mardi 30 mars 2010

Sensibilité pénale

Faisons un vœu. Qui, à part quelque patron du CAC40 ou assimilé, ne souhaite pas la suppression du bouclier fiscal. Prenons son inverse, son négatif le plus exact. L'opposé d'un bouclier est bien une arme. Appliquons-le toujours au domaine du pognon mais plus à la fiscalité puisque dixit notre président, "on ne peut imaginer prélever plus de 50% de ses revenus du travail à quelqu'un". Même si après soustraction, il demeure encore plus de cinq zéro au montant...

Soit. Appliquons donc ce principe au domaine de la justice. Pour un smicard, stationner sur un emplacement réservé aux handicapés coûte aujourd'hui une amende de 135 euros, comme pour Antoine Zaccharias (tout juste relaxé de n'avoir pas du tout abusé de son ex-société Vinci en touchant... pff on ne peut même plus compter). Pour le smicard, cette amende représente environ 10% de son revenu mensuel. Pour un grand patron donc, cela peut représenter 0,1% s'il touche 100 000 euros par mois voire 0,01% s'il touche un million chaque mois. Ce dernier peut donc se garer 365 jours par an n'importe où au mépris de toute règle du "vivre en société" c'est-à-dire vivre ensemble.

Voici ce que je propose à nos dirigeants politiques : imposer des contraventions pécunières non plus sur la base d'un montant fixe mais d'un proratat d'un salaire net imposable. Soyons lucides, cette mesure ne changerait pas du tout au tout le cours de la société à la manière d'un Robin des Bois législatif, mais au moins irait elle dans le sens de plus d'équité, valeur devise de la république française dont on a bien trop peu entendu parler dans le débat sur "l'identité nationale".

lundi 29 mars 2010

L'art du recyclage

A l'heure où le roi le président Sarko 1er préside la cérémonie posthume de la taxe carbone, parlons de nouveau un peu écologie. Après tout, bien que la droite parte de plus en plus à droite, en dépit ou à cause du résultat des élections, ce sujet était encore porteur il n'y a que quelques jours. Et plus précisément, intéressons-nous au sujet du recyclage.

L'écologie a aujourd'hui un poids politique, c'est indéniable même pour Xavier Bertrand ou Frédéric Lebfèvre, tous deux majors de leurs promotions respectives à l'ENSD (Ecole Normale Supérieure de Déni). Ceci dû à la prise de conscience collective croissante de l'importance du sujet. De ce fait, les plus réfractaires -les industriels- sont aussi ceux qui sont le plus poussés à montrer patte blanche auprès de l'opinion, quitte à la teindre ! En effet, ils perçoivent l'écologie comme une menace, un frein à leur sacro-sainte "compétitivité". Leur meilleure arme pour lutter: la communication. La belle langue de bois stalinienne se plait parfaitement dans certains rouages du capitalisme. Qui n'entend ni ne voit de nos jours des entreprises vanter leurs produits "éco-conçus" (à défaut d'être "éco-produits"), leurs plans verts pour changer les ampoules, mais garder les conditionnements plastiques individuels etc. et Jean passe (te fais pas écraser).

Pourtant, s'il y a bien un point sur lesquels les entreprises rechignent à imaginer des "éco-solutions". C'est bien le traitement des déchets induits par les produits qu'elles vendent, autrement dit, le recyclage.

De telle sorte que tout est renvoyé au niveau de normes européennes mais aussi de mise en place de tri sélectif par les collectivités locales, la responsabilité incombant à tout citoyen mais surtout pas aux "géniteurs" de ces produits. Pourtant, certains secteurs sont déjà responsabilisés sur ce point par la législation, ceux qui concernent des produits de consommation encombrants tels des véhicules ou du gros électroménager. Les garagistes sont tenus de s'occuper des vieux véhicules, les enseignes telles Darty ou Boulanger de récupérer votre vieux frigo à la livraison du nouveau.
Mais dès que les produits rapetissent, les lois qui les régissent aussi ! De telle sorte que chacun doit se débrouiller avec ses vieux écrans, ordinateurs, chaînes hifi, disques etc. Si chaque enseigne se voyait contrainte de consacrer une partie de sa surface commerciale au traitement des déchets de ses produits, je suis convaincu que ces entreprises trouveraient vite des solutions non seulement pour mieux recycler, mais aussi seraient plus responsables en amont sur le volume de déchet induit par leur production. En effet, quoi de moins vendeur qu'une grande poubelle dans une surface de vente ?

vendredi 26 mars 2010

Les photos des sorties des deux dernières semaines

Aujourd'hui, c'est jour de pluie. L'occasion de refaire une petite mise à jour des sorties récentes. Pas de récit particulier, tout s'est bien passé. Je me contente donc d'un récit de photos commentées pour chaque sortie.

