De là, se diriger (tout droit !) vers le refuge de Trient.
2ème jour :
Lever à 5h (comme tout les jours suivants). Bon ca tourne de nouveau un peu mais comme on est pas tout seul, ca descend bien. Attention, nouveau piège, il y a plusieurs variantes d'itinéraires sur la Haute Route depuis Trient. Veiller donc à ne pas suivre quelque randonneur au hasard... au risque de vous retrouver pendant deux jours à squatter des refuges non réservés à l'avance (les gardiens, à juste raison, n'aiment pas ça en général -> cf mon billet la buenaventura) et surtout avec quelques milliers de mètres de dénivelée positive supplémentaire à se coltiner. Bref, c'est vraiment pas une bonne idée le hasard :)
Une fois en bas à Champex en Suisse, il faut faire un transfert motorisé jusqu'à Bourg-Saint-Pierre. Plusieurs solutions, l'idéal est d'avoir vu à l'avance, au minimum avec le gardien du refuge de Trient la veille, quel transport. Soit par Bus, à déconseiller si la journée est annoncée douce à chaude dans le bulletin météo car cela fait partir de Bourg-Saint-Pierre à 12h environ soit tard et en plein cagnard ! Soit par taxi, c'est quasiment le même prix si on mutualise bien avec d'autres randonneurs.
Autre remarque utile: méfiez-vous quand vous appelez pour réserver les refuges avant de partir des réponses du type: "nous on est complet mais il y en a un autre pas loin". Méfiez-vous de ce "pas loin" qui veut plutôt dire en général "pas tout prêt quand même". Donc si vous avez de la place, dormez à Valsorey, sinon, dormez "pas loin" à la cabane du Vélan, fort sympathique au demeurant.
3ème jour: montez tout quoi ?
Bah oui, tout droit. Puis avec une rigueur militaire TOURNEEEZ DROITE ! (90°). Passez le col du plateau du couloir. Puis descendez toujours tout droit ou presque pour rejoindre la cabane de Chanrion (on vous laisse retrouver les quelques virages qui vont bien dans l'itinéraire pour ne pas sauter qui un sérac, qui une barre rocheuse :) ).
4è jour : montez ... (je vous laisse compléter) jusqu'à la Pigne d'Arolla pour admirer la plus belle vue du parcours. Puis tourner à droite pour rejoindre la Cabane des Vignettes.
5è jour : laissez tomber cette règle stupide du tout droit (en espérant que vous l'avez fait bien avant sinon oh oh problème oops). En plus, il y a des autoroutes qui tournent aussi alors vraiment n'importe quoi pfff. Dans un clin d'œil au 1er jour, franchir de nouveau 3 cols pour rejoindre les contreforts du Cervin (impressionnant) puis Zermatt.
Comme la Suisse est un pays bien fait, vous pourrez prendre le train à Zermatt pour Visp. Correspondance pour Martigny. Correspondance pour Vallorcine-Le Châtelard. Correspondance pour Chamonix là où il fallait retourner. CQFD
A bientôt pour un topo encore plus mieux fait !
1er jour :
Suivre la queue au guichet du téléphérique d'Argentière. Si vous trouvez une connaissance 50 places devant, c'est le moment d'aller lui taper la causette :-p ; puis la queue au téléphérique. Une fois en haut (compter une heure au moins depuis l'arrêt de la voiture), souvenez-vous que vous ne restez pas sur la piste. Passez donc sous le cordeau et suivez à nouveau la foule : tout droit en bas (en évitant les crevasses quand même) sur le plateau du glacier d'Argentière.
Et là, faut faire super attention ! On contourne par la gauche - oui c'est pas tout à fait tout droit faites gaffe hein - et monter (tout droit) au col du Chardonnet. Autre méthode depuis le glacier d'Argentière : faire une statistique de fréquentation des randonneurs sur le bassin et prendre le plus fréquenté (faut être un peu plus joueur).
Au col, prévoir de quoi faire 30-40 m de rappel pour aller plus vite (30 m à 50° souvent goulotté par les passages). Rester sur la grosse trace qui serre à gauche en coutournant les contreforts du Chardonnet et de la petite Fourche. Puis gravir la fenêtre de Saleinaz. De là, se diriger (tout droit !) vers le refuge de Trient.
2ème jour :
Lever à 5h (comme tout les jours suivants). Bon ca tourne de nouveau un peu mais comme on est pas tout seul, ca descend bien. Attention, nouveau piège, il y a plusieurs variantes d'itinéraires sur la Haute Route depuis Trient. Veiller donc à ne pas suivre quelque randonneur au hasard... au risque de vous retrouver pendant deux jours à squatter des refuges non réservés à l'avance (les gardiens, à juste raison, n'aiment pas ça en général -> cf mon billet la buenaventura) et surtout avec quelques milliers de mètres de dénivelée positive supplémentaire à se coltiner. Bref, c'est vraiment pas une bonne idée le hasard :)
Une fois en bas à Champex en Suisse, il faut faire un transfert motorisé jusqu'à Bourg-Saint-Pierre. Plusieurs solutions, l'idéal est d'avoir vu à l'avance, au minimum avec le gardien du refuge de Trient la veille, quel transport. Soit par Bus, à déconseiller si la journée est annoncée douce à chaude dans le bulletin météo car cela fait partir de Bourg-Saint-Pierre à 12h environ soit tard et en plein cagnard ! Soit par taxi, c'est quasiment le même prix si on mutualise bien avec d'autres randonneurs.
Autre remarque utile: méfiez-vous quand vous appelez pour réserver les refuges avant de partir des réponses du type: "nous on est complet mais il y en a un autre pas loin". Méfiez-vous de ce "pas loin" qui veut plutôt dire en général "pas tout prêt quand même". Donc si vous avez de la place, dormez à Valsorey, sinon, dormez "pas loin" à la cabane du Vélan, fort sympathique au demeurant.
3ème jour: montez tout quoi ?
Bah oui, tout droit. Puis avec une rigueur militaire TOURNEEEZ DROITE ! (90°). Passez le col du plateau du couloir. Puis descendez toujours tout droit ou presque pour rejoindre la cabane de Chanrion (on vous laisse retrouver les quelques virages qui vont bien dans l'itinéraire pour ne pas sauter qui un sérac, qui une barre rocheuse :) ).
Juste après le virage à droite ...
4è jour : montez ... (je vous laisse compléter) jusqu'à la Pigne d'Arolla pour admirer la plus belle vue du parcours. Puis tourner à droite pour rejoindre la Cabane des Vignettes.
5è jour : laissez tomber cette règle stupide du tout droit (en espérant que vous l'avez fait bien avant sinon oh oh problème oops). En plus, il y a des autoroutes qui tournent aussi alors vraiment n'importe quoi pfff. Dans un clin d'œil au 1er jour, franchir de nouveau 3 cols pour rejoindre les contreforts du Cervin (impressionnant) puis Zermatt.
Comme la Suisse est un pays bien fait, vous pourrez prendre le train à Zermatt pour Visp. Correspondance pour Martigny. Correspondance pour Vallorcine-Le Châtelard. Correspondance pour Chamonix là où il fallait retourner. CQFD
A bientôt pour un topo encore plus mieux fait !
jeudi 3 juin 2010
La Haute ô Route : la buenaventura !
Mais sans Youri. Parce qu'il a beau avoir écrit "Ne me quittes pas", il nous les brise un peu.
Donc voici le récit.
La Haute Route, c'est une entreprise de long terme qui se réfléchit mûrement, se prépare à l'avance. C'est simple, le petit topo que j'ai acheté chez mon libraire doit faire 50 pages dont 20 consacrés à l'itinéraire que nous avons suivi. Autant dire qu'il était tellement précis que l'on pouvait lire "au troisième sapin, tourner à droite puis, continuer tout droit, jusqu'au sommet". A se demander si les GPS ne se sont pas mis aussi à écrire...
Bref, vendredi soir, je vois que la météo est belle pour la semaine. Cousin Jean (rien à voir avec Petit Jean car il est grand, ne boit pas de bière ou si peu) vient pour la semaine, c'est parfait. Samedi matin, j'achète chez mon libraire préféré (qui a toujours plein de topos de montagne) le topo de la haute route, j'appelle les refuges et tout va bien, ou pas. En fait, il en manque deux. Bon pour le 1er (c'est-à-dire celui du 2ème soir), il me dit d'aller chez son voisin d'en face "qui est pas loin". Et pour le second (le 3ème soir, vous suivez ?), il m'indique un bivouac "un peu plus loin"...
OK, tout va bien, c'est parti. Pour le détail de l'itinéraire, je vous renvoie au billet "la Haute ô Route: le topo". Bref le 1er jour, on manque à 200 m d'être dans le brouillard mais tout va bien, on a vu, et donc vaincu !
2ème jour, départ dans une brume épaisse, mais avec un peu d'erreur volontaire (pas pour se planter, c'est une méthode d'orientation les bananes, oui, oui, vous là, les lecteurs :-p). Puis on est en dessous et le soleil est de plus en plus généreux. La remontée au refuge suivant est la pire de la semaine : on a pourtant pas traîné pour éviter de se taper le cagnard mais la neige n'a pas regelé depuis plusieurs jours. Du coup, on monte dans un manteau pourri dans lequel il n'est pas rare d'enfoncer et planter les skis sur la longueur de nos jambes : physique, et grosse interrogation pour la suite. Bref, 2h30 de montée pour à peine 500 m de dénivelée. Le calvaire se termine heureusement pas trop tard: 13h30. On se remet donc au refuge en réalisant l'étape qui nous attend le lendemain. En fin de journée, le ciel s'est franchement couvert et il se met à neiger un poil !? Elle disait quoi déjà la météo avant de partir ? Le doute se renforce...
Le lendemain, 3ème jour, le ciel est couvert et on est dans le brouillard mais comme on commence par descendre, on sort du brouillard. La neige est heureusement moins pire que la veille même si encore un peu pourri. On remonte en face. Le plafond s'élève et se désagrège au fur et à mesure de notre montée. On passe donc le plateau du couloir dans un superbe soleil... qui ne dure pas. Le temps d'aller chausser en haut du glacier du Mont Durand, on a déjà de nouveau un peu de brouillard. On ne traîne pas pour rester orienté. Et on repasse en dessous. On est maintenant sûrs de ne plus faire demi-tour ou d'arrêter avant la fin ! Arrivée au refuge (cf billet le Topo.).
4ème et 5ème jours : enfin du grand beau stable et les journées se déroulent sans encombre.
L'arrivée sur Zermatt est même trop rapide : on aurait bien vu une journée plus chargée, et puis on aurait bien fait un jour ou 2 de plus, c'est qu'on commençait à avoir la caisse. Bref, on retournera faire des raids, sans doute aussi en tentant autre chose : plus d'autonomie (refuges non gardés ou bivouacs ?), plus sauvages ? Peut-être..
Donc voici le récit.
La Haute Route, c'est une entreprise de long terme qui se réfléchit mûrement, se prépare à l'avance. C'est simple, le petit topo que j'ai acheté chez mon libraire doit faire 50 pages dont 20 consacrés à l'itinéraire que nous avons suivi. Autant dire qu'il était tellement précis que l'on pouvait lire "au troisième sapin, tourner à droite puis, continuer tout droit, jusqu'au sommet". A se demander si les GPS ne se sont pas mis aussi à écrire...
Bref, vendredi soir, je vois que la météo est belle pour la semaine. Cousin Jean (rien à voir avec Petit Jean car il est grand, ne boit pas de bière ou si peu) vient pour la semaine, c'est parfait. Samedi matin, j'achète chez mon libraire préféré (qui a toujours plein de topos de montagne) le topo de la haute route, j'appelle les refuges et tout va bien, ou pas. En fait, il en manque deux. Bon pour le 1er (c'est-à-dire celui du 2ème soir), il me dit d'aller chez son voisin d'en face "qui est pas loin". Et pour le second (le 3ème soir, vous suivez ?), il m'indique un bivouac "un peu plus loin"...
OK, tout va bien, c'est parti. Pour le détail de l'itinéraire, je vous renvoie au billet "la Haute ô Route: le topo". Bref le 1er jour, on manque à 200 m d'être dans le brouillard mais tout va bien, on a vu, et donc vaincu !
2ème jour, départ dans une brume épaisse, mais avec un peu d'erreur volontaire (pas pour se planter, c'est une méthode d'orientation les bananes, oui, oui, vous là, les lecteurs :-p). Puis on est en dessous et le soleil est de plus en plus généreux. La remontée au refuge suivant est la pire de la semaine : on a pourtant pas traîné pour éviter de se taper le cagnard mais la neige n'a pas regelé depuis plusieurs jours. Du coup, on monte dans un manteau pourri dans lequel il n'est pas rare d'enfoncer et planter les skis sur la longueur de nos jambes : physique, et grosse interrogation pour la suite. Bref, 2h30 de montée pour à peine 500 m de dénivelée. Le calvaire se termine heureusement pas trop tard: 13h30. On se remet donc au refuge en réalisant l'étape qui nous attend le lendemain. En fin de journée, le ciel s'est franchement couvert et il se met à neiger un poil !? Elle disait quoi déjà la météo avant de partir ? Le doute se renforce...
Le lendemain, 3ème jour, le ciel est couvert et on est dans le brouillard mais comme on commence par descendre, on sort du brouillard. La neige est heureusement moins pire que la veille même si encore un peu pourri. On remonte en face. Le plafond s'élève et se désagrège au fur et à mesure de notre montée. On passe donc le plateau du couloir dans un superbe soleil... qui ne dure pas. Le temps d'aller chausser en haut du glacier du Mont Durand, on a déjà de nouveau un peu de brouillard. On ne traîne pas pour rester orienté. Et on repasse en dessous. On est maintenant sûrs de ne plus faire demi-tour ou d'arrêter avant la fin ! Arrivée au refuge (cf billet le Topo.).
4ème et 5ème jours : enfin du grand beau stable et les journées se déroulent sans encombre.
L'arrivée sur Zermatt est même trop rapide : on aurait bien vu une journée plus chargée, et puis on aurait bien fait un jour ou 2 de plus, c'est qu'on commençait à avoir la caisse. Bref, on retournera faire des raids, sans doute aussi en tentant autre chose : plus d'autonomie (refuges non gardés ou bivouacs ?), plus sauvages ? Peut-être..
mardi 30 mars 2010
Sensibilité pénale
Faisons un vœu. Qui, à part quelque patron du CAC40 ou assimilé, ne souhaite pas la suppression du bouclier fiscal. Prenons son inverse, son négatif le plus exact. L'opposé d'un bouclier est bien une arme. Appliquons-le toujours au domaine du pognon mais plus à la fiscalité puisque dixit notre président, "on ne peut imaginer prélever plus de 50% de ses revenus du travail à quelqu'un". Même si après soustraction, il demeure encore plus de cinq zéro au montant...
Soit. Appliquons donc ce principe au domaine de la justice. Pour un smicard, stationner sur un emplacement réservé aux handicapés coûte aujourd'hui une amende de 135 euros, comme pour Antoine Zaccharias (tout juste relaxé de n'avoir pas du tout abusé de son ex-société Vinci en touchant... pff on ne peut même plus compter). Pour le smicard, cette amende représente environ 10% de son revenu mensuel. Pour un grand patron donc, cela peut représenter 0,1% s'il touche 100 000 euros par mois voire 0,01% s'il touche un million chaque mois. Ce dernier peut donc se garer 365 jours par an n'importe où au mépris de toute règle du "vivre en société" c'est-à-dire vivre ensemble.
Voici ce que je propose à nos dirigeants politiques : imposer des contraventions pécunières non plus sur la base d'un montant fixe mais d'un proratat d'un salaire net imposable. Soyons lucides, cette mesure ne changerait pas du tout au tout le cours de la société à la manière d'un Robin des Bois législatif, mais au moins irait elle dans le sens de plus d'équité, valeur devise de la république française dont on a bien trop peu entendu parler dans le débat sur "l'identité nationale".
Soit. Appliquons donc ce principe au domaine de la justice. Pour un smicard, stationner sur un emplacement réservé aux handicapés coûte aujourd'hui une amende de 135 euros, comme pour Antoine Zaccharias (tout juste relaxé de n'avoir pas du tout abusé de son ex-société Vinci en touchant... pff on ne peut même plus compter). Pour le smicard, cette amende représente environ 10% de son revenu mensuel. Pour un grand patron donc, cela peut représenter 0,1% s'il touche 100 000 euros par mois voire 0,01% s'il touche un million chaque mois. Ce dernier peut donc se garer 365 jours par an n'importe où au mépris de toute règle du "vivre en société" c'est-à-dire vivre ensemble.
Voici ce que je propose à nos dirigeants politiques : imposer des contraventions pécunières non plus sur la base d'un montant fixe mais d'un proratat d'un salaire net imposable. Soyons lucides, cette mesure ne changerait pas du tout au tout le cours de la société à la manière d'un Robin des Bois législatif, mais au moins irait elle dans le sens de plus d'équité, valeur devise de la république française dont on a bien trop peu entendu parler dans le débat sur "l'identité nationale".
lundi 29 mars 2010
L'art du recyclage
A l'heure où le roi le président Sarko 1er préside la cérémonie posthume de la taxe carbone, parlons de nouveau un peu écologie. Après tout, bien que la droite parte de plus en plus à droite, en dépit ou à cause du résultat des élections, ce sujet était encore porteur il n'y a que quelques jours. Et plus précisément, intéressons-nous au sujet du recyclage.
L'écologie a aujourd'hui un poids politique, c'est indéniable même pour Xavier Bertrand ou Frédéric Lebfèvre, tous deux majors de leurs promotions respectives à l'ENSD (Ecole Normale Supérieure de Déni). Ceci dû à la prise de conscience collective croissante de l'importance du sujet. De ce fait, les plus réfractaires -les industriels- sont aussi ceux qui sont le plus poussés à montrer patte blanche auprès de l'opinion, quitte à la teindre ! En effet, ils perçoivent l'écologie comme une menace, un frein à leur sacro-sainte "compétitivité". Leur meilleure arme pour lutter: la communication. La belle langue de bois stalinienne se plait parfaitement dans certains rouages du capitalisme. Qui n'entend ni ne voit de nos jours des entreprises vanter leurs produits "éco-conçus" (à défaut d'être "éco-produits"), leurs plans verts pour changer les ampoules, mais garder les conditionnements plastiques individuels etc. et Jean passe (te fais pas écraser).