Comme d'hab', vous pouvez accéder à la galerie photos de différentes manières :
- via mon profil facebook
- via mon site ouaibe perso
- directement sur Picasa

jeudi 25 mars 2010

La dent de la persévérance

Déjà, il avait grimpé trente mètres. Tantôt neige, tantôt glace, la goulotte s'étire de son trait de gel dans la montagne forcément froide, naturellement encaissée, et donc un peu austère. Paul n'y était pour rien. Il avait surmonté quelques pas difficiles mais jamais trop continus et toujours bien protégés, ici par une broche à glace qui avait "bien carotté", là par un bon "friend", le coinceur qui est l'ami des grimpeurs car il se place facilement.

Arrive ce que l'on appelle le crux. Autrement dit, le passage clé. il s'engage dans un raid mur de glace bien vertical et soutenu. Il doit bien faire quinze mètres. Il ancre ses piolets, tape ses crampons bien haut puis pousse sur ses jambes et tracte d'un bras pour, de l'autre aller chercher à ancrer de nouveau le plus haut possible pour gagner rapidement du terrain et éviter au maximum de se mettre dans le rouge en traînant un peu trop. Déjà trois mètres de gagné, la glace ne semble pas épaisse. De fait, il est sur un placage, bien collé à la paroi mais de cinq centimètres de glace... il ne le sait pas encore et sort une broche courte (dix centimètres) dicté par son instinct et la couleur du matériau. Patiemment, il amorce un demi-tour, puis un tour et demi. Enfin, il peut visser la broche et se dépêche de le faire, ses mollets et son bras suspendu au piolet commence à chauffer sérieusement.
Soudain, la broche s'arrête dans un crissement désagréable: elle touche le rocher alors qu'elle n'est pas rentrée de moitié. "Pas de point d'assurance psychologique" disent les vieux grimpeurs. "C'est encore plus dangereux que de grimper sans poser de point". Il n'a pas le choix, il retire donc sa broche en jetant un coup d'œil alentours: le rocher est trop pourri pour un coinceur, reste l'hypothèse de la glace plus épaisse dans une autre zone. Cette hypothèse étant peu crédible, il se remet à grimper. Il est maintenant six mètres au dessus du début du ressaut, et dix mètres au dessus de son dernier point.
Le plaisir de grimper a laissé place à l'anxiété. Pour l'instant, ses muscles sont fatigués et peu contracturés mais ils répondent bien. La faute deviendrait ici éliminatoire. Rester concentré, ne pas penser à la chute, encore moins à ses conséquences.
Il tape son piolet gauche. Pour aller plus vite, il commence dans le même temps à désancrer le droit. Il ne lui reste que trois mètres pour sortir et la fatigue va bientôt relâcher ses muscles sans qu'il ne puisse plus les contrôler. Le piolet gauche fait un bruit métallique! Ce coup-ci, ce n'est plus de l'anxiété mais de l'effroi. Il tient déjà son piolet droit dans la main. L'effroi entraîne la crispation et celle-ci la déconcentration. Il n'a plus vu la pose approximative de ses pieds qui, d'un coup, ripent dans le vide. "Ce coup-ci mon petit père, t'es parti pour t'en taper une bonne" pense-t-il en imaginant déjà l'hélico qui au moins, aura le mérite de le mettre au chaud bien plus vite que la prévision horaire qu'il aurait établi il y a seulement un quart d'heure.
Il est pendu d'une main dans le vide ! Retenu seulement par les deux premières dents de la lame de son piolet gauche. Il fait moins dix degré mais de grosses gouttes de sueur coulent depuis son front et viennent lui piquer les yeux. Il reconnaît cette sueur. C'est celle de la peur, froide, déraisonnable, salée.
Mais toujours pas tombé. Alors il faut bouger, bouger, comme dans la chanson. Il y pense. Ca lui occupe un peu l'esprit et du coup, le décrispe. Il tape comme un sourd son piolet droit. Une assiette se dessine mais il semble tenir. Pas le choix. Il retape les pieds qui sont de nouveau bien posés. "Il faut bouger bouger". Il sort son piolet gauche avec une facilité... il n'était véritablement retenu par rien, si peu. Les Auvergnats ont leur Dent de la Rancune (un petit sommet), ici c'est la dent (du piolet) de la persévérance. Et ré-ancre le piolet gauche, enfin bien. Ressort le piolet droit, l'assiette de glace part avec mais son poids n'était plus dessus, vise une légère dépression dans la glace, et le ré-ancre en un coup. "Celui-ci, il tient" se dit-il.
"On a tout fait on a chanté oyé- on va bouger, bouger". Il continue de grimper ! Ca y est, il est sorti du mur. Surtout pas se déconcentrer maintenant. Le terrain s'annonce en neige pas trop raide mais en cas de chute, ca ferait maintenant trente mètres plus les rebonds. "Brrr, toujours pas de point possible ?" au moment où il se dit cela, il voit enfin une belle fissure franche sur la droite. D'une main, il dégage le friend qui lui semble adapté de sa bandoulière, le place, le teste: il tient ! Il le clippe puis hurle "ON A BOUGÉ BOUGÉ YOOOOOOUUUU !" Son cri expire toute sa tension et son trop plein d'adrénaline.