Pourtant, s'il y a bien un point sur lesquels les entreprises rechignent à imaginer des "éco-solutions". C'est bien le traitement des déchets induits par les produits qu'elles vendent, autrement dit, le recyclage.
De telle sorte que tout est renvoyé au niveau de normes européennes mais aussi de mise en place de tri sélectif par les collectivités locales, la responsabilité incombant à tout citoyen mais surtout pas aux "géniteurs" de ces produits. Pourtant, certains secteurs sont déjà responsabilisés sur ce point par la législation, ceux qui concernent des produits de consommation encombrants tels des véhicules ou du gros électroménager. Les garagistes sont tenus de s'occuper des vieux véhicules, les enseignes telles Darty ou Boulanger de récupérer votre vieux frigo à la livraison du nouveau.
Mais dès que les produits rapetissent, les lois qui les régissent aussi ! De telle sorte que chacun doit se débrouiller avec ses vieux écrans, ordinateurs, chaînes hifi, disques etc. Si chaque enseigne se voyait contrainte de consacrer une partie de sa surface commerciale au traitement des déchets de ses produits, je suis convaincu que ces entreprises trouveraient vite des solutions non seulement pour mieux recycler, mais aussi seraient plus responsables en amont sur le volume de déchet induit par leur production. En effet, quoi de moins vendeur qu'une grande poubelle dans une surface de vente ?
L'écologie a aujourd'hui un poids politique, c'est indéniable même pour Xavier Bertrand ou Frédéric Lebfèvre, tous deux majors de leurs promotions respectives à l'ENSD (Ecole Normale Supérieure de Déni). Ceci dû à la prise de conscience collective croissante de l'importance du sujet. De ce fait, les plus réfractaires -les industriels- sont aussi ceux qui sont le plus poussés à montrer patte blanche auprès de l'opinion, quitte à la teindre ! En effet, ils perçoivent l'écologie comme une menace, un frein à leur sacro-sainte "compétitivité". Leur meilleure arme pour lutter: la communication. La belle langue de bois stalinienne se plait parfaitement dans certains rouages du capitalisme. Qui n'entend ni ne voit de nos jours des entreprises vanter leurs produits "éco-conçus" (à défaut d'être "éco-produits"), leurs plans verts pour changer les ampoules, mais garder les conditionnements plastiques individuels etc. et Jean passe (te fais pas écraser).
Pourtant, s'il y a bien un point sur lesquels les entreprises rechignent à imaginer des "éco-solutions". C'est bien le traitement des déchets induits par les produits qu'elles vendent, autrement dit, le recyclage.
De telle sorte que tout est renvoyé au niveau de normes européennes mais aussi de mise en place de tri sélectif par les collectivités locales, la responsabilité incombant à tout citoyen mais surtout pas aux "géniteurs" de ces produits. Pourtant, certains secteurs sont déjà responsabilisés sur ce point par la législation, ceux qui concernent des produits de consommation encombrants tels des véhicules ou du gros électroménager. Les garagistes sont tenus de s'occuper des vieux véhicules, les enseignes telles Darty ou Boulanger de récupérer votre vieux frigo à la livraison du nouveau.
Mais dès que les produits rapetissent, les lois qui les régissent aussi ! De telle sorte que chacun doit se débrouiller avec ses vieux écrans, ordinateurs, chaînes hifi, disques etc. Si chaque enseigne se voyait contrainte de consacrer une partie de sa surface commerciale au traitement des déchets de ses produits, je suis convaincu que ces entreprises trouveraient vite des solutions non seulement pour mieux recycler, mais aussi seraient plus responsables en amont sur le volume de déchet induit par leur production. En effet, quoi de moins vendeur qu'une grande poubelle dans une surface de vente ?
vendredi 26 mars 2010
Les photos des sorties des deux dernières semaines
Aujourd'hui, c'est jour de pluie. L'occasion de refaire une petite mise à jour des sorties récentes. Pas de récit particulier, tout s'est bien passé. Je me contente donc d'un récit de photos commentées pour chaque sortie.
Comme d'hab', vous pouvez accéder à la galerie photos de différentes manières :
- via mon profil facebook
- via mon site ouaibe perso
- directement sur Picasa
Comme d'hab', vous pouvez accéder à la galerie photos de différentes manières :
- via mon profil facebook
- via mon site ouaibe perso
- directement sur Picasa
jeudi 25 mars 2010
La dent de la persévérance
Déjà, il avait grimpé trente mètres. Tantôt neige, tantôt glace, la goulotte s'étire de son trait de gel dans la montagne forcément froide, naturellement encaissée, et donc un peu austère. Paul n'y était pour rien. Il avait surmonté quelques pas difficiles mais jamais trop continus et toujours bien protégés, ici par une broche à glace qui avait "bien carotté", là par un bon "friend", le coinceur qui est l'ami des grimpeurs car il se place facilement.
Arrive ce que l'on appelle le crux. Autrement dit, le passage clé. il s'engage dans un raid mur de glace bien vertical et soutenu. Il doit bien faire quinze mètres. Il ancre ses piolets, tape ses crampons bien haut puis pousse sur ses jambes et tracte d'un bras pour, de l'autre aller chercher à ancrer de nouveau le plus haut possible pour gagner rapidement du terrain et éviter au maximum de se mettre dans le rouge en traînant un peu trop. Déjà trois mètres de gagné, la glace ne semble pas épaisse. De fait, il est sur un placage, bien collé à la paroi mais de cinq centimètres de glace... il ne le sait pas encore et sort une broche courte (dix centimètres) dicté par son instinct et la couleur du matériau. Patiemment, il amorce un demi-tour, puis un tour et demi. Enfin, il peut visser la broche et se dépêche de le faire, ses mollets et son bras suspendu au piolet commence à chauffer sérieusement.
Soudain, la broche s'arrête dans un crissement désagréable: elle touche le rocher alors qu'elle n'est pas rentrée de moitié. "Pas de point d'assurance psychologique" disent les vieux grimpeurs. "C'est encore plus dangereux que de grimper sans poser de point". Il n'a pas le choix, il retire donc sa broche en jetant un coup d'œil alentours: le rocher est trop pourri pour un coinceur, reste l'hypothèse de la glace plus épaisse dans une autre zone. Cette hypothèse étant peu crédible, il se remet à grimper. Il est maintenant six mètres au dessus du début du ressaut, et dix mètres au dessus de son dernier point.
Le plaisir de grimper a laissé place à l'anxiété. Pour l'instant, ses muscles sont fatigués et peu contracturés mais ils répondent bien. La faute deviendrait ici éliminatoire. Rester concentré, ne pas penser à la chute, encore moins à ses conséquences.
Il tape son piolet gauche. Pour aller plus vite, il commence dans le même temps à désancrer le droit. Il ne lui reste que trois mètres pour sortir et la fatigue va bientôt relâcher ses muscles sans qu'il ne puisse plus les contrôler. Le piolet gauche fait un bruit métallique! Ce coup-ci, ce n'est plus de l'anxiété mais de l'effroi. Il tient déjà son piolet droit dans la main. L'effroi entraîne la crispation et celle-ci la déconcentration. Il n'a plus vu la pose approximative de ses pieds qui, d'un coup, ripent dans le vide. "Ce coup-ci mon petit père, t'es parti pour t'en taper une bonne" pense-t-il en imaginant déjà l'hélico qui au moins, aura le mérite de le mettre au chaud bien plus vite que la prévision horaire qu'il aurait établi il y a seulement un quart d'heure.
Il est pendu d'une main dans le vide ! Retenu seulement par les deux premières dents de la lame de son piolet gauche. Il fait moins dix degré mais de grosses gouttes de sueur coulent depuis son front et viennent lui piquer les yeux. Il reconnaît cette sueur. C'est celle de la peur, froide, déraisonnable, salée.
Mais toujours pas tombé. Alors il faut bouger, bouger, comme dans la chanson. Il y pense. Ca lui occupe un peu l'esprit et du coup, le décrispe. Il tape comme un sourd son piolet droit. Une assiette se dessine mais il semble tenir. Pas le choix. Il retape les pieds qui sont de nouveau bien posés. "Il faut bouger bouger". Il sort son piolet gauche avec une facilité... il n'était véritablement retenu par rien, si peu. Les Auvergnats ont leur Dent de la Rancune (un petit sommet), ici c'est la dent (du piolet) de la persévérance. Et ré-ancre le piolet gauche, enfin bien. Ressort le piolet droit, l'assiette de glace part avec mais son poids n'était plus dessus, vise une légère dépression dans la glace, et le ré-ancre en un coup. "Celui-ci, il tient" se dit-il.
"On a tout fait on a chanté oyé- on va bouger, bouger". Il continue de grimper ! Ca y est, il est sorti du mur. Surtout pas se déconcentrer maintenant. Le terrain s'annonce en neige pas trop raide mais en cas de chute, ca ferait maintenant trente mètres plus les rebonds. "Brrr, toujours pas de point possible ?" au moment où il se dit cela, il voit enfin une belle fissure franche sur la droite. D'une main, il dégage le friend qui lui semble adapté de sa bandoulière, le place, le teste: il tient ! Il le clippe puis hurle "ON A BOUGÉ BOUGÉ YOOOOOOUUUU !" Son cri expire toute sa tension et son trop plein d'adrénaline.
En dessous, sous assureur qui était hors de vue de la scène comprend que celle-ci vient de tourner du bon côté. Un peu plus haut, un piton en place et une bonne glace lui donne ce qu'il faut pour confectionner un solide relais sur lequel il pourra récupérer le temps de la montée du second de cordée. Au dessus, il leur reste encore à parcourir quatre longueurs, mais sans plus de difficultés majeures.
Arrive ce que l'on appelle le crux. Autrement dit, le passage clé. il s'engage dans un raid mur de glace bien vertical et soutenu. Il doit bien faire quinze mètres. Il ancre ses piolets, tape ses crampons bien haut puis pousse sur ses jambes et tracte d'un bras pour, de l'autre aller chercher à ancrer de nouveau le plus haut possible pour gagner rapidement du terrain et éviter au maximum de se mettre dans le rouge en traînant un peu trop. Déjà trois mètres de gagné, la glace ne semble pas épaisse. De fait, il est sur un placage, bien collé à la paroi mais de cinq centimètres de glace... il ne le sait pas encore et sort une broche courte (dix centimètres) dicté par son instinct et la couleur du matériau. Patiemment, il amorce un demi-tour, puis un tour et demi. Enfin, il peut visser la broche et se dépêche de le faire, ses mollets et son bras suspendu au piolet commence à chauffer sérieusement.
Soudain, la broche s'arrête dans un crissement désagréable: elle touche le rocher alors qu'elle n'est pas rentrée de moitié. "Pas de point d'assurance psychologique" disent les vieux grimpeurs. "C'est encore plus dangereux que de grimper sans poser de point". Il n'a pas le choix, il retire donc sa broche en jetant un coup d'œil alentours: le rocher est trop pourri pour un coinceur, reste l'hypothèse de la glace plus épaisse dans une autre zone. Cette hypothèse étant peu crédible, il se remet à grimper. Il est maintenant six mètres au dessus du début du ressaut, et dix mètres au dessus de son dernier point.
Le plaisir de grimper a laissé place à l'anxiété. Pour l'instant, ses muscles sont fatigués et peu contracturés mais ils répondent bien. La faute deviendrait ici éliminatoire. Rester concentré, ne pas penser à la chute, encore moins à ses conséquences.
Il tape son piolet gauche. Pour aller plus vite, il commence dans le même temps à désancrer le droit. Il ne lui reste que trois mètres pour sortir et la fatigue va bientôt relâcher ses muscles sans qu'il ne puisse plus les contrôler. Le piolet gauche fait un bruit métallique! Ce coup-ci, ce n'est plus de l'anxiété mais de l'effroi. Il tient déjà son piolet droit dans la main. L'effroi entraîne la crispation et celle-ci la déconcentration. Il n'a plus vu la pose approximative de ses pieds qui, d'un coup, ripent dans le vide. "Ce coup-ci mon petit père, t'es parti pour t'en taper une bonne" pense-t-il en imaginant déjà l'hélico qui au moins, aura le mérite de le mettre au chaud bien plus vite que la prévision horaire qu'il aurait établi il y a seulement un quart d'heure.
Il est pendu d'une main dans le vide ! Retenu seulement par les deux premières dents de la lame de son piolet gauche. Il fait moins dix degré mais de grosses gouttes de sueur coulent depuis son front et viennent lui piquer les yeux. Il reconnaît cette sueur. C'est celle de la peur, froide, déraisonnable, salée.
Mais toujours pas tombé. Alors il faut bouger, bouger, comme dans la chanson. Il y pense. Ca lui occupe un peu l'esprit et du coup, le décrispe. Il tape comme un sourd son piolet droit. Une assiette se dessine mais il semble tenir. Pas le choix. Il retape les pieds qui sont de nouveau bien posés. "Il faut bouger bouger". Il sort son piolet gauche avec une facilité... il n'était véritablement retenu par rien, si peu. Les Auvergnats ont leur Dent de la Rancune (un petit sommet), ici c'est la dent (du piolet) de la persévérance. Et ré-ancre le piolet gauche, enfin bien. Ressort le piolet droit, l'assiette de glace part avec mais son poids n'était plus dessus, vise une légère dépression dans la glace, et le ré-ancre en un coup. "Celui-ci, il tient" se dit-il.
"On a tout fait on a chanté oyé- on va bouger, bouger". Il continue de grimper ! Ca y est, il est sorti du mur. Surtout pas se déconcentrer maintenant. Le terrain s'annonce en neige pas trop raide mais en cas de chute, ca ferait maintenant trente mètres plus les rebonds. "Brrr, toujours pas de point possible ?" au moment où il se dit cela, il voit enfin une belle fissure franche sur la droite. D'une main, il dégage le friend qui lui semble adapté de sa bandoulière, le place, le teste: il tient ! Il le clippe puis hurle "ON A BOUGÉ BOUGÉ YOOOOOOUUUU !" Son cri expire toute sa tension et son trop plein d'adrénaline.
En dessous, sous assureur qui était hors de vue de la scène comprend que celle-ci vient de tourner du bon côté. Un peu plus haut, un piton en place et une bonne glace lui donne ce qu'il faut pour confectionner un solide relais sur lequel il pourra récupérer le temps de la montée du second de cordée. Au dessus, il leur reste encore à parcourir quatre longueurs, mais sans plus de difficultés majeures.
Le blog de feu MDA, journaliste à libé décédée le 19 mars
A LIRE : http://crabistouilles.blogs.liberation.fr/
Il est des choses que l'on suit sans oser en parler. Ca fait longtemps que j'aurais souhaité partager ce blog, bien écrit, très riche humainement. Et puis, le cours des choses rend cela difficile, quasiment indécent. Aujourd'hui, c'est de nouveau possible, malheureusement. Voici donc mon témoignage à Marie-Do, cette journaliste-courage de Libé dont on espère que ses écrits resteront encore longtemps en ligne.
Marie-Do, j'ai suivi ton blog de longs mois durant de telle sorte que je t'ai connu un peu, à force de lecture. Et pourtant je n'ai pas su me faire connaître... tu en avais déjà tellement, de lecteurs. Peut-être aussi mon éternelle timidité quasi-maladive, la peur de ne pouvoir donner le change aussi franc, intime et sincère sur ma propre vie.
Reste qu'une immense majorité de gens ont affaire au cancer, directement ou indirectement, dans la famille, des amis, des connaissances. Ton blog restera pour tous une sorte de manuel pour ré-humaniser des traitements le plus souvent lourds et techniques; pour vivre, simplement, jusqu'au bout.
On dit parfois de manière un peu péjorative d'une personne qu'elle a "l'intelligence du cœur". Quand celle-ci se joint à l'intelligence tout cour, je crois que l'on a tout simplement affaire une personne exceptionnelle.
Merci,* Adieu Marie-Do.
* je mets une virgule ou "et" ? une question qu'il t'aurait sans doute plu d'arbitrer, ou pas, je ne te connaissais pas si bien que ça.
Il est des choses que l'on suit sans oser en parler. Ca fait longtemps que j'aurais souhaité partager ce blog, bien écrit, très riche humainement. Et puis, le cours des choses rend cela difficile, quasiment indécent. Aujourd'hui, c'est de nouveau possible, malheureusement. Voici donc mon témoignage à Marie-Do, cette journaliste-courage de Libé dont on espère que ses écrits resteront encore longtemps en ligne.
Marie-Do, j'ai suivi ton blog de longs mois durant de telle sorte que je t'ai connu un peu, à force de lecture. Et pourtant je n'ai pas su me faire connaître... tu en avais déjà tellement, de lecteurs. Peut-être aussi mon éternelle timidité quasi-maladive, la peur de ne pouvoir donner le change aussi franc, intime et sincère sur ma propre vie.
Reste qu'une immense majorité de gens ont affaire au cancer, directement ou indirectement, dans la famille, des amis, des connaissances. Ton blog restera pour tous une sorte de manuel pour ré-humaniser des traitements le plus souvent lourds et techniques; pour vivre, simplement, jusqu'au bout.
On dit parfois de manière un peu péjorative d'une personne qu'elle a "l'intelligence du cœur". Quand celle-ci se joint à l'intelligence tout cour, je crois que l'on a tout simplement affaire une personne exceptionnelle.
Merci,* Adieu Marie-Do.
* je mets une virgule ou "et" ? une question qu'il t'aurait sans doute plu d'arbitrer, ou pas, je ne te connaissais pas si bien que ça.
mercredi 10 mars 2010
Vallée Blanche immaculée sans (idée) préconçue
Le 2 mars dernier, j'emmenais la Fratrie Christian, Stéphane et Myriam à la Vallée Blanche. Alors autant commencer par la conclusion, je n'ai jamais eu de conditions de neige aussi bonnes sur l'itinéraire que cette fois-là ni de lumière parfaite dans un tel concours de circonstances, bref c'était le top du top et je suis bien content d'avoir eu une telle journée avec d'aussi bons amis :)
Mais parlons à présent de tout ce qui a précédé. Le matin, mon père me dit, plein de prévenance "Tu ne devrais pas y aller, regarde comme le temps est bouché" pendant que je songeais dans ma tête en silence "oui mais la météo a prévu que ça allait rapidement se découvrir !". Mais ne sachant que trop bien qu'il pouvait avoir raison (j'ai en mémoire une arête des Cosmiques avec Etienne au printemps dernier où le temps devait aussi se découvrir et où on s'est tapé vent-froid-neige-brouillard toute la journée), je me gardait de lui ouvrir ce débat. Nous allons donc à Chamonix où je conseille aux copains d'attendre un peu pour prendre les billets de voir comment le temps évolue...