En dessous, sous assureur qui était hors de vue de la scène comprend que celle-ci vient de tourner du bon côté. Un peu plus haut, un piton en place et une bonne glace lui donne ce qu'il faut pour confectionner un solide relais sur lequel il pourra récupérer le temps de la montée du second de cordée. Au dessus, il leur reste encore à parcourir quatre longueurs, mais sans plus de difficultés majeures.

Le blog de feu MDA, journaliste à libé décédée le 19 mars

A LIRE : http://crabistouilles.blogs.liberation.fr/

Il est des choses que l'on suit sans oser en parler. Ca fait longtemps que j'aurais souhaité partager ce blog, bien écrit, très riche humainement. Et puis, le cours des choses rend cela difficile, quasiment indécent. Aujourd'hui, c'est de nouveau possible, malheureusement. Voici donc mon témoignage à Marie-Do, cette journaliste-courage de Libé dont on espère que ses écrits resteront encore longtemps en ligne.


Marie-Do, j'ai suivi ton blog de longs mois durant de telle sorte que je t'ai connu un peu, à force de lecture. Et pourtant je n'ai pas su me faire connaître... tu en avais déjà tellement, de lecteurs. Peut-être aussi mon éternelle timidité quasi-maladive, la peur de ne pouvoir donner le change aussi franc, intime et sincère sur ma propre vie.

Reste qu'une immense majorité de gens ont affaire au cancer, directement ou indirectement, dans la famille, des amis, des connaissances. Ton blog restera pour tous une sorte de manuel pour ré-humaniser des traitements le plus souvent lourds et techniques; pour vivre, simplement, jusqu'au bout.

On dit parfois de manière un peu péjorative d'une personne qu'elle a "l'intelligence du cœur". Quand celle-ci se joint à l'intelligence tout cour, je crois que l'on a tout simplement affaire une personne exceptionnelle.
Merci,* Adieu Marie-Do.

* je mets une virgule ou "et" ? une question qu'il t'aurait sans doute plu d'arbitrer, ou pas, je ne te connaissais pas si bien que ça.

mercredi 10 mars 2010

Vallée Blanche immaculée sans (idée) préconçue

Le 2 mars dernier, j'emmenais la Fratrie Christian, Stéphane et Myriam à la Vallée Blanche. Alors autant commencer par la conclusion, je n'ai jamais eu de conditions de neige aussi bonnes sur l'itinéraire que cette fois-là ni de lumière parfaite dans un tel concours de circonstances, bref c'était le top du top et je suis bien content d'avoir eu une telle journée avec d'aussi bons amis :)

Mais parlons à présent de tout ce qui a précédé. Le matin, mon père me dit, plein de prévenance "Tu ne devrais pas y aller, regarde comme le temps est bouché" pendant que je songeais dans ma tête en silence "oui mais la météo a prévu que ça allait rapidement se découvrir !". Mais ne sachant que trop bien qu'il pouvait avoir raison (j'ai en mémoire une arête des Cosmiques avec Etienne au printemps dernier où le temps devait aussi se découvrir et où on s'est tapé vent-froid-neige-brouillard toute la journée), je me gardait de lui ouvrir ce débat. Nous allons donc à Chamonix où je conseille aux copains d'attendre un peu pour prendre les billets de voir comment le temps évolue...

Bien nous en prend car Stéphane s'aperçoit que les skis que je lui ai prêtés ont 2 vis manquantes !?! Direction la boutique du coin où le censeur, pardon vendeur, nous dit péremptoir: "la vallée blanche aujourd'hui ? Vous n'allez rien voir. Et zavez un guide"...."c'est moi répondis-je" en m'arrêtant là mais en pensant très fort "kes que ça peut te foutre, t'es flic ?" Après tout, lui n'était pas plus guide que moi et ça a le don de m'agacer, les jugements expéditifs. Remerciements pour la réparation, on prend congé de môsieur-jesaistout.


Retour aux caisses du téléphérique - oui, ça y est, je le sens bien et on s'est décidé à monter - et la dame du guichet nous dit encore "vous êtes sûr, il fait pas beau là haut hein ?". Mais ce coup-ci, je lui sors mon iPhone de geek et lui montre victorieux sa propre webcam dévoilant de beaux rayons de soleil s'élargissant.

Le temps d'arriver là-haut, le temps est vraiment beau. La suite, vous la connaissez à part un petit épisode de raidillon à remonter mais cela, je laisse mes 3 compères la raconter. Journée de rêve donc qui prouve qu'en montagne aussi, la persévérance a parfois du bon, même si son opposé le renoncement est une sécurité bien souvent indispensable.

NB : à la descente du chemin des mottets, on s'est tiré la bourre comme des Anes. Voici les résultats du jury:
- Prix de la plus belle cascade à skis : Christian pour avoir coupé un virage par 6 mètres de pente raide (tout droit ! ) dont 3 mètres de terre en passant de la 3-4è place à la 1ère en un instant.
- Prix de la victoire au bas du tracé : Stéphane (d'une courte spatule).
- Prix de la plus belle gamelle : Myriam pour son arrivée fantastique sur les fesses et sur un ski, l'autre allant s'arrêter tout seul dans l'arrière de la dameuse. "Excusez-moi, vous n'auriez pas vu mon ski dans votre dameuse par hasard ?" sous l'œil désabusé du conducteur qui n'a dit mot ni esquissé le moindre sourire.

Des photos:
- dans ma galerie Picasa
- sur la galerie de Stéphane : son appareil fait la grève des couleurs quand il fait trop froid !

Mises à jour

8 mois après le message "reloaded", j'ai fini de changer ce que je voulais changer sur http://rbacot.free.fr/ogenepi .
En résumé, le blog, rédigé à partir de Blogger, s'importe tout seul (quand Free ne déconne pas) dans le site web et dans Facebook. J'ai un hébergeur de rechange pour le cas où Free se montre défaillant. Je peux maintenant envoyés mes photos depuis iPhoto sur le mac dans Picasa en créant directos les albums adhoc. Ces albums sont visibles depuis le site web qui présente maintenant un mini-tuto pour les récupérer chez soi, mais aussi depuis l'onglet Picasa de Facebook. Toutes les informations du site sont à jour, même le CV : ouha-ou !

Du coup, j'ai maintenant de nouvelles idées pour que mes liens et recettes de cuisines soient gérées plus simplement. Le temps de m'y mettre et de savoir ce que je veux, à raison d'une ou 2 heures de temps par mois consacrée au site, disons que ca devrait être prêt... en 2013 ?


C'est beau l'informatique quand ça fonctionne...


NB: n'hésitez pas à me signaler les bugs si vous en voyez (enfin pas trop vite pour que je profite quelques heures de ce sentiment de satiété).