Bien nous en prend car Stéphane s'aperçoit que les skis que je lui ai prêtés ont 2 vis manquantes !?! Direction la boutique du coin où le censeur, pardon vendeur, nous dit péremptoir: "la vallée blanche aujourd'hui ? Vous n'allez rien voir. Et zavez un guide"...."c'est moi répondis-je" en m'arrêtant là mais en pensant très fort "kes que ça peut te foutre, t'es flic ?" Après tout, lui n'était pas plus guide que moi et ça a le don de m'agacer, les jugements expéditifs. Remerciements pour la réparation, on prend congé de môsieur-jesaistout.
Retour aux caisses du téléphérique - oui, ça y est, je le sens bien et on s'est décidé à monter - et la dame du guichet nous dit encore "vous êtes sûr, il fait pas beau là haut hein ?". Mais ce coup-ci, je lui sors mon iPhone de geek et lui montre victorieux sa propre webcam dévoilant de beaux rayons de soleil s'élargissant.
Le temps d'arriver là-haut, le temps est vraiment beau. La suite, vous la connaissez à part un petit épisode de raidillon à remonter mais cela, je laisse mes 3 compères la raconter. Journée de rêve donc qui prouve qu'en montagne aussi, la persévérance a parfois du bon, même si son opposé le renoncement est une sécurité bien souvent indispensable.
NB : à la descente du chemin des mottets, on s'est tiré la bourre comme des Anes. Voici les résultats du jury:
- Prix de la plus belle cascade à skis : Christian pour avoir coupé un virage par 6 mètres de pente raide (tout droit ! ) dont 3 mètres de terre en passant de la 3-4è place à la 1ère en un instant.
- Prix de la victoire au bas du tracé : Stéphane (d'une courte spatule).
- Prix de la plus belle gamelle : Myriam pour son arrivée fantastique sur les fesses et sur un ski, l'autre allant s'arrêter tout seul dans l'arrière de la dameuse. "Excusez-moi, vous n'auriez pas vu mon ski dans votre dameuse par hasard ?" sous l'œil désabusé du conducteur qui n'a dit mot ni esquissé le moindre sourire.
Des photos:
- dans ma galerie Picasa
- sur la galerie de Stéphane : son appareil fait la grève des couleurs quand il fait trop froid !
Mais parlons à présent de tout ce qui a précédé. Le matin, mon père me dit, plein de prévenance "Tu ne devrais pas y aller, regarde comme le temps est bouché" pendant que je songeais dans ma tête en silence "oui mais la météo a prévu que ça allait rapidement se découvrir !". Mais ne sachant que trop bien qu'il pouvait avoir raison (j'ai en mémoire une arête des Cosmiques avec Etienne au printemps dernier où le temps devait aussi se découvrir et où on s'est tapé vent-froid-neige-brouillard toute la journée), je me gardait de lui ouvrir ce débat. Nous allons donc à Chamonix où je conseille aux copains d'attendre un peu pour prendre les billets de voir comment le temps évolue...
Bien nous en prend car Stéphane s'aperçoit que les skis que je lui ai prêtés ont 2 vis manquantes !?! Direction la boutique du coin où le censeur, pardon vendeur, nous dit péremptoir: "la vallée blanche aujourd'hui ? Vous n'allez rien voir. Et zavez un guide"...."c'est moi répondis-je" en m'arrêtant là mais en pensant très fort "kes que ça peut te foutre, t'es flic ?" Après tout, lui n'était pas plus guide que moi et ça a le don de m'agacer, les jugements expéditifs. Remerciements pour la réparation, on prend congé de môsieur-jesaistout.
Retour aux caisses du téléphérique - oui, ça y est, je le sens bien et on s'est décidé à monter - et la dame du guichet nous dit encore "vous êtes sûr, il fait pas beau là haut hein ?". Mais ce coup-ci, je lui sors mon iPhone de geek et lui montre victorieux sa propre webcam dévoilant de beaux rayons de soleil s'élargissant.
Le temps d'arriver là-haut, le temps est vraiment beau. La suite, vous la connaissez à part un petit épisode de raidillon à remonter mais cela, je laisse mes 3 compères la raconter. Journée de rêve donc qui prouve qu'en montagne aussi, la persévérance a parfois du bon, même si son opposé le renoncement est une sécurité bien souvent indispensable.
NB : à la descente du chemin des mottets, on s'est tiré la bourre comme des Anes. Voici les résultats du jury:
- Prix de la plus belle cascade à skis : Christian pour avoir coupé un virage par 6 mètres de pente raide (tout droit ! ) dont 3 mètres de terre en passant de la 3-4è place à la 1ère en un instant.
- Prix de la victoire au bas du tracé : Stéphane (d'une courte spatule).
- Prix de la plus belle gamelle : Myriam pour son arrivée fantastique sur les fesses et sur un ski, l'autre allant s'arrêter tout seul dans l'arrière de la dameuse. "Excusez-moi, vous n'auriez pas vu mon ski dans votre dameuse par hasard ?" sous l'œil désabusé du conducteur qui n'a dit mot ni esquissé le moindre sourire.
Des photos:
- dans ma galerie Picasa
- sur la galerie de Stéphane : son appareil fait la grève des couleurs quand il fait trop froid !
Mises à jour
8 mois après le message "reloaded", j'ai fini de changer ce que je voulais changer sur http://rbacot.free.fr/ogenepi .
En résumé, le blog, rédigé à partir de Blogger, s'importe tout seul (quand Free ne déconne pas) dans le site web et dans Facebook. J'ai un hébergeur de rechange pour le cas où Free se montre défaillant. Je peux maintenant envoyés mes photos depuis iPhoto sur le mac dans Picasa en créant directos les albums adhoc. Ces albums sont visibles depuis le site web qui présente maintenant un mini-tuto pour les récupérer chez soi, mais aussi depuis l'onglet Picasa de Facebook. Toutes les informations du site sont à jour, même le CV : ouha-ou !
Du coup, j'ai maintenant de nouvelles idées pour que mes liens et recettes de cuisines soient gérées plus simplement. Le temps de m'y mettre et de savoir ce que je veux, à raison d'une ou 2 heures de temps par mois consacrée au site, disons que ca devrait être prêt... en 2013 ?
C'est beau l'informatique quand ça fonctionne...
NB: n'hésitez pas à me signaler les bugs si vous en voyez (enfin pas trop vite pour que je profite quelques heures de ce sentiment de satiété).
En résumé, le blog, rédigé à partir de Blogger, s'importe tout seul (quand Free ne déconne pas) dans le site web et dans Facebook. J'ai un hébergeur de rechange pour le cas où Free se montre défaillant. Je peux maintenant envoyés mes photos depuis iPhoto sur le mac dans Picasa en créant directos les albums adhoc. Ces albums sont visibles depuis le site web qui présente maintenant un mini-tuto pour les récupérer chez soi, mais aussi depuis l'onglet Picasa de Facebook. Toutes les informations du site sont à jour, même le CV : ouha-ou !
Du coup, j'ai maintenant de nouvelles idées pour que mes liens et recettes de cuisines soient gérées plus simplement. Le temps de m'y mettre et de savoir ce que je veux, à raison d'une ou 2 heures de temps par mois consacrée au site, disons que ca devrait être prêt... en 2013 ?
C'est beau l'informatique quand ça fonctionne...
NB: n'hésitez pas à me signaler les bugs si vous en voyez (enfin pas trop vite pour que je profite quelques heures de ce sentiment de satiété).
vendredi 26 février 2010
Cogne le paradis
2 jours, ca passe vite. Surtout à Cogne, aux portes du Grand Paradis. Quand je dis Grand Paradis, ce n'est pas par opposition un à éventuel "petit paradis" car le paradis c'est le paradis, même si c'est vrai que Cogne est un petit coin de paradis. Non pas du tout. C'est simplement que Cogne est un petit coin de paradis, qui n'est donc pas Le paradis, et une porte d'entrée au Grand Paradis, parc national italien et l'un des sommets dépassant les 4000 mètres des alpes. Vous l'aurez compris, pardi !
Bref, 2 belles lignes au compteur avec Stéphane :
- Stella Artice (l'étoile arctique): le nom est bien évocateur. Une superbe ligne bien continue de quelque 140 m de glace et 220 mètres au total (une longueur en neige tout de même). Un crux de 15 m bien verticaux sur un free standing (une stalactite qui pend et touche le sol) dément et géant avec un point de repos au milieu où on passe la jambe à travers pour se refaire un peu les bras. Le topo est ici .
- Chandelle levure: 180 mètres de glace et pas loin de 400 mètres de long au total (3-4 longueurs en neige) donc un free-standing de sortie logé au fond d'un petit amphithéâtre: magnifique ! Le topo est là .
Reste que Cogne est assurément un spot majeur d'escalade sur glace et que j'y ai sûrement de quoi m'occuper pour les 30 prochaines années :)
Comme d'hab, les photos sont disponibles sur la page "un demi, une glace" de mon site oueb ou dans l'onglet Picasa via mon profil Facebook ;) .
Bref, 2 belles lignes au compteur avec Stéphane :
- Stella Artice (l'étoile arctique): le nom est bien évocateur. Une superbe ligne bien continue de quelque 140 m de glace et 220 mètres au total (une longueur en neige tout de même). Un crux de 15 m bien verticaux sur un free standing (une stalactite qui pend et touche le sol) dément et géant avec un point de repos au milieu où on passe la jambe à travers pour se refaire un peu les bras. Le topo est ici .
- Chandelle levure: 180 mètres de glace et pas loin de 400 mètres de long au total (3-4 longueurs en neige) donc un free-standing de sortie logé au fond d'un petit amphithéâtre: magnifique ! Le topo est là .
Reste que Cogne est assurément un spot majeur d'escalade sur glace et que j'y ai sûrement de quoi m'occuper pour les 30 prochaines années :)
Comme d'hab, les photos sont disponibles sur la page "un demi, une glace" de mon site oueb ou dans l'onglet Picasa via mon profil Facebook ;) .
lundi 8 février 2010
Plan d'entraînement à destination de Myriam
Bonjour Myriam,
voici ton programme d'entraînement qui commence maintenant :) .
Quelques remarques générales :
- L'idéal est d'espacer tes séances de 2-3 jours sauf mention contraire. Pense à boire régulièrement, l'idéal est une petite bouteille à la main si tu cours dans les bois ou dans les gradins si tu es au stade mais dans ce cas, tu ne bois qu'à la fin pour ne pas t'arrêter.
- Régime alimentaire: évite les denrées trop grasses et surtout l'alcool. Sur ce point, le plus important est d'éviter l'excès (un verre de vin par jour est moins préjudiciable qu'une cuite toutes les 3 semaines). Donc voilà, si tu bois un jour, évites de dépasser une bière ou bien un verre de vin dans la journée.
- La veille de séance, un plat de pâtes bien aldente est l'idéal avec un fruit en dessert.
- En début de séance, échauffement léger avec étirements très doux, mouvements articulaires (chevilles, hanches, bras) puis quelques courses de plus en plus sprint de qq secondes à dizaines de secondes (pour mettre en route ton coeur)
- En fin de séance, boire bcp. Pratique plutôt des étirements à froid.
Cette semaine :
- Une séance de 20 min en course douce pour reprendre, la seule chose importante est de ne pas t'arrêter.
- 2eme séance de 20 à 30 min idem sans t'arrêter.
2è et 3è semaines :
Tu gardes 2 séances par semaines et tu cherches à en augmenter progressivement la durée (toujours sans t'arrêter et sans chercher "à courir vite") jusqu'à courir 45 min à 1 heure dans une séance.
A partir de la 4è semaine :
Tu rajoutes une 3ème séance hebdomadaire. Du coup ça te fait:
- 1ère séance, tu ne changes rien : 45 min à 1h de course à rythme de fond.
- 2è séance: fractionné. Tu fais 3 fois 1500 m à fond avec juste après 5 min de course très lente pour le retour au calme mais si possible sans t'arrêter. Autrement, tu fais une pause la plus courte possible entre chaque.
- 3è séance, si possible le lendemain de la 2è: décrassage. Tu cours 30 à 45 min à très bas rythme pour éliminer les toxines.
Voilà, je sais, c'est contraignant mais le plus dur, c'est de commencer. Au bout de 3-4 semaines, tu devrais commencer à y prendre goût et voir que c'est une discipline où on peut aussi avoir d'autres sensations que de la souffrance.
Et pour le ski, ca ne peut que servir aussi (j'ai des champs de poudreuses qui ne sont accessibles que si on monte d'abord :) )
voici ton programme d'entraînement qui commence maintenant :) .
Quelques remarques générales :
- L'idéal est d'espacer tes séances de 2-3 jours sauf mention contraire. Pense à boire régulièrement, l'idéal est une petite bouteille à la main si tu cours dans les bois ou dans les gradins si tu es au stade mais dans ce cas, tu ne bois qu'à la fin pour ne pas t'arrêter.
- Régime alimentaire: évite les denrées trop grasses et surtout l'alcool. Sur ce point, le plus important est d'éviter l'excès (un verre de vin par jour est moins préjudiciable qu'une cuite toutes les 3 semaines). Donc voilà, si tu bois un jour, évites de dépasser une bière ou bien un verre de vin dans la journée.
- La veille de séance, un plat de pâtes bien aldente est l'idéal avec un fruit en dessert.
- En début de séance, échauffement léger avec étirements très doux, mouvements articulaires (chevilles, hanches, bras) puis quelques courses de plus en plus sprint de qq secondes à dizaines de secondes (pour mettre en route ton coeur)
- En fin de séance, boire bcp. Pratique plutôt des étirements à froid.
Cette semaine :
- Une séance de 20 min en course douce pour reprendre, la seule chose importante est de ne pas t'arrêter.
- 2eme séance de 20 à 30 min idem sans t'arrêter.
2è et 3è semaines :
Tu gardes 2 séances par semaines et tu cherches à en augmenter progressivement la durée (toujours sans t'arrêter et sans chercher "à courir vite") jusqu'à courir 45 min à 1 heure dans une séance.
A partir de la 4è semaine :
Tu rajoutes une 3ème séance hebdomadaire. Du coup ça te fait:
- 1ère séance, tu ne changes rien : 45 min à 1h de course à rythme de fond.
- 2è séance: fractionné. Tu fais 3 fois 1500 m à fond avec juste après 5 min de course très lente pour le retour au calme mais si possible sans t'arrêter. Autrement, tu fais une pause la plus courte possible entre chaque.
- 3è séance, si possible le lendemain de la 2è: décrassage. Tu cours 30 à 45 min à très bas rythme pour éliminer les toxines.
Voilà, je sais, c'est contraignant mais le plus dur, c'est de commencer. Au bout de 3-4 semaines, tu devrais commencer à y prendre goût et voir que c'est une discipline où on peut aussi avoir d'autres sensations que de la souffrance.
Et pour le ski, ca ne peut que servir aussi (j'ai des champs de poudreuses qui ne sont accessibles que si on monte d'abord :) )
mardi 26 janvier 2010
Kaiser Sosay
Samedi 16, ayant peu d'infos sur les cascades grimpables, j'ai convaincu Stéphane d'aller skier la combe de Sosay. Orientée NO et débouchant sur le col du rasoir entre le Jallouvre et la pointe blanche (prolongement de la chaîne du Bargy), cette combe offre du bon ski avec 500 m de dénivellée environ de pentes à 35-40°.
Partis au "petit matin", c'est-à-dire que ce n'était plus un grand matin car il était déjà 9h30 au parking, on monte sous un ciel voilé d'altitude (la prochaine perturbation est prévue pour le soir) dans une ambiance douce. Après avoir franchi l'étroiture au bord de la falaise, nous débouchons dans la combe qui apparaît un peu ventée: en haut les crêtes fument et le Jallouvre est coulant de spindrifts incessants. La météo avait annoncé un vent du nord, il semble bien qu'il souffle plutôt SO en réalité. Alors que nous contournons une petite cuvette, nous voyons un snowboarder passer droit dedans ce qui, au moment de rentrer (et donc de franchir la rupture de pente), le fait déclencher une petite coulée de quelques mètres mais pas bien agréable. Un peu plus haut, un skieur semble skier bizarrement depuis le col de Sosay. Quand on arrive à hauteur du lieu où on l'a vu, on comprend pourquoi: la trace franchit une jolie plaque friable déjà passablement effritée.
300 mètres plus haut les randonneurs qui nous précèdent déclenchent une plaque de 20 m de large sur 20 cm d'épaisseur. Ce coup-ci, ils nous avertissent en criant car on est plus ou moins en dessous et comme il y a suffisamment de pente, c'est une vrai petite avalanche qui dévale la combe. Comme c'est de la neige un peu lourde, elle n'est pas trop rapide et je peux indiquer à Stéphane de nous écarter par sécurité d'une vingtaine de mètres supplémentaires. Toutefois, mes voyants commencent à virer au rouge. C'est la troisième trace de plaque/avalanche, les lieux n'ont pas l'air bien stables ce jour. Stéphane n'aime pas bien les demi-tours et préfère continuer. J'hésite, puis me range à son avis sur 3 critères : pas vraiment de goulet en cas d'avalanche donc de concentration de l'épaisseur de neige, pas de danger objectifs (barre rocheuse), peu d'épaisseur de neige en jeu dans les plaques que nous avons vu. Quand nous traversons à notre tour 300 m plus haut la cassure, c'est pas bien beau tout de même et ça produit son petit effet d'autant que les peaux adhèrent à peine.
Nous sortons 20 minutes plus tard au col du rasoir. La première moitié de la descente dans la combe se passe bien. Mais alors que j'attaque la deuxième moitié, je franchi une petite rupture de pente puis m'arrête un peu plus loin et tombe un peu sur les fesses. Le temps que je me redresse, à l'instar de taureau de Francis, je commence à comprendre :
la neige autour de moi est complètement fissurée, lézardée... j'ai presque déclenché une plaque mais il y a des chances que rien de bouge et cela n'a rien d'un noir désir, bon d'accord j'arrête mes jeux de mots à la con et je me reconcentre.
Je me tourne vers Stéphane pour le prévenir. Las, il me suivait de trop près et s'arrête... juste après la rupture de pente. Il s'affesse et la neige aussi : trop tard ! La coulée est partie et lui dessus, assis, les skis dessous, comme s'il était installé dans un pouf de salon mouvant face à la pente. Il a le réflexe d'écarter les bras pour ne pas s'enfoncer, seuls sont visage et son buste se maintiennent hors de la neige. Comme il est dans le sens de la descente, il ne voit pas ce qu'il y a au dessus de lui, il crie, il a vraiment peur.
De mon côté, j'ai eu peur au début quand la plaque s'est mise en mouvement : est-ce que ça va être gros ? Merde, ce coup-ci, l'arva (appareil de recherche des victimes d'avalanches) ne va plus servir à faire mu-muse... Mais je ne cogite pas trop non plus: d'abord, penser à ma sécurité donc m'écarter vite et être sûr d'être à l'abri. Ensuite, un coup d'oeil au dessus me rassure: l'avalanche est toute petite (épaisseur et largeur). Par contre, je dois suivre Stéphane des yeux sans relâche, s'il est enseveli, il faut que je sois capable de voir à partir de quel point le rechercher.
La coulée a duré au total environ 10 secondes. Stéphane a dévalé 100 mètres en restant toujours à la surface. Il s'en tire avec une grosse frayeur - la mienne était moindre car j'avais une vue panoramique de la scène qui m'indiquait que l'avalanche était petite - et rien de cassé.
Par contre, j'ai tiré beaucoup d'éléments positifs dans cette histoire : cela nous a permis de mieux appréhender ce qu'est la situation d'un accident d'avalanche et dans quel état d'esprit on peut être. Cela nous a permis aussi de relancer le débat de la montée "tu ne crois pas qu'on devrait faire demi-tour" et mettre en perspective nos choix et pourquoi ceux-ci n'ont pas été forcément très pertinents. En l'occurrence, le fait qu'on ait vu une petite dizaine de skieurs aller au col avant nous dans la journée nous a incité à continuer (s'ils sont passé, c'est que ça passe). Au contraire, nous avons trop peu tenu compte des conditions réelles du terrain : signes visibles (on a compté à la descente pas moins de 7 ruptures de plaques dans la combe), le vent dont la direction n'était manifestement pas celle annoncée. Enfin, les passages précédents ne sont jamais signe de sécurité. En l'occurrence, je pense même que le vent et les spins-drifts de la face nord du Jallouvre créaient au fil du temps ce jour-là des plaques dans la combe et donc, toute heure supplémentaire était plus dangereuse que la précédente.
Enfin, une mise en perspective à l'échelle du secteur est également intéressante: d'un côté une combe orientée comme la nôtre (nord-ouest donc), de l'autre, une face ouest plus dure techniquement à skis et plus exposée au risque naturel d'avalanches (500 m de pente à 45° en moyenne). Des skieurs étaient présents dans ces deux secteurs et ont fait part de leur retour sur skitour.fr .
Et bien pas si étonnamment que cela (après un peu de réflexion), les skieurs de la face ouest ont trouvé un terrain plutôt stable (ils ont bien sûr fait preuve de prudence aussi à la montée comme à la descente). A l'inverse, les skieurs de l'autre combe de même orientation ont fait demi-tour à 100 m du col, jugeant la situation exposée. A l'abri 200 m en dessous, ils ont vu passé une grosse avalanche (cassure de 30 cm d'épaisseur sur 100 m de large).
Epilogue: Météo France annonçait un risque d'avalanche de 2/5 (risque limité). Toutefois, il faut toujours pondérer ce chiffres par les constatations de terrain. Sur les combes NO de ce secteur ce jour-là, je crois que le risque devait plutôt être passé à 3/5 assez vite dans la matinée.
Partis au "petit matin", c'est-à-dire que ce n'était plus un grand matin car il était déjà 9h30 au parking, on monte sous un ciel voilé d'altitude (la prochaine perturbation est prévue pour le soir) dans une ambiance douce. Après avoir franchi l'étroiture au bord de la falaise, nous débouchons dans la combe qui apparaît un peu ventée: en haut les crêtes fument et le Jallouvre est coulant de spindrifts incessants. La météo avait annoncé un vent du nord, il semble bien qu'il souffle plutôt SO en réalité. Alors que nous contournons une petite cuvette, nous voyons un snowboarder passer droit dedans ce qui, au moment de rentrer (et donc de franchir la rupture de pente), le fait déclencher une petite coulée de quelques mètres mais pas bien agréable. Un peu plus haut, un skieur semble skier bizarrement depuis le col de Sosay. Quand on arrive à hauteur du lieu où on l'a vu, on comprend pourquoi: la trace franchit une jolie plaque friable déjà passablement effritée.
300 mètres plus haut les randonneurs qui nous précèdent déclenchent une plaque de 20 m de large sur 20 cm d'épaisseur. Ce coup-ci, ils nous avertissent en criant car on est plus ou moins en dessous et comme il y a suffisamment de pente, c'est une vrai petite avalanche qui dévale la combe. Comme c'est de la neige un peu lourde, elle n'est pas trop rapide et je peux indiquer à Stéphane de nous écarter par sécurité d'une vingtaine de mètres supplémentaires. Toutefois, mes voyants commencent à virer au rouge. C'est la troisième trace de plaque/avalanche, les lieux n'ont pas l'air bien stables ce jour. Stéphane n'aime pas bien les demi-tours et préfère continuer. J'hésite, puis me range à son avis sur 3 critères : pas vraiment de goulet en cas d'avalanche donc de concentration de l'épaisseur de neige, pas de danger objectifs (barre rocheuse), peu d'épaisseur de neige en jeu dans les plaques que nous avons vu. Quand nous traversons à notre tour 300 m plus haut la cassure, c'est pas bien beau tout de même et ça produit son petit effet d'autant que les peaux adhèrent à peine.
Nous sortons 20 minutes plus tard au col du rasoir. La première moitié de la descente dans la combe se passe bien. Mais alors que j'attaque la deuxième moitié, je franchi une petite rupture de pente puis m'arrête un peu plus loin et tombe un peu sur les fesses. Le temps que je me redresse, à l'instar de taureau de Francis, je commence à comprendre :
la neige autour de moi est complètement fissurée, lézardée... j'ai presque déclenché une plaque mais il y a des chances que rien de bouge et cela n'a rien d'un noir désir, bon d'accord j'arrête mes jeux de mots à la con et je me reconcentre.
Je me tourne vers Stéphane pour le prévenir. Las, il me suivait de trop près et s'arrête... juste après la rupture de pente. Il s'affesse et la neige aussi : trop tard ! La coulée est partie et lui dessus, assis, les skis dessous, comme s'il était installé dans un pouf de salon mouvant face à la pente. Il a le réflexe d'écarter les bras pour ne pas s'enfoncer, seuls sont visage et son buste se maintiennent hors de la neige. Comme il est dans le sens de la descente, il ne voit pas ce qu'il y a au dessus de lui, il crie, il a vraiment peur.
De mon côté, j'ai eu peur au début quand la plaque s'est mise en mouvement : est-ce que ça va être gros ? Merde, ce coup-ci, l'arva (appareil de recherche des victimes d'avalanches) ne va plus servir à faire mu-muse... Mais je ne cogite pas trop non plus: d'abord, penser à ma sécurité donc m'écarter vite et être sûr d'être à l'abri. Ensuite, un coup d'oeil au dessus me rassure: l'avalanche est toute petite (épaisseur et largeur). Par contre, je dois suivre Stéphane des yeux sans relâche, s'il est enseveli, il faut que je sois capable de voir à partir de quel point le rechercher.
La coulée a duré au total environ 10 secondes. Stéphane a dévalé 100 mètres en restant toujours à la surface. Il s'en tire avec une grosse frayeur - la mienne était moindre car j'avais une vue panoramique de la scène qui m'indiquait que l'avalanche était petite - et rien de cassé.
Par contre, j'ai tiré beaucoup d'éléments positifs dans cette histoire : cela nous a permis de mieux appréhender ce qu'est la situation d'un accident d'avalanche et dans quel état d'esprit on peut être. Cela nous a permis aussi de relancer le débat de la montée "tu ne crois pas qu'on devrait faire demi-tour" et mettre en perspective nos choix et pourquoi ceux-ci n'ont pas été forcément très pertinents. En l'occurrence, le fait qu'on ait vu une petite dizaine de skieurs aller au col avant nous dans la journée nous a incité à continuer (s'ils sont passé, c'est que ça passe). Au contraire, nous avons trop peu tenu compte des conditions réelles du terrain : signes visibles (on a compté à la descente pas moins de 7 ruptures de plaques dans la combe), le vent dont la direction n'était manifestement pas celle annoncée. Enfin, les passages précédents ne sont jamais signe de sécurité. En l'occurrence, je pense même que le vent et les spins-drifts de la face nord du Jallouvre créaient au fil du temps ce jour-là des plaques dans la combe et donc, toute heure supplémentaire était plus dangereuse que la précédente.
Enfin, une mise en perspective à l'échelle du secteur est également intéressante: d'un côté une combe orientée comme la nôtre (nord-ouest donc), de l'autre, une face ouest plus dure techniquement à skis et plus exposée au risque naturel d'avalanches (500 m de pente à 45° en moyenne). Des skieurs étaient présents dans ces deux secteurs et ont fait part de leur retour sur skitour.fr .
Et bien pas si étonnamment que cela (après un peu de réflexion), les skieurs de la face ouest ont trouvé un terrain plutôt stable (ils ont bien sûr fait preuve de prudence aussi à la montée comme à la descente). A l'inverse, les skieurs de l'autre combe de même orientation ont fait demi-tour à 100 m du col, jugeant la situation exposée. A l'abri 200 m en dessous, ils ont vu passé une grosse avalanche (cassure de 30 cm d'épaisseur sur 100 m de large).
Epilogue: Météo France annonçait un risque d'avalanche de 2/5 (risque limité). Toutefois, il faut toujours pondérer ce chiffres par les constatations de terrain. Sur les combes NO de ce secteur ce jour-là, je crois que le risque devait plutôt être passé à 3/5 assez vite dans la matinée.
lundi 11 janvier 2010
Ambiance cascade: grave la Gruvaz !
RDV à 8h30. On a oublié le topo donc départ à 9h de La Roche. On se retrouve à 10h30 au Belvédère (on a suivi les indications d’approche du Topo Batoux mais je crois qu’on aurait mieux fait de suivre le topo C2C). On s’équipe, il est 11h. Ambiance : on est dans une gorge encaissée, les portables ne passent pas, il fait pas trop froid (c'est à dire entre -5°C et -10°C), le brouillard nous empêche parfois de voir le versant d'en face des gorges (c'est-à-dire la cascade) et il va pas tarder à neiger.
1er contre-temps : la traversée de la pente pour rejoindre le ruisseau est en glace pas assez recouverte de neige. Du coup c’est casse-gueule. On attaque la cascade à 12H30.
Stéphane prend la 1ère longueur qui démarre sur de la glace assez fine et peu protégeable sur 20 m puis se redresse et devient plus fournie mais aussi plus travaillée. L’escalade est technique et engagée. Puis l’inclinaison diminue de nouveau et Steph’ s’emploi pour trouver une zone de bonne glace apte à recevoir un bon relais pendu sur 2 broches: on est de nouveau dans le vertical. Qq marches de confort heureusement. Lg = 40-45 m
La 2ème longueur commence par une bonne section raide de 10-15 m : ca coule et ça mouille. Puis de nouveau la glace se fait plus fine posée sur des dalles: 15- 20 m sans protection entre le dernier point et le relais sur de la bonne glace 1m au dessus d’une coquille d’oeuf que j’ai cassé: banzaï ! Lg = 45 m
Steph part dans la 3ème longueur à 16h : elle a l’air bonne et facile vue de R2. Erreur plus ca se couche plus la glace est fine et improtégeable. On arrive en bout de corde et on ne s’entend plus : je décide de partir après un moment en corde tendue (on avait convenu d’un signe = tirer 3 coups sur la corde quand c’est bon mais manifestement, il ne viendra pas) car il va faire nuit et je n’ai pas ma frontale. J’espère simplement que les protections sont bonnes et que Steph pourra vite faire le relais. Après avoir grimpé 15m, j’ai 5 m de mou dans les pieds : Steph est en train de faire le relais. Attente stressante dans une zone de glace maigre: tant pis, je grimpe pour atteindre la broche suivante et me vacher au cas où sur la dégaine. Pas de bol, c’est une explose, la broche ne doit pas être terrible en dessous. J’atteinds le relais à toute vitesse pour profiter de ce qu’il reste de lumière du jour: descendre de nuit sans frontale, c’est une chose, grilmper de la glace technique en et une autre ! Je constate les talents de Steph: il a reussi à faire qq chose de sain dans une zone pas évidente: il a fait partir une plaque d’1 m2 qui laisse au jour l’écoulement sur le schiste. Lg = 60 m
Il est 17h30, ill fait nuit. Stéph a déjà une lunule. On en fait 2 autres car 2 sont moyennes (donc 3 au total). La corde est gelée et les noeuds sont très difficiles à défaire. Je fixe mon descendeur en avance sur la corde et repère à la lumière de la frontale de Stéph le matériel que je devrais enlever histoire de faire le moins possible de manipulation dans le noir. En vérité, je vois quand même un peu. 2ème rappel : on voit un noeud sur le bout de corde déjà partiellement rappelée. Je réassure Steph sur 3-4m pour qu’il aille le défaire. Puis la descente se fait sur un impressionnant rideau de stalagtites bien menaçant pour S. qui est sur le relais du dessous. Un dernier rappel et c’est la délivrance. On est aux sacs, il est 20h.
Le temps de revenir à la voiture: retraverser la pente, se déséquiper et faire la marche inverse, il est 21h. J’appelle Carole aussitôt (portable passait pas dans la gorge) qui, rongée par l’inquiétude (à ce niveau de retard, c’était bien compréhensible) avait appelé le PGHM. Happy end donc de 2h d’inquiétude exponentielle pour Carole, mon père et de 10 h d’efforts et émotions intenses pour nous. On est content d'avoir grimpé cette belle cascade (environ 140 m, il restait un petit ressaut de 10-15 m au dessus) dans une ambiance pour le moins hivernale mais je culpabilise bien d'avoir fichu la frousse à Carole. J'espère que la prochaine cascade sera un peu moins source d'imprévus mais ce qui est sûr, c'est que je préviendrai Carole par écrit de notre itinéraire, histoire qu'elle sache où dire d'aller nous chercher au PGHM, just in case.
1er contre-temps : la traversée de la pente pour rejoindre le ruisseau est en glace pas assez recouverte de neige. Du coup c’est casse-gueule. On attaque la cascade à 12H30.
Stéphane prend la 1ère longueur qui démarre sur de la glace assez fine et peu protégeable sur 20 m puis se redresse et devient plus fournie mais aussi plus travaillée. L’escalade est technique et engagée. Puis l’inclinaison diminue de nouveau et Steph’ s’emploi pour trouver une zone de bonne glace apte à recevoir un bon relais pendu sur 2 broches: on est de nouveau dans le vertical. Qq marches de confort heureusement. Lg = 40-45 m
La 2ème longueur commence par une bonne section raide de 10-15 m : ca coule et ça mouille. Puis de nouveau la glace se fait plus fine posée sur des dalles: 15- 20 m sans protection entre le dernier point et le relais sur de la bonne glace 1m au dessus d’une coquille d’oeuf que j’ai cassé: banzaï ! Lg = 45 m
Steph part dans la 3ème longueur à 16h : elle a l’air bonne et facile vue de R2. Erreur plus ca se couche plus la glace est fine et improtégeable. On arrive en bout de corde et on ne s’entend plus : je décide de partir après un moment en corde tendue (on avait convenu d’un signe = tirer 3 coups sur la corde quand c’est bon mais manifestement, il ne viendra pas) car il va faire nuit et je n’ai pas ma frontale. J’espère simplement que les protections sont bonnes et que Steph pourra vite faire le relais. Après avoir grimpé 15m, j’ai 5 m de mou dans les pieds : Steph est en train de faire le relais. Attente stressante dans une zone de glace maigre: tant pis, je grimpe pour atteindre la broche suivante et me vacher au cas où sur la dégaine. Pas de bol, c’est une explose, la broche ne doit pas être terrible en dessous. J’atteinds le relais à toute vitesse pour profiter de ce qu’il reste de lumière du jour: descendre de nuit sans frontale, c’est une chose, grilmper de la glace technique en et une autre ! Je constate les talents de Steph: il a reussi à faire qq chose de sain dans une zone pas évidente: il a fait partir une plaque d’1 m2 qui laisse au jour l’écoulement sur le schiste. Lg = 60 m
Il est 17h30, ill fait nuit. Stéph a déjà une lunule. On en fait 2 autres car 2 sont moyennes (donc 3 au total). La corde est gelée et les noeuds sont très difficiles à défaire. Je fixe mon descendeur en avance sur la corde et repère à la lumière de la frontale de Stéph le matériel que je devrais enlever histoire de faire le moins possible de manipulation dans le noir. En vérité, je vois quand même un peu. 2ème rappel : on voit un noeud sur le bout de corde déjà partiellement rappelée. Je réassure Steph sur 3-4m pour qu’il aille le défaire. Puis la descente se fait sur un impressionnant rideau de stalagtites bien menaçant pour S. qui est sur le relais du dessous. Un dernier rappel et c’est la délivrance. On est aux sacs, il est 20h.
Le temps de revenir à la voiture: retraverser la pente, se déséquiper et faire la marche inverse, il est 21h. J’appelle Carole aussitôt (portable passait pas dans la gorge) qui, rongée par l’inquiétude (à ce niveau de retard, c’était bien compréhensible) avait appelé le PGHM. Happy end donc de 2h d’inquiétude exponentielle pour Carole, mon père et de 10 h d’efforts et émotions intenses pour nous. On est content d'avoir grimpé cette belle cascade (environ 140 m, il restait un petit ressaut de 10-15 m au dessus) dans une ambiance pour le moins hivernale mais je culpabilise bien d'avoir fichu la frousse à Carole. J'espère que la prochaine cascade sera un peu moins source d'imprévus mais ce qui est sûr, c'est que je préviendrai Carole par écrit de notre itinéraire, histoire qu'elle sache où dire d'aller nous chercher au PGHM, just in case.
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